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Comme la future association de Quentin Lehmann, les Visières solidaires-67 sont tournées vers les territoires ruraux au moins autant que les villes. Pierrick Lang, un de ses initiateurs, est mécanicien à Betschdorf et a pu constater “qu’un seul maker, sur les 50 que compte le collectif, était rattaché à un Fablab. Le reste est réparti dans tout le département”. L’enjeu est d’étendre la culture maker à ces territoires, jusqu’ici restés à l’écart des Fablabs urbains.
Mais, même en ville, l’extension de la culture maker passe aussi par une démocratisation de la formation. “Pour pouvoir continuer dans cette lancée, il faut développer l’accessibilité, les Fablabs sont souvent trop tournés vers les professionnels alors qu’il faut commencer par les plus jeunes”, estime Farid Maniani. Cet enseignant dans un établissement régional d'enseignement adapté (EREA) à Illkirch-Graffenstaden préside Manipulse, l’un des Fablabs parmi la petite dizaine qui compose le groupe bas-rhinois Boucliers Fablab, également venu en aide aux soignants au plus fort de la crise sanitaire : “On a offert à deux jeunes une imprimante 3D il y a un an. Ils ont produit quelques valves pour l’Institut hospitalo-universitaire*** pendant la crise, c’est comme ça qu’on transmet la culture maker.”
Valentin Béchu
L’efficacité du système 3D
Bruno Metzger est un des membres des Makers 67 prêts à “poursuivre l’aventure”. Il faut dire qu’il y a passé le plus clair de son temps : “Je me levais sans savoir quel jour on était. J’étais absorbé par l'impression de visières de protection pour ceux qui en avaient besoin.” “Passionné de technique”, ce responsable adjoint du service technique du Vaisseau, centre de culture scientifique à Strasbourg, a pu, avec l’accord de sa direction, emprunter l’imprimante 3D servant à la démonstration. Il a ensuite commandé son propre matériel. À lui seul, il a réalisé plus de 2000 visières de protection.
Ces initiatives solidaires, qui ont permis à de nombreux professionnels (kinésithérapeutes, horticulteurs, dentistes, gendarmes, enseignants) de travailler en toute sécurité, ont pu déboucher sur de nouveaux projets. Ainsi, Bruno Metzger réfléchit à un partenariat avec la principale du collège Lezay-Marnésia, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, pour faire découvrir l'impression 3D aux élèves. Dans le même esprit, Quentin Lehmann a réalisé une vidéo de vulgarisation sur cette technologie pour le Vaisseau.
Problème : le retour dans son logement strasbourgeois approche et aucune solution n’a été trouvée pour l’entretien de ses plantes. Il espère pouvoir continuer à s’en occuper “les week-ends et pendant les vacances” et ajoute vouloir “emporter des pousses pour les replanter dans des pots, même si c’est compliqué de jardiner dans un 10m²”.
Des créations uniques
Depuis le confinement, Luna Tavernier, 18 ans, s’est même lancée dans la confection de vêtements de A à Z. “Je fais vraiment au feeling, je tente et je recommence. J’ai déjà créé une jupe à boutons et un haut dos nu en satin de toutes pièces mais sinon je coupe, je mets des pièces parfaitement à ma taille”, explique-t-elle. Elle est d’ailleurs propriétaire d’une friperie à Strasbourg, qu’elle a baptisée Le Grenier. Elle y vend des vêtements de seconde main, qu’elle reprise au besoin. “La fast fashion, on essaie d’oublier au maximum”, recommande-t-elle. Aussi appelée mode éphémère en français, cette expression anglo-saxonne désigne le renouvellement rapide des collections, pour pousser à racheter sans cesse des vêtements neufs. Le rejet grandissant de cette mode jetable a mené à l’ouverture de nombreuses friperies, ces dernières années, dans le Bas-Rhin.
Avoir des vêtements à sa taille et résister à la fast fashion, c’est aussi l’ambition d’Éloïse Perrin, une étudiante de Strasbourg. À 20 ans, elle a entièrement réalisé près d’une vingtaine de vêtements depuis le confinement. Depuis des semaines, elle se sert de “vieux tissus qui traînent”. En plus de redonner vie à d’anciennes tenues, la jeune femme ne néglige pas la qualité de son travail. “Je sais que les vêtements que j’ai créés sont bien faits car je me suis attardée sur des détails. Ça devrait me durer quelques années”, espère l’étudiante. Même si ses créations ne seront pas “la dernière pièce ultra tendance”, peu importe, ses vêtements ne ressemblent à aucun autre.
Eva Moysan
Léna Romanowicz
Le temps du confinement a permis à chacun une réflexion sur son mode de vie et sur le “monde d’après” que beaucoup veulent construire. Et la couture pourrait bien en faire partie.
Stéphanie, 40 ans, a peu de temps pour ses loisirs depuis le début de la crise sanitaire. Enseignante en maternelle à Strasbourg, elle doit jongler entre la garde de ses deux enfants et le télétravail. Ses moments off, elle a décidé de les consacrer à la réalisation de ses projets couture, dans le cadre d’une démarche zéro déchet. Lingettes démaquillantes, sac à tarte ou encore retouches sur des vêtements, l’enseignante a plein d’idées pour limiter ses déchets et les achats superflus. Léa, qui milite chez Zéro Déchet Strasbourg et au collectif Éthique sur l’étiquette l’assure : “Le zéro déchet a motivé pas mal de gens à coudre des choses simples comme des sacs de vrac.”
Pendant un mois, nous avons enquêté sur l’efficacité du programme Action cœur de ville, mis en place par l’État en 2018 pour revitaliser les centres des villes moyennes. Nous démontrons que les surfaces commerciales en périphérie ont continué à s’étendre dans 81% des communes bénéficiaires du dispositif parmi les plus touchées par la dévitalisation de leur centre-ville. Une contradiction dont les responsabilités incombent tour à tour aux élus locaux, à l’administration d’État et aux préfets.
De nouveaux adeptes
Matthieu Kieny fait partie de ceux qui ont décidé de plonger leurs mains dans le terreau pour la première fois. Avec sa femme, ils ont emménagé en septembre 2019 dans une maison avec jardin à Eckbolsheim. “Avant, nous vivions en appartement donc c’était compliqué. J’aurais pu essayer sur le balcon mais ça ne m’intéressait pas”, indique-t-il. Maintenant que la place n’est plus un problème pour lui, Matthieu a construit deux carrés potagers. “J’y ai planté des choses basiques, je voulais d’abord voir si j’avais la main verte. On a des tomates, des courgettes, des concombres, des radis et des poivrons. Ah, et aussi deux pommes de terre qui avaient commencé à germer au fond de mon placard”, précise le jeune homme, charmé par ce nouveau passe-temps. “C’est une activité qui détend. Suivre l’évolution de la plante, passer d’une simple graine à un légume, c’est super intéressant”, sourit-il.
Est-il vraiment si facile de monter un projet comme celui de l’école de musique de Sélestat ? Les témoignages de Mélanie et ses élèves ne font pas état de difficultés particulières, mais nous avons voulu le vérifier par nous-mêmes. Cinq étudiants du Cuej se sont donc portés volontaires pour enregistrer, chacun chez soi et avec les moyens du bord, une reprise de Stand By Me de Ben E. King. Chaque musicien n’ayant fait qu’une prise, les contraintes de synchronisation et de qualité du son se sont avérées fortes. Tous ont néanmoins pris plaisir à réaliser cette vidéo et espèrent que leurs lecteurs en auront autant à écouter leur “testé pour vous”. Avec Lola Breton au chant, Lucas Jacque au piano, Leïna Magne au violon, Nathan Bocard à la guitare, et l'incontournable Héloïse Décarre aux rythmiques.