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Dans le domaine de la recherche, le président du Conseil européen recommande une enveloppe 87 milliards d’euros, notamment pour le programme Horizon Europe qui finance des projets scientifiques dans les pays membres. Mais cette hausse, de 17 milliards d’euros par rapport au budget actuel, ne satisfait pas le Parlement européen. Les élus réclament une enveloppe de 120 milliards d’euros. « On a besoin de financements publics et indépendants et non de financements provenant d’entreprises privées. Elles auront toujours un intérêt lucratif dans la recherche », martèle Rasmus Andresen, eurodéputé allemand chargé des questions budgétaires pour le groupe des Verts.
La Fédération départementale des syndicats d’exploitations agricoles (FDSEA) du Bas-Rhin suit avec attention les débats européens. « De nombreuses exploitations vivent intégralement des aides de la PAC et ont déjà des revenus très bas », alerte son président Yohann Lecoustey. Il s’inquiète de l’annonce de Charles Michel. Un avis partagé par Paul Fritsch, président de la Coordination Rurale 67. Ce dernier espère cependant couvrir la perte de certaines aides de la PAC par celles finançant la transition écologique. « Les exploitants agricoles jouent un rôle essentiel dans le stockage de l’eau et du carbone, rôle qui pourrait être plus largement subventionné », propose-t-il.
La PAC et la recherche, au cœur des crispations
Les trois institutions de l’UE s’accordent sur la nécessité d’une hausse du budget alloué à l’environnement et l’action climatique. Mais c’est bien là leur seul terrain d’entente. Les financements de l’agriculture et de la recherche cristallisent, au contraire, les oppositions. La proposition de Charles Michel prévoit une baisse de 14% du budget de la politique agricole commune (PAC), soit 53 milliards d’euros d’économie. Les eurodéputés ont demandé quant à eux une stabilisation du budget alloué aux agriculteurs. « Quand on parle tous d’être plus ambitieux sur l’environnement, pour combattre le changement climatique, on ne peut pas le faire avec moins d’argent », souligne l’Allemand Norbert Lins, membre du PPE (droite), président de la commission Agriculture.
Quatre mois après son investiture, la Commission Von der Leyen a présenté, mardi 10 mars, à Bruxelles, une stratégie industrielle très attendue.
« Ce budget va définir quelle Europe on va construire les prochaines années, en matière de changement climatique, de politiques régionales, d'agriculture mais aussi comment on va s’adapter aux nouvelles questions comme celles des migrations. Il est impossible de faire plus avec moins de ressources, comme certains le proposent », a déclaré dans l’hémicycle la présidente espagnole du groupe S&D (sociaux-démocrates), Iratxe García Pérez.
« Le Parlement européen ne peut pas accepter une proposition de budget qui va contre l’Europe. » Le député portugais José Manuel Fernandes, membre du PPE (droite), donne le ton. Réunis à Bruxelles mardi 10 mars, les eurodéputés ont durement critiqué la proposition de Charles Michel sur l’enveloppe budgétaire prévue pour la période 2021-2027. Le président du Conseil européen leur avait proposé que chaque État contribue à hauteur de 1,07% du revenu national brut (RNB) des pays de l’Union. Les élus européens réclament pour leur part une participation de 1,3% du RNB. Ils regrettent que la proposition de Charles Michel soit encore inférieure à celle de la Commission en mai 2018, qu’ils jugeaient déjà décevante.
Pour l'instant également rejetée par les États membres, ce projet conduirait à des coupes dans des domaines essentiels aux yeux des eurodéputés.
Alors que le coronavirus se propage, les institutions européennes cherchent à coordonner leurs forces pour enrayer l’épidémie et éviter la paralysie des économies du Vieux-Continent.
Mardi 10 mars, à Bruxelles, le coronavirus était sur toutes les lèvres. Le matin, lors de la session plénière du Parlement européen, les groupes politiques se sont montrés unanimes pour appeler les Etats membres à mieux coordonner leurs actions et à faire preuve de plus de solidarité. Quelques heures plus tard, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis par visioconférence se sont entendus pour lutter plus efficacement contre le virus et tenter de limiter ses conséquences économiques.
Plus de coordination pour mieux contenir l'épidémie
Jusqu'à présent, les réponses sanitaires ont été disparates. Les Etats membres ont agi dans l'urgence sans coordination. L’Italie a choisi de mettre sa population en quarantaine, alors que la France ou l’Allemagne n’ont pas obligé, à ce stade, les citoyens à se confiner. "La réaction à cette crise n'est pas égale d'un pays à un autre. On peut imaginer que l'Europe de l'Est va avoir beaucoup plus de difficultés que l'Europe du Nord à répondre à l'épidémie", souligne Véronique Trillet-Lenoir, eurodéputée française, médecin et membre du groupe Renew Europe. Elle regrette que la capacité d'action européenne en matière de santé publique soit limitée : "Il faudrait augmenter les compétences de l'Union européenne mais pour cela, il faut que les Etats membres soient capables de consentir à avoir des prérogatives sanitaires plus européennes et moins nationales."
Même si plus de coordination serait souhaitable dans le domaine de la santé publique, l'Europe agit avec ses moyens. En accord avec la Commission, les chefs d'Etat et de gouvernement ont ainsi décidé mardi 10 mars d’acheter ensemble et de constituer des stocks communs de certains équipements, comme les machines respiratoires ou les kits de test. Tous ont convenu d’allouer plus de fonds à la recherche, dans le but de développer un vaccin européen contre le coronavirus. Les ministres de la santé des Vingt-Sept devraient désormais échanger quotidiennement, en présence de la Commission.
La menace d'une récession économique
Les pays européens ont également pris conscience du risque économique lié à l'épidémie. Lundi, les prix du pétrole ont chuté et les marchés ont connu un krach boursier. Le coronavirus nuit aux économies de plusieurs Etats membres, à l'image de l'Italie qui tourne au ralenti en raison des mesures de confinement draconiennes déployées par le gouvernement. Parmi les secteurs particulièrement touchés : le tourisme, les transports, l’événementiel, l’hôtellerie, la restauration mais aussi désormais l'industrie et les services.
En France, à Strasbourg, certaines entreprises ressentent déjà les conséquences du coronavirus. Michael Piault, directeur du restaurant le Baeckeoffe d’Alsace, installé dans le quartier de la Petite-France évoque une baisse de fréquentation de 50% en raison du Covid-19. Le restaurateur a dû repousser au mois de mai le recrutement de personnel qu’il avait prévu en mars. “Si la situation continue comme ça, on ferme l'établissement pendant 15 jours’’, explique t-il. Face à cette situation, les Etats membres ont promis de faciliter le recours au chômage partiel et le report du paiement des charges fiscales pour les entreprises.
25 milliards d'euros débloqués
À Bruxelles, les eurodéputés ont plaidé pour un plan de relance ambitieux. Renew Europe, par le biais de l'eurodéputé roumain Dragos Pislaru, a par exemple demandé à la Banque européenne d'investissement (BEI) de “jouer son rôle et de mettre à disposition des liquidités pour éviter toute destruction d'entreprise”. De son côté, l’italienne Simona Bonafè, vice-présidente du groupe S&D (sociaux-démocrates) a souligné la nécessité de mettre en place des politiques structurelles d’investissements. Même le groupe ID (extrême-droite), habituellement eurosceptique, a demandé à l'Union européenne de “prendre immédiatement des mesures économiques pour aider les entreprises”.
À la suite de ces appels, la Commission a pris des mesures fortes pour limiter le risque d'une récession européenne. Après la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, 25 milliards d’euros ont en effet été promis pour aider les PME et salariés mis en difficulté par la crise. “Je demanderai au Conseil et au Parlement de débloquer dès cette semaine 7,5 milliards d’euros de liquidités”, a précisé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Par ailleurs, Charles Michel, le président du Conseil européen, a évoqué des dispositions exceptionnelles : “Une application flexible des règles de l'UE, en particulier en ce qui concerne les aides d'État et le pacte de stabilité et de croissance, sera nécessaire”, a t-il estimé. Des mesures sans précédent : jusqu'ici aucune crise n'avait conduit à une remise en cause, même temporaire, du pacte de stabilité.
Achraf El Barhrassi, Cyrielle Thevenin, Marie Vancaeckenbergh, Alix Woesteland