Vous êtes ici

Le module est validé, il peut être inséré dans un article pour être consulté par les internautes.

...

Ce dimanche, la JS Koenigshoffen reçoit Ludwigsbourg. Le week-end d'avant, c'était déplacement à Heidelberg. Une semaine ordinaire pour la section hockey de la JSK, qui évolue depuis une trentaine d'années dans le championnat d'Allemagne. Un cas quasi-unique en France*, motivé avant tout par des raisons logistiques.

Avec la disparition progressive de la plupart des autres clubs du Grand Est dans la seconde moitié du XXème siècle, les Strasbourgeois ont sorti leurs cartes Michelin. Constat rapide : mieux vaut faire deux heures de route pour aller à Stuttgart que cinq vers Paris ou Lyon. Avec deux fois plus de clubs et cinq fois plus de licenciés, l'Allemagne offre une densité et un niveau de compétition introuvables de ce côté du Rhin.

« On essaye de ramener les bonnes choses en France »

Dominatrice dans ses affrontements amicaux avec d'autres clubs français, la JSK a beaucoup plus de mal face à ses adversaires de IV. Verbandsliga, le dernier niveau de la hiérarchie allemande, avec trois défaites en trois matches joués cette saison. Les Strasbourgeois n'ont pas connu mieux que la dernière division depuis plus de dix ans, mais n'échangeraient pour rien au monde cette expérience allemande.

« Le niveau est meilleur qu'en France, c'est motivant, apprécie Pierre Rabu, le président de la JSK Hockey. Les installations sont de meilleure qualité, avec des terrains adaptés au hockey. » À Koenigshoffen, les hockeyeurs doivent partager le stade Paco-Matéo avec la section football et les jeunes du quartier, qui se jettent sur le terrain pour taper la balle dès les buts de hockey rangés.

Avec chaque année plusieurs étrangers dans son effectif, la JSK capitalise aussi sur cette image internationale. « C'est toujours enrichissant de discuter avec les membres des clubs étrangers, appuie Pierre Rabu. On essaye de ramener les bonnes choses en France. »

Relancer le championnat du Grand Est

Avec le retour de clubs dans l'Est de la France, le club de Koenigshoffen veut se placer en pionnier. Un ancien de la JSK a créé le deuxième club alsacien à Scherwiller, tandis que les dirigeants strasbourgeois resserrent les liens avec les autres clubs du Grand Est. Un championnat régional a été créé pour la saison en salle, en hiver. L'an dernier, la JSK y a remporté onze (larges) victoires en douze matches, confirmant l'importante différence de niveau entre les deux côtés du Rhin.

Avec la perspective des JO de Paris 2024, pour lesquels l'équipe de France sera qualifiée d'office, les dirigeants du hockey français vont mener une nouvelle politique de recrutement et de formation. Cette nouvelle donne passera aussi par l'Est, avec l'espoir de pouvoir y relancer un championnat compétitif.

Texte : Tom Vergez

Photos : Emilie Sizarols

*Les Dragons Catalans et le Toulouse Olympique participent au championnat anglais de rugby à XIII

Il y a un an, Pada, musicien de 32 ans, Vincent, luthier de 28 ans, et Tristan, 28 ans et éducateur socioculturel, ont décidé de créer une forge. Comme un rituel, les trois amis se retrouvent désormais une fois par semaine en moyenne, dans la cour de la Fabrique. En amateurs, ils fabriquent décapsuleurs, couteaux ou feuille de métal. Parfois, un professionnel vient leur donner des conseils. Parfois encore, d'autres apprentis forgerons se joignent à eux. Une fois la nuit tombée, ne restent plus que des ombres sur le mur éclairé par un brasero, et le fracas du métal qui prend forme.

Thibaut Chéreau et Emilie Sizarols

Jeudi, c’était jour d’élections à l’établissement régional d’enseignement adapté Henri Ebel à Illkirch. Toute la journée, les différentes classes se sont succédé dans les isoloirs installés pour l’occasion. L’objectif ? Élire des représentants au conseil des délégués à la vie lycéenne (CVL) et à la vie collégienne (CVC), des organes ayant pour but d’associer les élèves aux décisions de leur établissement.

« Cette année nous avons décidé d’implanter un CVC car nous sommes un établissement qui accueille des élèves de collège mais aussi de lycée. Jusqu’à aujourd’hui nous n’avions qu’un CVL pour les lycéens », détaille Monia Brassac, la directrice de l’établissement.

En début d’après-midi, des étudiants, déjà élus l’an passé pour un mandat de deux ans ou candidats, ont été conviés à une table ronde en compagnie, notamment, de Patrick Fender, conseiller municipal de la mairie d’Illkirch et de Lucie Pitiot, proviseur vie scolaire de l’académie de Strasbourg. Face à cette audience, les élèves en ont profité, timidement, pour détailler plusieurs projets, comme la réouverture d’un foyer bar ou la conception d’une joëlette, un fauteuil destiné aux personnes à mobilité réduite.

Nicolas Grellier

Phœbé Humbertjean et Mathilde Obert

Des élèves de l'école primaire Jean-Baptiste-Schwilgué apprennent à jouer du violon, du violoncelle et de l'alto dans le cadre du dispositif Démos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale). Ce projet porté par la Philharmonie de Paris permet de démocratiser l'apprentissage musical dans des quartiers populaires. Deuxième séance avec les instruments, ce jeudi 11 octobre.

Le son des violons, violoncelles et altos se mêle et s'échappe d'une des salles de classe de l'école primaire Jean-Baptiste-Schwilgué. À l'intérieur, une quinzaine d'élèves sont installés en cercle et tendent l'oreille. Sara Subiela et Karam Alzouhir, professeurs de musique, leur font répéter quelques notes. « Dans trois ans, ils seront 120 élèves strasbourgeois sur la scène de la Philharmonie de Paris », indique Christophe Rico, référent social. Accompagné des deux artistes, il encadre les cours de musique dans le cadre du dispositif Démos, qui vise à démocratiser l'apprentissage musical. Le concert de clôture rassemblera les 120 élèves de CE1 répartis dans huit écoles de la ville.

À l'élémentaire Schwilgué, les enfants s'entraînent trois heures et demie par semaine. Ce jeudi 11 octobre, ils manipulent leurs instruments pour la deuxième fois. La séance du jour est consacrée au Boléro de Ravel.

...

Le centre socioculturel du Port du Rhin organise une fois par mois un petit-déjeuner gratuit. Son but ? Favoriser le dialogue entre les habitants du quartier.

Il est 9h30. En ce vendredi d’octobre, pas un chat dans le quartier du Port du Rhin. Ou presque. Les rares passants descendent du tramway ou attendent le prochain. Au pied des logements sociaux, à quelques encablures du pont Beatus-Rhenanus, se trouve le centre socioculturel (CSC) Au-delà des ponts. Derrière la vitrine de l’établissement, un peu d’animation : des hommes et des femmes discutent autour d’un café. Depuis trois à quatre ans, le CSC organise un vendredi par mois un petit-déjeuner gratuit ouvert à tous les habitants du quartier. Familles, jeunes, retraités... les profils sont variés. 

C'est par et pour les résidents du quartier que ces petits-déjeuners ont vu le jour. Âgée d’une soixantaine d’années, Nicole, en blouse bleue à fleurs, s'affaire au buffet tout en discutant avec les participants. La bénévole prend sa tâche très au sérieux. De l'affichage à l'achat des viennoiseries et du café, cette dernière s'occupe de tout. À travers ces rendez-vous, au-delà de l'aspect économique, elle essaie de créer du lien entre les habitants du quartier. Chaque mois, ils sont près d'une trentaine à s'y rendre. Beaucoup viennent après 8h30, une fois les enfants déposés à l'école.

Si de nouveaux habitants se sont installés dans les bâtiments fraîchement construits près du jardin des Deux-Rives, l’interaction reste assez rare entre les derniers arrivés et les "historiques", davantage touchés par la précarité. Avec un taux de chômage de 70%, la cité Loucheur, où se situe le centre socioculturel, a été désignée Quartier Prioritaire de la Ville (QPV) par la mairie. De l’aveu d’une résidente, le Port du Rhin a longtemps été délaissé par la mairie. Pour lutter contre le chômage et l’enclavement du Port du Rhin, des projets de réaménagement urbain ont vu le jour ces dernières années. C’est le cas du projet des Deux-Rives qui, avec l’extension de la ligne D du tramway, relie le quartier au centre-ville de Strasbourg.

Employée au Bateau du Rhin, Christiane réside dans le quartier depuis 18 ans. Pour la première fois, elle se rend à un petit-déjeuner organisé par Au-delà des ponts.

Florian Bouhot et Lucie Duboua-Lorsch

 

 

 

Tous les quinze jours, Mathilde, coordinatrice de l’Association de Vrac Strasbourg Euro-Métropole, vient au Centre Sociocuturel du Neuhof. Au début du mois, elle vient prendre les commandes des habitants, qui se réunissent le jeudi entre 15h et 18h pour remplir leurs bons de commandes. Des moments de rencontres qui permettent aux habitués et aux nouveaux venus de discuter des produits, d'échanger des recettes ou même parfois de participer à l'atelier cuisine, également organisé par Vrac en coopération avec le CSC. 

La semaine qui précède la réception est toujours bien chargée. Accueil des fournisseurs, livraison des articles, déballage, organisation des produits : toute la gestion des produits est gérée par les bénévoles de l'association. A partir de 15h le jeudi, les articles sont exposés à l'espace Klebsau au Neuhof, qui fait partie des cinq quartiers desservis par l'association.

La clientèle varie : mères de famille, retraités, et même étudiants profitent du service. Souvent, ce sont les prix réduits des produits qui les attirent. La réduction des emballages fait aussi partie des avantages du service : les clients arrivent avec leurs propres contenants pour récuperer leur commande. Et exceptée l'obligation de commander en avance, le dispositif offre une réelle liberté. Ici, pas d'abonnement obligeant les clients à revenir régulièrement. 

Stefanie Ludwig et Juliette Mariage

 

Pages