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Plus de 16 millions de personnes ont obtenu une licence sportive en 2014. Autant de sportifs inégalement répartis dans les 120 fédérations enregistrées en France, avec des pratiques souvent très différentes les unes des autres.
Après tout, qu'est ce qu'un joueur de basket a à voir avec un gymnaste ? Et comment choisit-on de faire du golf plutôt que du taekwondo ? Le football est le sport qui compte le plus de licenciés, mais est-ce pour autant réellement le sport le plus adapté à une majorité de sportifs ?
Outre des motivations personnelles, des dynamiques socio-économiques se mettent en œuvre dans le choix d'une pratique sportive. Le football, sport fédérateur par excellence, qui a uni le pays dans une grande communion nationale lors de la victoire des Bleus pendant la Coupe du monde 2018, est un cas à part. Son aura médiatique et la facilité technique qui permet de le pratiquer expliquent en partie son attrait. Pour autant, tous les Français ne sont pas égaux devant le choix de ce sport.
On dénombre parmi les licenciés seulement 6% de femmes. Par choix, ou en vertu de stéréotypes qui voudraient que les petites filles pratiquent des sports plus « élégants » comme la danse ou la gymnastique, tandis que les petits garçons développeraient leur talent au service d'un collectif ?
La place du genre dans le choix d'une pratique sportive est l'un des quatre thèmes que nous traitons dans ce dossier. Âge, genre, environnement socio-économique et localisation géographique, autant de facteurs qui conduisent à opter pour un sport plutôt qu'un autre.
Les inégalités que nous avons identifiées persistent. L'accessibilité à une diversité d'activités est pourtant un enjeu important dans la construction des individus, pour que chacun puisse un jour être libre de pouvoir s'épanouir sans contrainte dans le sport qui lui correspondrait le mieux.
Juliette Mariage
Sources : sports.gouv.fr
Crédits photo : pixabay.com
Athlètes érigés en héros nationaux, événements ultra-médiatisés, exhortation quasi-permanente à la pratique : le sport est incontournable dans la vie des Français. Et sous toutes ses formes, avec 120 fédérations, pour autant de sports différents. Mais cette diversité n'est pas accessible à tous. Âge, genre ou situation géographique : le choix d'un sport dépend aussi de facteurs indépendants de notre volonté.
30 millions d'euros. C'est ce qui sera déduit en 2019 du budget du ministère des Sports, si l'on en croit l'annonce faite le 24 septembre. La nouvelle envoie un signal en demi-teinte au monde sportif amateur, car ce budget alloue des moyens aux fédérations sportives via les crédits sports.
Ces unions d'associations sportives sont indispensables pour organiser la pratique sportive en France. Mais après une hausse constante des dépenses publiques consacrées au sport dans la première décennie des années 2000, les sommes dédiées aux fédérations ne cessent de baisser depuis 2014.
« Pratiquez au moins 30 minutes d'activité physique, au moins cinq jours par semaine ! » Tout le monde a déjà entendu ces conseils qui émanent du ministère des Sports. Pas facile de suivre à la lettre ces consignes, surtout lorsque l'on est seul dans son coin. En revanche, le sport en groupe n'aurait que des avantages : rencontrer de nouvelles personnes, accroître ses compétences personnelles et collectives, développer un esprit de compétition, voire s'émanciper.
Les Français sont de plus en plus nombreux à s'inscrire chaque année dans une fédération sportive. Entre 2004 et 2014, on compte un million de détenteurs supplémentaires d'une licence dans au moins l'une d'entre elles.
A l’image de sa gestuelle, la vieille dame n’a pas vraiment l’habitude du repos. Membre de plusieurs organisations (Greenpeace, Alsace Nature, Espoir, Confédération paysanne), Germaine Schell s’investit partout où elle le peut, avec pour seule limite la chute. « Si je tombe je suis alitée, c’est pour ça que je m’agrippe à ma petite voiture », s’amuse-t-elle. « Il faut soutenir ces causes, ces associations vont sur le bon chemin, elles ne sont pas axées sur le grand capital. Elles font du bien au peuple. Il faut le réveiller le peuple, il faut réagir ! ». Celle « qui entretient notre moral à tous », selon les mots d’un zadiste, ne s’arrêtera pas devant l’obstacle des camions qui sont entrés dans la ZAD. « Je me battrai jusqu’à ma mort, je me donnerai tout le mal possible ».
Augustin Campos
Plus des deux tiers des boutiques de la marque anglaise fermeront leurs portes en France d’ici 2021. Dans le magasin de Strasbourg, cette annonce a pris ses salariés de court.
« Je suis vraiment déçue. Je commençais à me faire une place ici, je pensais que tout allait bien se passer comme je le prévoyais. Mais voilà que tout est chamboulé ». Leny fera probablement partie des 250 salariés français de l’enseigne anglaise New Look qui seront licenciés dans les prochains mois, voire les prochaines semaines. Une source syndicale, citée par l’AFP, a officialisé la décision mercredi 12 septembre. Cela représente plus des deux tiers des effectifs de la marque dans l’Hexagone. Au total, 21 magasins sur 29 fermeront leurs portes d’ici 2021.
Une décision qui ne passe pas
« Ici, l’équipe est sympathique, les conditions de travail me conviennent parfaitement et j’ai commencé à fidéliser pas mal de clients », regrette Leny. En CDI à temps partiel (25 heures par semaine) dans le magasin New Look de Strasbourg, situé place des Halles, elle espère toujours un ultime retournement de situation. « Même si on a été prévenus, le rythme de travail est toujours le même », nous confie-t-elle, débordée par les paquets de chaussettes qu’elle dépose dans un chariot. Le magasin continue d’accueillir des arrivages et de proposer des soldes. Mais pas d’opérations de déstockage qui pourraient laisser croire une fermeture imminente.
Hormis les magasins de Rouen et Calais, le management de New Look n’a pas encore précisé exactement les boutiques qui seront concernées par cette décision, ni les huit qui seront épargnées. « La boutique de Strasbourg sera sûrement fermée aussi. Pas immédiatement, mais dans environ un an », affirme Margaux, d’un ton assez décontracté. En CDI depuis six mois, elle semble moins affectée par la décision de fermeture que Leny. En plus de son emploi dans le magasin, elle travaille à son propre compte dans le domaine de l’illustration, sa principale source de revenu. « Je suis relativement nouvelle ici, donc l’impact de cette décision pour moi ne sera pas le même que pour d’autres.» Les plus anciens du magasin sont ici depuis près de deux ans.
Pas si surprenant que ça...
La décision du groupe New Look de limiter la présence de ses magasins en France est loin d’être une surprise pour certains salariés de Strasbourg, comme peut en témoigner une ancienne employée qui préfère rester anonyme. Elle avait quitté son poste il y plusieurs semaines pour des raisons personnelles. « Je savais depuis un bon bout temps que l’entreprise allait mal. Je sentais que la fin approchait. J’assistais à des réunions dans le siège à Paris et depuis un an et demi, j’avais remarqué que le bureau se vidaient au fur et à mesure, et qu’il y avait de moins en moins de personnel », affirme-t-elle.
« Un ami à moi qui est à la boutique de Calais savait lui aussi que ça allait mal, mais il ne s’attendait pas à ce que cela arrive si rapidement et surtout pas dans ces conditions », poursuit-elle. Pour l'ex-salariée, le plus grave, c’est le « manque de communication » entre la direction et les employés. « C’est la loi du silence. Ils ne sont pas francs. Je trouve ça vraiment dommage », conclue-t-elle.
Louay Kerdouss
C’était dans les années 1990, après la mort de son mari, un ancien proche du Front Populaire. « J’ai commencé à lire les journaux, je n’avais pas le temps avant, avec mes quatre enfants, je devais m’occuper de tout », se souvient cette ancienne commerçante, qui tenait une boutique de vêtements avec son mari. Avant, elle n’avait jamais touché à un journal.
Fille de fermiers, elle « aurait aimé faire des études, mais il a fallu partir travailler ». Alors, elle a rattrapé le temps perdu une fois à la retraite. A coup d’abonnements au Canard enchaîné – qui était déjà la bible de son mari -, au Monde diplomatique, à Politis, ou Alternatives économiques, dispersés un peu partout dans le salon. « La lecture me donne un aperçu de tout, je me suis instruite, sur ce qu’il se passait, sur ce que l’on pouvait faire, comment on pouvait se défendre », confie l’octogénaire, en agitant ses bras, jusque là croisés devant elle.
Nicolas Grellier et Clémentine Rigot
Quelques mois après le décès de Simone Veil, le droit à l'avortement est-il véritablement acquis ?
En France, les polémiques liées à l’interruption volontaire de grossesse se suivent. Mercredi, Marlène Schiappa, la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes, annonçait que les Interruptions volontaires de grossesses (IVG) reprendraient à la fin du mois, à Bailleul, cet hôpital sarthois qui, faute de moyen, ne proposait plus l’intervention médicale. La veille, pourtant, une déclaration dans l’émission Quotidien avait attisée la brûlante question de l’IVG : « Nous ne sommes pas là pour retirer des vies ». La flèche est décochée par Bertrand de Rochambeau, le président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof). Il n’en fallait pas plus pour rouvrir un sujet qui embrase un pays où l’IVG est, pourtant, autorisé depuis 1975.
Jeudi, deux jours après la salve, il régnait comme une atmosphère de gueule de bois au planning familial de Strasbourg. « C’est comme un retour de manivelle. On s’est tellement bagarrées pour que ces lois existent, pour que chaque femme ait le droit d’avorter en France », abonde Isabelle Mehl, conseillère au planning familial de la capitale alsacienne depuis près de 20 ans.
Mais qu’en dit la loi ? Bertrand Rochambeau le sait, rien n’oblige un médecin à pratiquer une IVG. En vertu de la double clause de conscience mentionnée à l’article R4127-18 du Code de la Santé publique, un médecin est en droit de refuser l’intervention. À condition de renvoyer sa patiente vers un autre praticien. Un vide juridique pas vraiment au goût d’Isabelle Mehl : « C’est normal, à condition que ça ne fasse pas perdre de temps à la personne. Dans certaines régions, on peut attendre trois ou quatre semaines pour un rendez-vous. Si vous êtes déjà enceinte de six semaines, cela peut engendrer des hésitations. Le temps de réfléchir, vous pouvez dépasser le délai. » En France, l’avortement est impossible après 12 semaines de grossesse ou 14 semaines d’aménorrhée, loin des 24 semaines néerlandaises.
Selon le ministère du travail, 211 900 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées en 2016 dans l’Hexagone. Pas toujours dans la ville d’origine de la patiente. « Il faut savoir qu’à cause des délais, des Parisiennes viennent se faire avorter à Strasbourg », illustre la conseillère du planning.
Des situations disparates en Europe
Dans d’autres contrées européennes, les kilomètres ne sont pas la seule entrave pour réaliser un avortement dans la légalité. En Pologne, l’avortement n’est permis qu’en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du foetus. Cette dernière possibilité pourrait être la cible d’un projet de loi déposé, depuis mars dernier, devant le Parlement, qui viserait à supprimer ce cas de figure.
Dans les îles méditerranéennes, le climat est plus favorable pour les touristes que pour les femmes qui désirent recourir à l’IVG. À Chypre, on ne pourra y recourir qu’en cas de viol, d’inceste ou de mise en danger de la vie de la femme ou du foetus. À Malte, l’équation est simple : l’avortement est interdit sous peine de trois ans de prison à l’égard du praticien et de sa patiente. Hors Union européenne, le schéma est similaire au Vatican et à Andorre.