Salomé Cadon et Arnaud Fischer
Des effets anecdotiques lorsqu'ils sont mesurés sur un seul parc, mais qui deviennent majeurs lorsqu’on les multiplie. “Plus on met de parcs éoliens, plus la surface est grande, plus on augmente les risques, détaille la chercheuse, il faut réfléchir en amont et penser en impact cumulé, et ça vaut pour tous les compartiments de la biodiversité ”.
Ces impacts interrogent sur le rapport coût/bénéfice d’un tel projet. Pour Sophie de Grissac, “ce serait moins compliqué si on construisait des éoliennes pour remplacer d’autres énergies. Là on en met juste pour en rajouter, dans ce contexte, c’est sûrement peu utile.”
Au-delà des problèmes de biodiversité, ce projet de bassin d'énergie offshore en mer du Nord ne permet pas d’atteindre les objectifs d’énergies 100% renouvelables de l’UE. Il ne signifie pas non plus la fin de l’usage des énergies fossiles par le Vieux Continent.
Alexia Sabatier et Thibault Schoepf
La biodiversité marine grande oubliée des débats
Pourtant, selon les chercheurs, faire pousser des éoliennes en mer du Nord n’est pas sans conséquence pour la préservation de la biodiversité marine.
Selon Sophie de Grissac, chercheuse en écologie des oiseaux marins, les parcs éoliens posent deux problèmes de taille pour les volatiles. Les fous de bassan, par exemple, risquent la collision : ils volent à basse altitude et chassent la tête baissée. Les guillemots de Troïl, et autres oiseaux marins plus sauvages, eux, subissent un effet “barrière”. Effarouchés par le parc, ils choisissent de le contourner dans leur parcours de migration, allongeant leur temps de vol et leur prenant plus d’énergie.
Géorgie : Le Parlement européen face au spectre de l'arbitraire
Le Parlement a exigé la libération immédiate des opposants en Géorgie. Le cas d'Elene Khochtaria, figure de proue de l'opposition pro-européenne et prisonnière politique, a mobilisé les eurodéputés. Tandis que l’opposante affirme lutter pour “la dignité d'une nation”, la majorité des parlementaires dénoncent l'influence de Moscou et réclament des sanctions ciblées contre l'oligarque et Premier ministre Bidzina Ivanichvili. Malgré quelques voix conservatrices isolées criant à l'“ingérence”, l'urgence domine : entre lois répressives et entraves aux libertés, le destin européen de la Géorgie vacille. Ce jeudi, la résolution a été adoptée par 438 voix contre 37, un signal sans équivoque envoyé au parti conservateur pro-russe Rêve géorgien pour stopper l'érosion démocratique.
Paul Schneider
Le Parlement européen salue le travail de la médiatrice européenne sortante
Le Parlement examinait aujourd’hui le rapport d’activité de l’Ombudsman européen, un organe de contrôle des institutions. En 2024, Emily O’Reilly, à sa tête entre 2013 et 2025, a ouvert 415 plaintes. Par exemple, elle a accusé la Commission de mettre plus d’un an, au lieu de trois mois, pour décider ou non de l’autorisation des produits chimiques dangereux. Le Parlement européen a salué une “coopération constructive” avec l’organe, désormais dirigé par Teresa Anjhino.
Le rapport, habituellement consensuel, a été adopté avec une courte majorité. Les groupes politiques de The Left (gauche) à Renew (centre-droit) ont majoritairement voté contre. En cause, entre autres, l’intégration d’un amendement critiquant le financement des ONG.
Clémence Dellenbach
Voyages à forfait : Une amélioration de la protection des voyageurs votée en plénière
“Pour nos électeurs, les vacances sont le point d’orgue de l’année, mais les choses peuvent mal tourner, il peut y avoir une catastrophe, une pandémie, un conflit qui met à l’arrêt l’industrie du voyage”, explique le rapporteur Agius Saliba (S&D, socio-démocrate).
La révision de la législation a pour objectif de renforcer les droits des consommateurs dans les voyages organisés. Elle doit permettre aux voyageurs de mieux comprendre les prestations incluses dans leur forfait. Elle leur permet aussi de porter plainte plus simplement et oblige les compagnies à répondre dans les 60 jours. En cas d’annulation, les compagnies sont aussi incitées à privilégier les remboursements des clients plutôt que la distribution de coupons.
Une révision rendue nécessaire par l’utilisation accrue des technologies numériques et deux récents coups durs pour le secteur : la faillite du pionnier des voyagistes Thomas Cook en 2019 et la pandémie de COVID-19 l’année suivante. Arrivé au bout de son voyage parlementaire, le texte a été adopté presque à l’unanimité en plénière. Reste à la mettre en vigueur pour garantir plus de droits aux voyageurs.
Arnaud Fischer
par rapport aux prix volatiles de l’énergie”, a martelé Dan Jørgensen devant les eurodéputés. “Plus nous déployons l’énergie renouvelable, plus nous contribuons à une baisse du prix, et à l’indépendance énergétique.”
Un projet salué par les eurodéputés
Si l’extrême droite rejette le choix de l’éolien et de la transition vers les énergies renouvelables, le projet fait consensus à gauche comme à droite. Pour Renew (centre-droit) : “À chaque fois que l’on creuse une nouvelle turbine en mer du Nord, on est moins dépendant de Vladimir Poutine.” Du côté des Verts (écologistes), l’eurodéputé Michael Bloss insiste sur la proximité géographique : “La mer du Nord a du vent à revendre devant chez nous, c’est parfait.” L’absence de critique sur les atteintes à la biodiversité marine dans les débats n’empêche pas le Commissaire européen à l’Énergie de renvoyer la responsabilité aux États.
L’organisation non-gouvernementale avait appelé les parlementaires à se positionner contre ce rapport, sans succès. Dans un communiqué, elle a rappelé la réalité de la situation : “La crise du logement tue. Abandonner des êtres humains à la rue, c’est les condamner à une souffrance physique et morale intolérable, conduisant à une mort lente.” D’après la Fondation pour le Logement, près de 1,3 millions de personnes sont estimées sans domicile en Europe en 2025.
Un peu plus d’une semaine après le début de l’offensive américano-israélienne sur l’Iran, s’ouvre une session plénière du Parlement européen, imprégnée par l’embrasement du Moyen-Orient. Alors que le détroit d’Ormuz est fermé et que les prix à la pompe dépassent les 2€, les répercussions sur les consommateurs européens sont sur toutes les lèvres. L’agenda de la plénière est remodelé, dicté par la question de l’indépendance énergétique, plus que jamais d’actualité.
Mais à quoi bon ? Après une matinée de discussions sur la situation au Moyen-Orient, l’hémicycle s’est déchiré entre une gauche qui condamne les attaques de Donald Trump et une droite qui se réjouit de la chute du régime des Mollah. Le Parlement n’a pas réussi à être suffisamment uni pour imposer une position commune.
La fracture est bien visible dans l’hémicycle. La gauche et les écologistes peinent à rassembler et à constituer une opposition efficace. La droite en profite et fait alliance avec l’extrême droite pour condamner les violences de l’extrême gauche et durcir les conditions d’obtention du droit d’asile.
Surtout, l’institution tourne au ralenti. Malgré des débats qui s’éternisent : très peu de mesures législatives. Le Parlement donne des avis, émet des recommandations, et joue moins le rôle de législateur. La faute à un exécutif européen peu enclin à proposer de nouveaux textes, sauf pour détricoter le travail effectué pendant la précédente mandature. Plus encore, l’institution est fragilisée par une Kaja Kallas, Haute Représentante, absente des débats et de la scène internationale et une présidente de la Commission européenne omniprésente.
Thibault Schoepf