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Dix Etats membres n’ont toujours pas ratifié la convention d’Istanbul. Ce traité vise à protéger les droits des femmes.

Dans un débat au Parlement européen le 12 mars, une majorité de députés appellent les Etats membres à ratifier le plus vite possible la convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Prévenir, punir les violences et protéger les femmes, voici les principaux objectifs de ce traité international adopté en 2011 par le Conseil de l’Europe. Seuls 17 Etats membres de l’Union européenne l’ont pour l’instant ratifié.

Reste la question de l’adhésion de l’UE elle-même à la convention. « Cela permettrait de protéger les femmes même si l’agression avait lieu dans un Etat membre qui n’a pas ratifié. Les victimes pourraient saisir la Cour de justice de l’UE », explique l’eurodéputée socialiste française Christine Revault d’Allonnes, co-rapporteure.

« Une idéologie de gauche »

Pour ses défenseurs, la convention d’Istanbul est le meilleur instrument contraignant pour lutter contre les violences domestiques, physiques, sexuelles et psychologiques. Pourtant, certains eurodéputés doutent de l’utilité d’un tel traité.

Certains, comme la députée conservatrice polonaise Jadwiga Wiśniewska, reprochent aux défenseurs de la convention de vouloir « faire passer une idéologie de gauche ». En cause, la notion de « genre » qui figure dans le texte. Les opposants y voient une menace envers les traditions et la souveraineté de leur État. « Certains pensent que la convention contraindrait les États à autoriser le mariage homosexuel et à créer un régime spécifique pour les transgenres. Mais aucune référence n’est faite à cela », a réagi le vice-président de la Commission Andrus Ansip.

La Slovaquie et la Bulgarie ont récemment abandonné le projet de ratification de ce traité, tandis que la Pologne, qui a ratifié en 2015, souhaite désormais se désengager. Pour Anna Záborská, députée slovaque du PPE (droite), « l’UE devrait respecter le droit de chaque État de juger des avantages et des inconvénients d’une convention ».

Mais Christine Revault d’Allonnes ne l’entend pas de cette oreille : « Dans les gouvernements peu démocratiques, les femmes sont toujours les premières touchées par la remise en cause de l’Etat de droit ».

Coralie Haenel

L'actu du mardi en bref: espion russe, manifestations, routiers...

13 mars 2018

L'actu du mardi en bref: espion russe, manifestations, routiers...

L'actu du mardi en bref : empoisonnement d'un ex-espion russe, formation des routiers, barrages hydrauliques

Empoisonnement d’un espion russe : la droite appelle l’Europe à réagir

 « Ne soyons pas naïfs, la Russie souhaite que l’Union européenne soit affaiblie. Nous devons faire front commun », a réagi mardi 13 mars l’eurodéputé allemand Manfred Weber, président du groupe PPE (droite). Cette déclaration fait suite à une tentative de meurtre par empoisonnement d’un ancien agent double russe, Sergueï Skripal, et de sa fille, le 4 mars au Royaume-Uni. Pour la première ministre britannique Theresa May, il est très probable que la Russie soit à l’origine de cette agression.

Coralie Haenel

Harmonisation de la formation des routiers en Europe

Le Parlement européen a adopté le mardi 13 mars, à 604 voix pour et 80 contre, une résolution sur la qualification initiale et la formation continue des routiers. Le rapport du suédois Peter Lundgren (EFDD, souverainistes) vise avant tout à renforcer la sécurité sur les routes. Le contenu de la formation des routiers tient désormais compte des technologies actuelles (éléments de distraction, etc.). Les certificats des conducteurs des différents pays membres de l’Union européenne seront harmonisés, pour permettre à la police de mieux reconnaître les faux permis.

Mathilde Obert

Barrages hydrauliques : les salariés d’EDF mobilisés contre l’ouverture à la concurrence

Une centaine de salariés d’EDF ont manifesté, mardi 13 mars,  devant le Parlement européen pour dénoncer la mise en concurrence des concessions hydrauliques en France. La Commission européenne avait mis en demeure la France en 2015 en raison de la position dominante d’EDF. Un quart des barrages devront donc être ouverts à la concurrence avant 2025, ce qui pourrait augmenter de 37% le coût de la facture d’électricité des Français selon le syndicat SUD Energie.

Mathilde Obert

 

 

Erdogan désire toujours intégrer l'Union européenne

Pour autant, l’eurodéputée ne fait pas une croix sur une adhésion future de la Turquie, alors même que le Parlement européen avait voté le 6 juillet pour la suspension des négociations. Pourtant, lors de sa visite au Vatican lundi, Erdogan a réitéré sa volonté d’adhérer à l’UE. La veille, reçu par Emmanuel Macron, il avait balayé d’un revers de la main la proposition d’un simple « partenariat ».

Du reste, la montée des tensions entre la Turquie et certains pays membres de l'Union européenne rend cette adhésion improbable dans un futur proche. Lundi, les Pays-Bas ont annoncé le retrait de leur ambassadeur d'Ankara, « à cause de relations difficiles à normaliser ». En mars 2017, les Pays-Bas avaient déjà refusé d'accueillir sur leur sol deux ministres turcs venus promouvoir la nouvelle constitution d'Erdogan. 

Un nouveau point sur les relations UE-Turquie est prévu à Varnia, en Bulgarie. La rencontre se tiendra le 26 mars, en présence du président Erdogan, du Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, de Donald Tusk, président du Conseil européen, et du président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Cédric Pueyo, Emilie Sizarols et Sarah Nedjar

« Erdogan joue de l’accord migratoire pour éviter les sanctions »

Mais l’adoption de la résolution par les eurodéputés n’aura a priori aucune incidence sur la politique d’Erdogan. L’auteur de la pétition sur Afrin, l’eurodéputé GUE/NGL Josu Juaristi Abaunz est conscient de cette impuissance : «  Nous savons que le Parlement européen n’a pas le pouvoir de réagir concrètement, contraint par ses limites institutionnelles. Par notre texte, nous voulons influencer la Commission européenne, les Etats, et les Nations-unies. » Devant les eurodéputés, Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne, n’a pas évoqué une sanction concrète de la Commission. Elle s’est néanmoins déclarée « inquiète » face à la situation.

Marie-Christine Vergiat, eurodéputée GUE/NGL s’est étonnée de la prudence de Federica Mogherini : « Quand on est haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et vice-présidente de la Commission, on ne peut pas se contenter d’être ‘’inquiète’’. Il faut exiger des sanctions économiques, en repensant l’union douanière avec la Turquie. » La possibilité de sanctions économiques reste un point particulièrement sensible des relations UE-Turquie. Un embargo sur les produits turcs pourrait ainsi remettre en cause le pacte migratoire avec Erdogan. Dans le texte signé en mars 2016, la Turquie s’engage à contenir le flux migratoire vers l’Europe, en échange d’une aide financière de l’Union européenne. Depuis la signature de l’accord, le flux de migrants syriens a drastiquement baissé.

Pour Marie-Christine Vergiat, « cet accord a viré au chantage. Erdogan joue sur la peur autour de l’accord migratoire, en menaçant de ne plus retenir les réfugiés. C’est la faille qu’il a trouvée pour étouffer toutes les critiques européennes sur sa politique agressive, et éviter les sanctions. » 

Mardi, 22 heures : dans un hémicycle presque vide, six eurodéputés arborent des affiches « Afrin n’est pas seule ». Ce soutien public vise à dénoncer les bombardements sur l’enclave kurde d’Afrin par l’armée turque. Une opération surnommée « Rameau d’olivier » en cours depuis le 20 janvier. Peu avant le vote, une vingtaine de membres de la communauté kurde de Strasbourg ont manifesté devant le Parlement européen pour protester contre le bombardement d’une école et de réserves d’eau par les forces turques à Afrin, survenu la veille.

Cent députés, principalement de gauche radicale, ont porté un texte dans l’hémicycle pour dénoncer l’invasion de cette région dans le nord de la Syrie. L’occasion d’évoquer les violations des droits de l’Homme en Turquie, depuis la tentative de coup d’Etat la nuit du 15 juillet 2016, contre le président Recep Tayyip Erdogan.

Dans les couloirs du Parlement, Huseyin Elmali, journaliste pour la presse kurde, décrit « l’atmosphère d’incertitude constante » en Turquie depuis le putsch manqué, et « des arrestations tellement courantes qu’on n’arrive plus à les dénombrer ». L’ONG Amnesty International dénonce, elle, « la plus grande prison de journalistes au monde », avec près de 160 titres de presse réduits au silence. 

Le Parlement européen a condamné jeudi les violations des droits de l’Homme en Turquie. Les élus ont pointé du doigt la détention arbitraire de journalistes et magistrats turcs, et l’invasion d’Afrin, dans le nord de la Syrie. Une condamnation avant tout symbolique.

Relations Turquie – UE : un jeu d’influences

08 février 2018

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Le Parlement européen a condamné jeudi 8 février les violations des droits de l'Homme en Turquie, et l'invasion à Afrin en Syrie. Une résolution avant tout symbolique. En cause, le jeu d'influences entre l'Union ...

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