Le dernier rapport d’Eurostat publié le 1er février recense près de 26 millions de personnes au chômage dans l’Union, soit 11,7 % de la population active. Un chiffre qui dissimule de fortes zones de pression.
Depuis 2008, plus de 9 millions de personnes sont venues grossir les rangs des demandeurs d’emploi européens. Si la plupart des pays de l’Union – 20 sur 27 – ont vu le nombre de leurs chômeurs croître en 2012, d’importantes différences sont cependant à observer entre eux.
Un clivage Nord/Sud
Les pays dits du nord s’en sortent mieux que leurs homologues du sud. L’Autriche (4,5 % de chômeurs), le Luxembourg (5,1 %) et l’Allemagne (5,4 %) se situent tout près des taux synonymes de plein emploi, bien loin devant les pays du sud. La Grèce et l’Espagne, deux Etats particulièrement touchés par la crise et par les mesures d’austérité, voient leurs taux de chômage atteindre des niveaux exceptionnels. En novembre 2012, le nombre des chômeurs espagnols s’élevait à 26,6 % de la population active. Un demi-point de plus que le taux de chômage grec, établi à 26,1 %. Le Portugal, avec 16 % de chômeurs, connaît lui aussi une situation difficile. A l’heure actuelle, près de la moitié des 26 millions de demandeurs d’emploi de l’UE sont des ressortissants de pays sous programmes d’aide. A titre d’illustration, l’Espagne représente, à elle-seule, 21 % des chômeurs de longue durée (douze mois et plus) de l’Union.
Les jeunes, premières victimes de la crise
Plus de 5,7 millions d’Européens de moins de 25 ans sont aujourd’hui en recherche d’emploi, soit 23,4 % des jeunes appartenant à cette tranche d’âge, hors étudiants. En un an, leur nombre a crû de plus de 300 000. Mais là non plus, la situation n’est pas homogène. Seuls 8 % des jeunes allemands connaissent le chômage et 10 % des Néerlandais de moins de 25 ans. Des chiffres qui apparaissent excellents au vu de la situation catastrophique que connaissent la Grèce ou l’Espagne, où plus de la moitié des jeunes actifs sont en recherche d’emploi. Comme le souligne la Commission dans son dernier rapport conjoint sur l’emploi, une amélioration de la situation passera peut-être par une meilleure prise en compte de la transition école-marché du travail. Pour rappel, au dernier trimestre 2011, le taux d’emploi des jeunes européens atteignait 34,7 % de la population des 15-24 ans, étudiants compris, soit une baisse de 3,8 % par rapport à 2008, au début de la crise économique.

Hausse du chômage. Si toutes les catégories de population sont concernées, les jeunes sont les plus touchés.
Le travail précaire explose
Prenant appui sur le constat que les pays suivant cette voie s’en sortent mieux, la Commission appelle régulièrement à plus de flexibilité sur le marché du travail. Dans l’Union européenne, depuis le début de la crise, on observe une hausse importante du travail temporaire et du travail à temps partiel. Ce dernier a, par exemple, bondi de près de 19 % au cours de l’année 2011. Les pays méditerranéens et la Pologne figurent parmi les Etats où le travail précaire est le plus répandu. Sur ce point, hommes et femmes sont inégalement touchés. Quand 8,8 % des salariés-hommes exercent une activité à temps partiel, près d’un tiers des salariées-femmes est dans le même cas. Une situation par ailleurs subie pour plus de 60 % des travailleurs concernés. En 2013, la situation de l’emploi en Europe ne devrait pas s’améliorer. Paralysée par les mesures d’austérité budgétaire, la croissance économique, principale créatrice d’emplois, devrait être faible voire nulle dans nombre de pays de l’Union. Pour l’année en cours, la BCE prévoit – dans le meilleur des cas – une croissance de 0,3 % pour la zone euro. Un taux insuffisant pour absorber l'effet de la croissance démographique. La commission a d’ailleurs averti, « les perspectives pour 2013 [sont] peu encourageantes ».
Benjamin Delombre
Du 22 au 24 mai,dans le cadre Pôle européen d’administration public, l’Ecole Nationale d’Administration et l’Université de Strasbourg, organisent au Parlement les 7° rencontres européennes de Strasbourg. Inscrites dans le contexte de la crise qui secoue l'Union, elles sont principalement consacrées au nouveau rôle du Conseil européen et à la formation des administrations nationales.
Du 22 au 24 mai,dans le cadre Pôle européen d’administration public, l’Ecole Nationale d’Administration et l’Université de Strasbourg, organisent au Parlement les 7° rencontres européennes de Strasbourg. Inscrites dans le contexte de la crise qui secoue l'Union, elles sont principalement consacrées au nouveau rôle du Conseil européen et à la formation des administrations nationales.
Outre le conflit de fond sur une avancée vers le fédéralisme, différents points du compromis atteint en commission suscitent la grogne. Les petits pays craignent que les têtes de listes transnationales ne soient monopolisées par les plus gros pays, capables de proposer davantage de figures politiques médiatiques, susceptibles de mobiliser l’électorat à une échelle européenne. Autre point d’accrochage, lors des discussions préliminaires a été évoquée la création de 25 nouveaux sièges parlementaires. Une mesure jugée comme un mauvais signal à envoyer en temps de crise et de restriction budgétaire. Enfin l'hypothèse d'une redistribution des sièges selon une nouvelle formule mathématique, un moment envisagée, a semé l'inquiètude. « Les Etats à population de taille moyenne voyaient, en fonction de cette "formule mathématique", le nombre de leurs représentants au Parlement diminuer. Même si cette répartition des sièges ne fait pas partie du rapport Duff tel qu'il a été adopté au sein de la commission Afco, les traces qu'ont laissées ces calculs prospectifs sont fortes,» raconte la députée française Constance Le Grip (PPE)
« On pourrait tenter de faire passer le rapport devant le Parlement sans le PPE, avec une majorité Verts/ALDE/S&D, admet Gerald Häfner, rapporteur fictif des Verts/ALE sur le dossier, mais c’est risqué car les sociaux-démocrates sont eux aussi divisés sur la question et pourraient de ne pas voter en groupe. ». Le revirement inattendu du groupe PPE a laissé les membres de la commission perplexes. La situation politique n'étant visiblement pas assez mûre pour amorcer un nouveau pas vers le fédéralisme, le devenir du projet reste flou. « Le risque maintenant est que la situation s'enlise, poursuit le député allemand, il y a très peu de chance que la réforme soit menée à bien pour les prochaines élections. Le mieux serait peut-être de laisser le rapport de côté et de reprendre ses propositions dans le cadre des transformations constitutionnelles qui seront opérées avec l'adhésion de la Croatie. »
Lorraine Kihl