Avec 7.200 cas détectés et 3.500 morts depuis le mois de mai 2026, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la 17ème crise épidémique d’Ebola en RDC est la plus meurtrière.
C’est le 15 mai dernier officiellement que l’épidémie d’Ebola s’est déclarée, dans la province d’Ituri, dans le Nord-Est du pays. Selon la Croix Rouge de la RDC, l’élément déclencheur serait le changement de cercueil d’un défunt de Mongbwalu, ville située à quelques encablures de Bunia, le chef-lieu de cette province, considérée comme l’épicentre de la propagation du virus.
Depuis le début de la crise, 3.475 personnes sont décédées de cette maladie infectieuse qui se manifeste par des maux de têtes, des diarrhées, de fortes fièvres et peut se terminer tragiquement par des hémorragies internes ou externes.

Les différents foyers du virus Ebola dans le nord-est de la RDC. Carte Webex
Un mort toutes les 30 minutes
Cette épidémie est à ce jour, « la plus rapide jamais enregistrée », a indiqué le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, le 17 août dernier.
Elle « tue une personne toutes les 30 minutes », avait-il alors alerté. En 2018, lors de la dernière épidémie de la fièvre hémorragique, en République Démocratique du Congo, il avait fallu attendre 235 jours pour atteindre les 1.000 cas détectés. En 2026, ce chiffre a été atteint en 40 jours à peine. Mais qu’est-ce qui explique la vitesse inédite à laquelle le virus s’est transmis ?
Graphique Webex
“Bundibugyo” : un variant pour lequel il n’existe pas de vaccin
Le virus Ebola possède trois souches connues : « Zaïre », « Soudan » et « Bundibugyo ». Cette dernière a été détectée pour la première fois en Ouganda en 2007. Il n’existe pas pour le moment de vaccins pour ce variant, d’où la létalité de la maladie. Pour la combattre et éviter toute transmission, il faut détecter les cas contacts en amont. Une organisation qui demande du temps, des hommes et des moyens.
Une situation politique fébrile et des infrastructures insuffisantes
L’épidémie sévit actuellement dans six provinces du nord et de l’est de la République démocratique du Congo : une partie de l’Ituri (nord-est), le Nord-Kivu et le Sud-Kivu (est), une partie de la Tshopo et du Haut-Uele (nord-est), ainsi que du Bas-Uele (nord). Dans ces zones, les infrastructures de santé sont déficitaires. « La situation est alarmante en raison de la complexité du contexte sécuritaire, de la forte densité démographique et de la grande mobilité de la population », a déclaré Thomas Paerisch, de l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières, au journal Die Zeit.
Dans l'est et le nord-est de la RDC, les conflits armés qui perdurent depuis des décennies compliquent également l'accès des secouristes. À cela s'ajoutent des restrictions au niveau du trafic frontalier et aérien. « Elles retardent de manière dramatique l’arrivée des fournitures médicales, de l’aide humanitaire et du personnel spécialisé », déclare Maximilian Gertler, médecin spécialiste des maladies tropicales à la Charité de Berlin, dans le journal Süddeutsche Zeitung.
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Dans une conférence de presse, donnée le mercredi 14 septembre 2026, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, s’est voulu rassurant. Selon lui, la propagation du virus semble avoir ralenti et deux essais cliniques pour des vaccins devraient « débuter dans les semaines à venir. »
Theresa Ludwig & Jeanne-Esther Eichenlaub
Edité par Ella Peyron