Les intérêts économiques au changement
Le deuxième scénario met l’accent sur l’économie circulaire et l’économie bio. La Commission considère qu’elles permettraient de créer 580 000 emplois tout en réduisant drastiquement les émissions de CO2. Le local est ainsi au coeur du processus, avec la production d’énergie renouvelable, et une production alimentaire durable sans agriculture intensive.
Le Parlement partage aussi cette vision d’opportunité économique. Tous les points de la résolution sont soigneusement justifiés économiquement. Par exemple, il estime que pour le secteur de la santé, la transition écologique diminuerait les décès prématurés causés par les particules fines, ce qui abaisserait les coûts de ces dommages à 200 milliards d’euros par an.
Cette lecture financière est partagée par l’ensemble du Parlement européen. Peter Liese, eurodéputé du PPE (chrétiens démocrates) assure qu’il est possible de « créer des emploi supplémentaire, et viser une croissance accrue en Europe. La transition écologique doit être une opportunité économique, et non une contrainte ».
Les Verts partagent cette lecture mais regrette qu’elle soit si tardive. « Si le climat était une banque, il aurait déjà été sauvé ! » lance l’eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (Les Verts/ALE) lors du débat dans l'hémicycle.
La résolution sur le changement climatique adoptée par les eurodéputés jeudi 14 mars envisage plusieurs stratégies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et respecter l’accord de Paris sur le climat.
Les Etats membres ont donc accepté dans un premier temps de mettre en commun les informations qu’ils possèdent sur les ressortissants extracommunautaires, au sein d'une plateforme baptisée ECRIS-TCN. La Commission souhaite à l'avenir étendre la centralisation des données aux citoyens de l’Union européenne. Pour ces derniers, le système actuel favorise la transmission automatique des informations d’un pays à l’autre. Mais il n'existe pas encore de plateforme commune au niveau européen. Pour l’instant, l’idée est rejetée par les Etats membres, qui tiennent à garder la mainmise sur la gestion des casiers judiciaires de leurs ressortissants.
Vers une harmonisation européenne
Mercredi 13 mars, le Parlement a également voté la réforme d’un autre dispositif de coopération en matière de sécurité : le Système européen d'identification des visas (SIV). Ce système permet l’échange d’informations entre les Etats membres sur les visas attribués dans l’espace Schengen. Il cherche à identifier les voyageurs qui pourraient représenter une menace pour la sécurité. « Avec le nouveau SIV, on va faciliter l’émission de visas, éviter le visa shopping, la fraude de visa et l’immigration illégale », déclare le rapporteur portugais Carlos Coelho (PPE, chrétiens démocrates).
Ces deux nouveaux projets s’inscrivent dans une dynamique de partage d’informations de plus en plus forte entre les Etats membres. Une multitude de fichiers existent déjà pour assurer la coopération policière : le SIS pour les personnes recherchées, Eurodac pour les demandeurs d’asile, le fichier de police européen d’Europol…
Un système doublement controversé
Ce partage croissant d'informations personnelles à l'échelle européenne ne fait pas l’unanimité. L’eurodéputé letton Anderjs Mamikins (S&D, sociaux démocrates) s’interroge sur le traitement de ces données par des entreprises extra-européennes : « La combinaison de ce système avec les autres représente un risque de transfert de données illicites et de fuite de données (…) Nous exposons des données sensibles à des risques colossaux ».
Le nouveau système d’échange d’informations sur les ressortissants des pays tiers suscite aussi la controverse parce qu’il est jugé discriminatoire par certains. La législation votée a en effet suivi l’avis de la Commission en incluant les ressortissants binationaux de l’Union européenne. Association d’experts internationaux sur l’immigration et la loi pénale, le comité Meijers s’est insurgé dans un communiqué de presse. Selon lui, le nouveau système « introduit pour la première fois dans la loi européenne une différence de traitement entre binationaux et simples ressortissants ».
Caroline Celle et Aicha Debouza