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Pour Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS à l'IEP de Bordeaux et spécialiste de l'Union européenne, la nomination de l'eurodéputée bulgare de 37 ans Mariya Gabriel (PPE, conservateur) comme commissaire à l'économie et à la société numériques n'est pas une surprise.

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Quel est le parcours de Mariya Gabriel ?

Je l'ai connue lorsqu'elle est venue à Bordeaux dans les années 1990. Elle faisait partie de ces excellents étudiants de filières bilingues venant de Bulgarie. Elle a commencé une thèse de science politique dans mon laboratoire de recherche. Ce n'était pas facile pour Mariya : elle n'avait pas de financement et très peu de moyens. Au cours de sa thèse, elle a été amenée à rencontrer Boïko Borissov, l'actuel Premier ministre bulgare. Elle s'est ensuite présentée aux élections européennes sur les listes de son parti (NDLR : affilié au PPE) et a été élue en 2009.

Quels sont les qualités qui lui ont permis d'être nommée à ce poste ?

Elle a une bonne connaissance des langues et de l'Europe. Mariya a un attachement particulier à la langue française et, lorsqu'elle a été élue eurodéputée, elle a tenu à s'entourer d'assistants francophones. La Bulgarie a voulu nommer quelqu'un pour ses compétences. Au Parlement européen, elle a très vite acquis la réputation d'être quelqu'un de fiable et sérieux. Je pense qu'en tant que commissaire, elle sera dure à la tâche. De plus, elle a su se tenir à distance des scandales qui ont éclaboussé la politique bulgare.

Que va-t-elle faire à la Commission ?

Elle aura en charge la politique numérique à la Commission européenne. Pour l'Union européenne, cette question est centrale. Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne) voulait une équipe dynamique composée de jeunes et de femmes. Mariya a donc toute sa place à la Commission où elle va pouvoir apporter des idées novatrices.

Propos recueillis par Johan Cherifi

Photo : Olivier Costa

« Mariya Gabriel voulait être là où elle se sentait la plus utile »

17 mai 2017

« Mariya Gabriel voulait être là où elle se sentait la plus utile »

Pour Olivier Costa, directeur de recherche au CNRS, la nomination de l'eurodéputée bulgare (PPE, conservateur) Mariya Gabriel comme commissaire à l'économie sociale numérique n'est pas ...

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a été reçu au Parlement européen à Strasbourg mardi 16 mai. Le dirigeant tchadien s’est adressé aux députés pour défendre la coopération entre l’Europe et l’Afrique.

« De l’Egypte à la Grèce, de Carthage à Phénicie, des liens indissociables se sont tissés entre l’Europe et l’Afrique. » Dans son allocution devant le Parlement européen mardi 16 mai à Strasbourg, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Moussa Faki Mahamat a souhaité rappeler l’histoire forte qui relie « depuis des siècles » les deux continents.

À l’occasion du 10e anniversaire du partenariat entre l’Union européenne et l’UA, le président Mahamat a indiqué ses priorités : « la lutte contre le terrorisme et le réchauffement climatique ». L’UA est une association politique et économique panafricaine de 55 Etats membres. Elle œuvre pour la promotion de la démocratie et des droits de l’Homme.

L’ancien Premier ministre tchadien a insisté sur l’urgence de répondre aux « défis de l’immigration », à la fois pour éviter « le naufrage de familles entières en mer Méditerranée », mais aussi pour « réinventer un avenir meilleur pour la jeunesse africaine. » De son côté, le président du Parlement européen Antonio Tajani a souligné l’importance de « travailler d’égal à égal » avec l’UA : un partenaire selon lui indispensable pour « résoudre le problème du terrorisme. »

Robin Dussenne

« Des liens indissociables entre l’Europe et l’Afrique »

16 mai 2017

« Des liens indissociables entre l’Europe et l’Afrique »

Mardi 16 mai, le président de la Commission de l’Union africaine a rencontré le président du Parlement européen puis s’est adressé aux députés pour défendre la coopération entre l’Europe et ...

Mais à quoi sert encore le Parlement européen ? À chaque session plénière c'est la même rengaine, les députés discutent de moins en moins de textes législatifs et proposent de plus en plus de rapports d'initiative, non contraignants. La session qui a siégé à Strasbourg du lundi 15 au jeudi 18 mai n'a pas fait exception à ce constat. Une seule proposition législative figurait à son programme : le projet de réglement sur la consultation des contenus en streaming en Europe.

Mais les eurodéputés n'en demeurent pas moins actifs. Les fameux rapports d'initiative portent sur de vrais enjeux de société et des questions diplomatiques brûlantes. Les parlementaires cherchent à se poser en garants de la justice, de la solidarité et des droits de l'Homme, notamment sur la scène internationale. Opposition contre les persécutions homophobes en Tchétchénie, relocalisation des migrants, volonté de peser davantage dans les négociations avec la Syrie ou vote en faveur d'une solution à deux Etats au Proche-Orient, sur tous ces sujets le Parlement est parvenu à adopter une position commune et à transcender les divergences qui déchirent les Etats et fragilisent l'Union européenne.

L'intégration européenne n'est pas uniquement économique, elle vise également à maintenir la paix et à faire respecter la démocratie. Deux valeurs qui ont toujours été au coeur du projet de la construction européenne et apparaissent plus que jamais centrales dans l'activité du Parlement européen.

Robin Dussenne

La session de mai 2017 au jour le jour

27 avril 2017

La session de mai 2017 au jour le jour

Du 15 au 19 mai 2017, les eurodéputés se réunissent ...

Les relations UE-Turquie sous tension

16 mars 2017

Les relations UE-Turquie sous tension

L'accord migratoire entre l'UE et la Turquie conclu il y a un an a été débattu au Parlement européen, sur fond de crise diplomatique.

Donald Tusk face aux divisions

16 mars 2017

Donald Tusk face aux divisions

Récemment réélu président du Conseil européen, Donald Tusk a présenté aux eurodéputés les conclusions du dernier sommet de Bruxelles.

Il y a un an, l'Union européenne et la Turquie concluaient un accord pour résoudre la crise migratoire. Réunis à Strasbourg, les eurodéputés ont fait le point sur la situation, sur fond de crise diplomatique.

« Nous devons débattre sérieusement du cas de la Turquie qui se permet de traiter des pays européens de fascistes. » C’est avec ces mots que Sanders Loones (ECR, conservateurs) a lancé les débats, lundi 13 mars à Strasbourg, au Parlement européen.

La semaine précédente, l'interdiction de plusieurs meetings en Europe, auxquels devaient se rendre des ministres turcs, avait déclenché de violentes réactions de la part du président turc Recep Tayyip Erdogan. Comparant ces méthodes à du « nazisme » et les Pays-Bas à une « république bananière », il est allé jusqu'à menacer de rompre unilatéralement l'accord sur les migrants signé avec l’Union européenne en mars 2016.

Des attaques virulentes dénoncées par certains dirigeants comme le président du Conseil européen Donald Tusk, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. Malgré ces condamnations orales, l’Union européenne n’a, pour l’instant, adopté aucune sanction concrète contre la Turquie. Et pour cause. L'accord migratoire conclu l'année dernière, et destiné à endiguer l'afflux massif de réfugiés en Europe, reste stratégique pour de nombreux pays européens.

« Erdogan a abusé de cet accord », a affirmé Ska Keller, co-présidente allemande du groupe Verts/ALE, au cours du débat au Parlement. Selon elle, la situation actuelle donne au président turc une liberté de ton mais le « soustrait également aux critiques sur les violations des droits de l'homme » faites depuis plusieurs mois. L’Allemande Angelika Mlinar (ALDE, libéraux) a encouragé les européens à arrêter de « décliner leurs responsabilités » et à enfin trouver des « alternatives » au pacte entre l'UE et la Turquie, comme la création d'un visa humanitaire. Manfred Weber, président du groupe PPE, a plaidé, en revanche, pour un maintien du texte. Quant à Guy Verhofstadt (ALDE, libéraux), il a demandé le gel immédiat des négociations d'adhésion de la Turquie à l’Union. Au risque qu'Ankara ne respecte plus ses engagements envers ses partenaires européens.  

Victor Noiret

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