Au niveau national, le vote frontiste apparaît comme un phénomène périurbain. Cette dissociation centre-périphérie s’opère également à l’échelle régionale. Les grandes villes, et notamment la capitale alsacienne, exercent une influence sur leurs périphéries. Plus on s’éloigne de la ville, plus les scores sont élevés. On observe ainsi plusieurs couronnes autour de Strasbourg. La première s’étend du nord de Strasbourg (canton de Brumath) au sud (canton de Geispolsheim) et englobe le Kochersberg (à l'ouest). Plus importants qu’en ville, les scores du FN restent malgré tout inférieurs à la moyenne régionale. Dans la deuxième couronne, de Haguenau à Erstein, les scores y sont supérieurs. La troisième, de Bischwiller au nord à Marckolsheim au sud, donne 25 à 30% des suffrages à la candidate frontiste. Enfin l’Alsace Bossue, où le FN fait ses meilleurs scores régionaux (supérieurs à 30%, avec 44,66% à Bissert).
Un vote ancré dans les territoires
Le vote frontiste est donc fortement attaché à des territoires. Il est plus faible que la moyenne régionale dans certaines villes frontalières avec le Palatinat (Wissembourg et Lauterbourg, avec respectivement 19,43% et 16,16%) et la Suisse (la ville de Lucelle ne donne aucune voix à Marine Le Pen) tournées vers l’extérieur, et dans les grandes agglomérations. Le FN enregistre ses résultats les plus importants dans les secteurs ruraux-ouvriers (en Alsace Bossue et dans le massif des Vosges) et les vallées (dans le territoire du Sundgau, avec le pic régional à Magny avec 46,15% des voix), profondément marqués par la désindustrialisation. Dans ces régions, l'implantation frontiste est loin d’être un phénomène récent.
Loïc Bécart et Renaud Toussaint
Lors du premier tour de la dernière présidentielle, la région s’est prononcée à 22,12% (près de 220 000 voix) en faveur de Marine Le Pen, avec 21,21% dans le Bas-Rhin et 23,43% dans le Haut-Rhin. Des résultats bien supérieurs aux 17,9% obtenus sur la France entière.
Un recul à Strasbourg
Les grandes villes alsaciennes votent sous la moyenne régionale (19,78% à Colmar, 17,5% à Mulhouse). A Strasbourg, où le FN n’a jamais réussi à s’implanter, le parti apparaît même en perte de vitesse. Il y enregistre son plus mauvais résultat (11,86%) lors d’une élection présidentielle, contre environ 20% des voix en 1988, 1995 et 2002. Au sein de la ville, on observe des votes contrastés entre le centre (5,16%) et les quartiers populaires en périphérie (16,76% à Koenigshoffen, Montagne Verte et Elsau, avec une pointe à 19,9% au Neuhof).
Un panel de vote FN du bleu clair au bleu foncé : de moins de 5% à plus 25% selon les bureaux de vote. Vous pouvez obtenir le détail des chiffres en cliquant sur l'un d'entre eux. Crédit : Renaud Toussaint/Cuej / Source : ministère de l'Intérieur
Le parti d'extrême-droite enregitre depuis longtemps de bons scores en Alsace. Particulièrement loin des villes, dans les zones rurales et ouvrières.
Les repères ronds indiquent les communes où Marine Le Pen est arrivée en première proposition, les carrés en 2ème, les losanges en 3ème et les étoiles en 4ème position et au-delà. Crédit : Renaud Toussaint/Cuej / Source : ministère de l'Intérieur

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