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Qui sont les auteurs de violences sexuelles ? Pourquoi passent-ils à l'acte ? Quel est le regard des victimes sur leurs agresseurs ? Les étudiants du CUEJ ont enquêté sur cette dimension cachée des viols et agressions sexuelles. Ils ont rencontré les policiers de la brigade des mœurs et des mineurs, avocats et magistrats, médecins, associations, chercheurs, victimes. Certains auteurs ont aussi accepté de témoigner.
Le paysage religieux strasbourgeois en 2016 est tout sauf figé. Des nouveaux lieux de culte sont érigés, des communautés s'ouvrent à la ville, tandis que d'autres se dotent d'une certaine imperméabilité. Les liens inter-religieux se tissent et mêlent sociabilité, éducation et culture. D'un quartier à l'autre, les enjeux comme les acteurs varient. Avec le Concordat en toile de fond, le panorama religieux à Strasbourg connaît aujourd'hui une large recomposition.
De Montagne Verte à la Robertsau, de Hautepierre au Neuhof, en passant par la Petite France et Poincaré, chacun des quartiers de la capitale alsacienne se définit en partie par ses religions. Le Concordat qui structure la vie religieuse de la région est exhorté à évoluer, notamment pour prendre en compte l'islam. La religion coranique est au cœur de ces mutations religieuses, tant par son poids, avec un nombre grandissant de croyants et d'infrastructures, que par les enjeux sociaux et politiques qui gravitent autour d'elle.
Trois cartes, comme autant de fils rouges, représentent ce tissu complexe, à travers les pratiques religieuses et ceux qui les font vivre, dans la dimension éducative et sociale que la religion revêt et enfin, par son investissement dans les loisirs et la culture des fidèles.
Les religions, c'est d'abord une affaire de pratiques. La prière et la réunion des fidèles constituent la base du rythme des vies des croyants. Ces pratiques se matérialisent autour de lieux : synagogues, pagodes, églises ou mosquées. Ces espaces, qu'ils soient pluricentenaires ou encore en construction, en pierre de taille ou préfabriqués, sont les infrastructures qui permettent le culte. Ils sont également l'affirmation publique de la religion dans la ville. Et à l'intérieur, on s'y active. Faire vivre une religion est un travail à temps plein, auquel s'emploient de nombreuses personnes. Dans l'immense majorité, ce sont des hommes qui occupent les hautes fonctions. Imams, prêtres, rabbins et autres diacres possèdent une parole qui pèse, aussi bien dans leurs communautés respectives que devant l’État.
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Au-delà du culte périodique, la religion joue aussi sur le tableau de l'éducation. Présente chez les croyants de la naissance à l'enterrement, elle ne fait certainement pas une croix sur l'instruction des enfants. Le Concordat lui assure une présence dans les programmes scolaires, mais c'est surtout en dehors des salles de classes que la religion va déployer ses structures. Chez les plus jeunes, les scouts fournissent un cadre de socialisation teinté de religiosité jusqu'à la fin de l'adolescence. A l'université, les associations étudiantes prennent le relai. Et les adultes sont entourés d'associations aux visées diverses alimentées par les cultes, dans le domaine de l'inter-religieux par exemple. Ce chemin se poursuit jusqu'à son étape ultime à l'aumônerie. La religion sait se doter d'organismes qui structurent dans la durée toute une vie.
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Le cultuel sait aussi se faire culturel. Les religions présentes dans le chef-lieu du Bas-Rhin jouent également un rôle non-négligeable dans les loisirs de ses ouailles. Le mystique affectionne le terrain artistique, et particulièrement celui de la musique qu'il connaît déjà bien. Parfois, cela ressort sous une forme imprévue, comme des paroles religieuses sur un air rock'n'roll. Le théâtre n'est pas en reste, tout comme les sports qui ont vu naître des équipes paroissiales. En différents lieux, la religion a aussi choisi d'être son propre média et de débarquer sur les ondes ou en format papier.
On peut même observer sur les réseaux sociaux des curés connectés.
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Entre habitudes séculaires et nouvelles pratiques, à Strasbourg, la religion se conjugue encore au présent.
Pierre-Olivier Chaput
CREDITS :
Encadrement pédagogique : Antoine Bonin
Réalisation : Marine Ernoult, François Camps, Robin Dussenne, Auberie Perreaut, Corentin Lesueur, Johan Cherifi, Victor Guillaud-Lucet, Pablo Guimbetiere, Margaux Tertre, Augustin Campos, Romain Colas, Pierre-Olivier Chaput, Kevin Brancaleoni, Denis Strelkov, David Henry et Maxime Bazile
Encadrement technique : Guillaume Bardet
Directrice de la publication : Nicole Gauthier
Depuis une décennie, l’augmentation des impôts locaux (taxe d’habitation et taxe sur le foncier bâti) pèse fortement sur le budget des ménages. L’étiquette politique des communes influe-t-elle sur les taux de taxe? Pourquoi les taux de taxe évoluent-ils? Qui paye le plus dans le Grand-Est ? Réponses en trois parties, avec l’analyse des fichiers du ministère des Finances et des comptes publics, de 2004 à 2013.
En octobre 2016, comme chaque année, les taxes « ménages », autrement dit la taxe d’habitation et la taxe sur le foncier bâti, ont été payées par plus de deux millions de ménages du Grand-Est. Depuis une dizaine d’années, les impôts locaux n’ont cessé d’augmenter. Selon l’UNPI (Union nationale de la propriété immobilière), en 2016, "35 départements français ont rehaussé leur taux de taxe foncière".
Qu’en est–il pour l’ensemble des communes du Grand-Est et ses 5,5 millions d’habitants ? Pour comprendre comment sont calculés ces taux, il faut analyser le contexte économique, géographique et social de la région qui regroupe maintenant l’Alsace, la Champagne-Ardenne et la Lorraine. Les dix départements de la nouvelle région affichent des disparités importantes. L’Alsace, densément peuplée et très attractive, le sillon mosellan (axe Metz-Nancy-Epinal), Reims et sa périphérie, s’opposent aux régions très rurales, ancrées des Ardennes jusqu’à la Haute-Marne.
Par ailleurs, le système actuel de calcul des taxes est complexe et obsolète. Il repose sur un taux d’imposition fixé par les collectivités locales et appliqué à la « valeur locative cadastrale ». Celle-ci dépend notamment de la surface du logement, du quartier dans lequel il se situe. Etablie pour la première fois en 1970, la valeur locative et son calcul n’ont pas été modifiés. Le paradoxe est grand : des habitants de cités défraîchies des années 1970 payent davantage de taxes que ceux qui logent dans un centre-ville rénové. Annoncée en 2009, sa réforme est inaboutie.
Taux de taxe d'habitation, en 2014
Taux de taxe sur le foncier bâti, en 2014
D’après ces cartes, les taxes varient selon les localités, parfois jusqu’à plus de 40 points d'écart pour la taxe foncière. Les Vosges, l’Aube et les Ardennes, départements ruraux avec une faible activité, se démarquent avec un fort taux de taxe d’habitation. A contrario, la Meuse, le Haut-Rhin et la Meurthe-et-Moselle pratiquent des taux plus faibles, entre 0 et 15%.
Les taux de taxe sont aussi plus élevés pour les municipalités proches du Luxembourg, de la Belgique et de la Suisse. Cet effet de frontière est plus prononcé avec la taxe sur le foncier bâti. Les grandes villes comme Strasbourg, Mulhouse ou Charleville-Mézières appliquent aussi des taux élevés.
En 2013, les taux d’impôts locaux cumulés représentent 52,48%, contre 42,14% dix ans avant. Cette augmentation de 10 points est multifactorielle. La couleur politique des municipalités ne joue pas sur les taux de taxe. Les communes de gauche ou de droite augmentent peu mais de la même façon les impôts locaux, contraints par la conjoncture. En 2008, la crise économique a provoqué une réaction en chaîne catastrophique pour l’économie régionale. Les Français ont arrêté d’acheter des biens immobiliers, et les communes qui ont contracté des emprunts toxiques n’ont pas toujours été en mesure de les rembourser. La fin de la taxe professionnelle a aussi aggravé la situation économique des petites communes aux faibles recettes. Celles-ci se sont rabattues sur les taux de taxe foncière, payée par les propriétaires qui nen sont sont pas exonérés.
Face à cette conjoncture difficile, les collectivités ont eu une réaction assez similaire. La réforme de 2011 sur les collectivités, qui a supprimé la part de revenus du foncier pour les régions et a redistribué la part de la taxe d’habitation des départements aux communes, a chamboulé les recettes de chaque collectivité. Les taux des taxes des municipalités se sont maintenus alors que ceux des départements ont augmenté.
Mais si les taxes varient du simple au double entre des communes voisines, c’est dû avant tout à l’incohérence du système, qui ne prend pas en compte les revenus des habitants. Aucune tentative de réforme de la fiscalité locale entreprise par les différents gouvernements n’a jusqu’à présent abouti.
Fanny Guiné
Directrice de la publication : Nicole Gauthier
Encadrement : Nicole Gauthier, Etienne Guidat, Raphaël Da Silva
Rédactrice en chef : Fanny Guiné
Chef d'édition : Peter Eßer
Réalisation : Simone Ahrweiler, Alexis Boisselier, Joris Bolomey, Sarah Bos, Benoit Collet, Alexis De Azevedo, Guilhem Dubernet, Peter Eßer, Fanny Guiné, Anna Manceron, Maxime Maréchal, Léa Picard, Guillaume Reuge, Donovan Thiebaud, Nina Zeindlmeier
Encadrement technique : Guillaume Bardet