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Avec le confinement, c’est tout notre être qui a été forcé au changement. Le corps, son chaînon le plus malléable, a été rudement éprouvé. Manque de sommeil, prise de poids, injonction à rester parfait... Les chairs ont ressenti que relaxation et dépense physique sont nécessaires à son bien-être.
Les mains, outil de l’ingéniosité et de la créativité, ont repris leur place au cœur des activités. Il aura fallu un enfermement prolongé pour rappeler combien elles étaient utiles. Musiciennes, cuisinières, couturières, joueuses : c’est sûr, elles sont bien plus qu’un refuge à l’ennui.
Avant la pandémie, l’esprit évoluait à toute vitesse : pas un instant de libre. Et puis, tout a changé. La claustration a bouleversé le cours de nos pensées en même temps qu’elle ouvrait une période propice à la réflexion. On a appris de nouvelles langues, on s’est cultivé dans son salon, on a songé à déménager à la campagne. Au fond, on a rêvé un retour à des valeurs plus essentielles.
Pendant un bref instant, les priorités des Bas-Rhinois ont changé. Chacun a pu toucher du doigt un mode de vie plus en adéquation avec lui-même. Et réaliser que les technologies, indispensables pour garder un lien, ne rivaliseront jamais avec le contact humain.
Héloïse Décarre
Dans le cimetière, une pierre tombale recense tous les concerts passés du duo. © Lucas Jacque
Dans le bar du hub, les visiteurs peuvent commander un verre virtuel tout en regardant le concert. © Lucas Jacque
En quasiment deux mois, les Makers 67 de Quentin Lehmann ont réussi à produire 13 000 visières. Avec le retour d'une offre industrielle et l’arrivée d’une réglementation restrictive (cf encadré), le groupe préfère arrêter cette production pour se concentrer sur de nouveaux objets comme les attaches pour masque. En bleu, vert fluo, ou pourpre, elles peuvent être commandées via la page Facebook du collectif. Conçues et fabriquées par des particuliers à l’aide de l'impression 3D, elles évitent les douleurs aux oreilles. Plus original, Quentin Lehmann propose un très pratique ouvre-porte amélioré nommé “Turgriffe”, qu’il présente dans une vidéo.
Il mûrit désormais un projet d'association qui rencontre un écho favorable dans le milieu. “Une trentaine de makers aimeraient y contribuer”, avance Quentin Lehmann, “Au moins 70 autres personnes ayant reçu des visières ou aidé à leur livraison veulent aussi s’engager.” A la différence des Fablabs* bas-rhinois, tous situés en milieu urbain, cette association proposerait aussi le don ou la vente d’objets à prix coûtant : “Si les gens utilisent ces objets fabriqués à l’aide de l’impression 3D, on fait rentrer ainsi cette technologie dans les foyers. C’est la première étape de sa démocratisation”, poursuit son fondateur.
* Apparu en 2005 sous la plume de Neil Dougherty, souvent considéré comme le père du mouvement, le mot “makers” vient de l’anglais “make”, qui signifie faire, fabriquer. Il désigne une personne qui conçoit et produit des objets - plutôt à l’aide des nouvelles technologies du numérique - en communauté.
** (Contraction de l'anglais fabrication laboratory), les Fablabs sont des lieux ouverts au public où sont mises à disposition des machines-outils, souvent numériques, pour la conception et la réalisation d’objets de toutes sortes. Ils peuvent être associatifs ou professionnels.
*** Situé tout près du CHU de Strasbourg, cet établissement est à la fois un lieu de soins, un centre de recherche et un centre de formation. Il est spécialisé dans le traitement des pathologies de l’appareil digestif et utilise la chirurgie guidée par l’image.