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Depuis le 28 février, plusieurs milliers de migrants, principalement syriens, ont franchi la frontière turque pour rejoindre la Grèce. Une situation qui ravive le souvenir de la crise migratoire de 2015 et dont les eurodéputés ont débattu le 10 mars en session plénière à Bruxelles. Au coeur du problème : la décision du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, de dénoncer un accord signé avec l'Union européenne (UE) en 2016. Aux termes de celui-ci, la Turquie s'était engagée à ne plus laisser passer de migrants en échange d'une aide européenne de six milliards d’euros pour la gestion des réfugiés présents sur son sol.

Au Parlement européen les avis sont partagés quant au comportement à adopter par rapport à la Turquie. Pour Manfred Weber, président du groupe parlementaire PPE (droite), il est nécessaire de restaurer le dialogue. "Il faut envisager un nouvel accord", a-t-il ainsi estimé dans l'hémicycle. De son côté, la vice-présidente du groupe S&D (sociaux démocrates), Kati Piri privilégie le rapport de force avec Erdogan. Selon elle, "il est temps de faire respecter l'accord avec Ankara".

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Un souhait que la Française Anne Sander (PPE, droite) se refuse à exaucer. Pour elle, “Il ne faut pas que les parlementaires européens perdent l’habitude de venir à Strasbourg”. Les traités prévoient que douze sessions se tiennent à Strasbourg chaque année. “Il faudra compenser dès que ça ira mieux. Je ne vois pas pourquoi on maintiendrait des sessions à Bruxelles dans la deuxième partie de l’année si la situation est rétablie”, poursuit-elle.

Hôtels vides, taxis à l’arrêt

La plénière restée dans la capitale belge, c’est une partie de l’économie strasbourgeoise qui se retrouve à l’arrêt cette semaine. À Strasbourg, les halls d’hôtels sonnent creux, comme celui du Best Western dans le quartier de la gare. “Cette annulation représente une perte de 60 % de chiffre d’affaires par rapport à mars 2019”, déplore son gérant Pierre Siegel. Les chambres réservées - à un prix souvent doublé pour l’occasion - n’ont pas été facturées après leur annulation. Un geste commercial indispensable puisque “ce sont des clients qui viennent tous les mois depuis des années”, explique-t-il. Résultat, “80 % des chambres n’ont pas été relouées” dans l’établissement. 

La situation n’est guère plus reluisante pour les taxis, pour qui la session constitue une période faste. “D’habitude, je me mets devant le Parlement. Cette semaine, je me gare dans le centre historique, explique un chauffeur croisé au pied de la cathédrale au volant de son monospace noir. La semaine parlementaire pèse 30% de mon revenu mensuel.” “Nous sommes quasiment à l’arrêt”, confirme Hakim Kerkoub, gérant de la société Taxi 13 qui possède 215 véhicules. 

Les désagréments devraient se prolonger plusieurs semaines. Le président du Parlement européen a d'ores et déjà prévenu qu'aucune session plénière ne sera organisée à Strasbourg avant le 11 mai. Autre institution européenne ayant son siège dans la ville, le Conseil de l'Europe a lui aussi décidé d'annuler la prochaine session du Congrès des pouvoirs locaux prévue du 17 au 19 mars. Pas de quoi rassurer les acteurs économiques strasbourgeois : les deux institutions génèrent chaque année 315 millions d’euros de revenus dans la métropole alsacienne.

Quentin Griebel, Arthur Massot, Chi Phuong Nguyen

Chaque mois, c’est comme un rituel. 1500 valises de documents, 100 voitures de fonction, 705 eurodéputés et au moins 2 500 assistants parlementaires, journalistes et autres experts font le déplacement de Bruxelles à Strasbourg pour quatre jours, le temps d’une session plénière du Parlement européen. Mais le développement de l’épidémie de coronavirus en Alsace a changé ces habitudes. Le président du Parlement David Sassoli s’est résolu jeudi 5 mars à déplacer exceptionnellement la séance à Bruxelles. Le service médical de l’institution avait identifié des “risques significativement accrus pour la santé” dans la préfecture du Bas-Rhin. 

Un précédent en 2008

Une telle décision est rarissime. Elle n’avait été prise qu’une fois auparavant, en août 2008 après l’effondrement d’une partie du plafond de l’hémicycle strasbourgeois. Elle relance le débat sur le siège unique du Parlement à Bruxelles, qui dépasse les étiquettes politiques. “Le coronavirus vient de remporter une bataille pour un siège unique du Parlement européen”, se félicitait le 6 mars sur Twitter le Hongrois Deli Andor (PPE, droite). Le Néerlandais Bas Eickhout (Les Verts) espérait la veille sur le même réseau : “Les Français vont-ils nous laisser tranquille ?”

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Des taxis à l'arrêt, place Gutenberg à Strasbourg. © Chi Phuong Nguyen

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