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Les débats sur les décharges du budget 2017 ont été l’occasion pour les eurodéputés d’interpeller la Commission européenne sur la situation du chef du gouvernement tchèque, Andrej Babiš.

« Est-ce que vous allez traiter la question des conflits d’intérêts qui touchent certains politiques au plus haut niveau ? » La question, posée par l’eurodéputé tchèque Tomáš Zdechovský (PPE, chrétiens-démocrates) au commissaire européen au Budget Günther Oettinger, vise directement son compatriote Andrej Babiš, Premier ministre de la République Tchèque. 

Mardi 26 mars, le Parlement a approuvé la gestion du budget 2017 de l’Union européenne. L’occasion pour les eurodéputés d’attirer l’attention sur de possibles conflits d’intérêts du chef du gouvernement tchèque. D’après une enquête menée par l’ONG anti-corruption Transparency, Andrej Babiš serait toujours le propriétaire effectif du conglomérat industriel et agroalimentaire Agrofert qu’il a créé en 1993. Or, ce groupe a touché en 2017 pas moins de 82 millions d'aides européennes par le biais des fonds structurels.

Et c’est là que le bât blesse. Car en mars 2017, afin de respecter une législation nationale sur les conflits d’intérêts, le Premier ministre tchèque a officiellement cédé la propriété de son entreprise. La loi empêche en effet que les entreprises détenues à au moins 25 % par un ministre en exercice, puissent briguer des commandes ou des subventions publiques. Pour le moment, la Commission a gelé les subventions à Agrofert et a lancé un audit. Günther Oettinger l’assure : « Si nous devons constater que les dispositions en vigueur n’ont pas été respectées, nous prendrons les mesures qui s'imposent. »

Nathan Ramaherison

Le changement d'heure en Europe

1916 → Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France sont les premiers pays européens à instaurer un passage à l’heure d’été dans le but de faire des économies de charbon (mesure abandonnée en 1945).

1976 → Retour des changements d'heures saisonniers en France et dans plusieurs pays d'Europe, pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel, trois ans après le choc pétrolier.

2001 → La période de l'heure d'été est harmonisée dans toute l'Union européenne. 

2019 → Le Parlement européen adopte une proposition de directive préconisant la suppression des changements d'heures saisonniers pour 2021.

Les députés européens ont approuvé, mardi 26 mars, la fin des changements d'heure saisonniers dans les États membres à partir de 2021.

À l'heure du Brexit, la question des changements d'heures peut paraître accessoire en Europe. Le sujet semble pourtant intéresser les citoyens européens. 4,6 millions d'entre eux ont ainsi pris part à la consultation lancée l'été dernier par la Commission européenne sur le sujet, et 84% se sont déclarés favorables à la suppression du système. Mardi 26 mars, le Parlement a adopté à une large majorité une proposition allant dans ce sens.

« Est-ce vraiment urgent franchement ?», se demande l'eurodéputé nord-irlandais James Nicholson (CRE, souverainistes), un des rares opposants au projet. Le doute est partagé par son homologue français Renaud Muselier (PPE, chrétiens démocrates) qui critique une décision « absurde ». Bien qu'il soit favorable à la suppression du changement d'heure, il ne voit pas d'un bon œil la liberté laissée aux États de choisir entre l'heure hivernale et l'heure estivale. « On va vers une usine à gaz », alerte-t-il.

Si conformément à l'avis de la Commission européenne, les eurodéputés ont laissé aux États le soin de décider de l'heure à conserver, ils préconisent d'attendre 2021 pour éviter toute cacophonie. En effet, on imagine mal une Union européenne où un Alsacien aurait une heure de décalage avec un Allemand...

Les partisans de la fin des changements d'heures évoquent les risques sanitaires de ce système. « La liste des effets négatifs potentiels est longue », selon l'eurodéputé polonais Bolesław Piecha (CRE, souverainistes), parmi lesquels : un sommeil abîmé et une fatigue aggravée. De plus, les économies d'énergie mises en avant lors de la mise en place de ce système seraient aujourd'hui caduques.

En attendant 2021, Il faudra donc encore régler nos pendules quelques fois, et on s'y remet d'ailleurs... dès ce dimanche !

Jonathan Trullard

Vers la suppression du changement d'heure en 2021

27 mars 2019

Vers la suppression du changement d'heure en 2021

Les députés européens ont approuvé, mardi 26 mars, la suppression des changements d'heure saisonniers dans les États membres à partir de 2021.

La session du 25 au 28 mars 2019 au jour le jour

25 mars 2019

Les Verts approuvent cette lecture mais regrettent qu’elle soit si tardive. « Si le climat était une banque, il aurait déjà été sauvé ! » a ainsi lancé l’eurodéputé néerlandais Bas Eickhout (Les Verts/ALE) lors du débat dans l'hémicycle.

Des échéances capitales 

Le Parlement européen réclame également des financements accrus pour impulser une véritable dynamique de changement. Il appelle à la création d’un fonds pour la transition équitable, et demande à la BCE d’augmenter les prêts accordés au développement durable et à la transition écologique.

Pour l’instant ce ne sont que des mots. C’est ce que reproche aux responsables politiques les jeunes pour le climat. « Nous ne voulons pas parler mais agir », affirme Oscar Oskaras, jeune militant lituanien. La résolution adoptée par les eurodéputés reste une invitation envers les dirigeants européens pour qu’ils revoient à la hausse leurs ambitions climatiques lors du sommet spécial de l’Union européenne qui se tiendra à Sibiu en mai 2019. Mais la perspective visée est encore plus grande: influencer le sommet des Nations unies sur le climat en septembre 2019.

Orane Delépine & Mickaël Duché

 

 

 

Les intérêts économiques au changement

Le deuxième scénario met l’accent sur l’économie circulaire et l’économie bio. La Commission considère qu’elles permettraient de créer 580 000 emplois tout en réduisant drastiquement les émissions de CO2. Le local est ainsi au coeur du processus, avec la production d’énergie renouvelable, et une production alimentaire durable sans agriculture intensive.

Le Parlement partage aussi cette vision d’opportunité économique. Tous les points de la résolution adoptée jeudi 14 mars sont ainsi soigneusement justifiés économiquement. Par exemple, les eurodéputés estiment que pour le seul secteur de la santé, la transition écologique diminuerait les décès prématurés causés par les particules fines, et ferait ainsi économiser près de 200 milliards d’euros par an aux sociétés européennes.

« Il est possible de créer des emploi supplémentaire, et de viser une croissance accrue en Europe. La transition écologique doit être une opportunité économique, et non une contrainte », assure Peter Liese, eurodéputé du PPE (chrétiens démocrates). 

 

Ce débat s’inscrit dans le cadre de discussions entre les institutions européennes sur les modalités de l'application de l’accord de Paris sur le climat de 2015. Les échanges de mercredi ont porté sur la récente communication de la Commission européenne qui détaille sa stratégie à l’horizon 2050 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le lendemain les députés ont adopté une résolution sur le changement climatique contenant leurs recommandations (369 pour, 116 contre, 40 abstentions).

Une résolution ambitieuse

« Les actions de ces jeunes européens doivent nous inciter à agir. Nous devons augmenter la part des énergies propres à 32% d'ici 2030. Mais surtout avoir des émissions nulles de gaz à effet de serre d'ici 2050 », martèle Miguel Arias Cañete, commissaire européen au climat. Il rappelle que les Etats membres ont déjà pris des engagements lors de l’accord de Paris mais estime « qu’il faut aller beaucoup plus loin ».

Pour cela, la Commission envisage deux scénarios. Le premier se fonde sur l'innovation technologique. Il s'agirait de réduire les émissions de gaz à effet de serre en favorisant le développement de nouvelles technologies "propres", par exemple en matière de production d'électricité ou de transport . « C’est totalement utopique, s’exclame l’eurodéputée Karima Delli (Les Verts/ALE). Le secteur des transports fait une résistance colossale à la transition. Et lorsque des avancées paraissent, elles sont à contre coeur ».

Ces objectifs ambitieux se heurtent également aux clivages entre les différents pays de l’Union européenne. Alors que la production d’électricité représente 75 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, le mix énergétique varie considérablement selon les Etats. Comme le souligne l’eurodéputée polonaise Jadwiga Wiśniewska (ECR, souverainiste) : « Dans mon pays, le mix énergétique est basé à 90 % sur le charbon, contre seulement 2% en France. »

De plus, les Etats membres ne semblent pas aller dans le bon sens. Selon les chiffres du rapport 2018 des Nations unies, ils se dirigeraient vers un net dépassement de la limite du réchauffement, fixé à 2 °C, pour tendre vers les 3,2 °C d’ici 2100.

« Qu’est-ce-qu’on veut ?... Vie et justice ! » Debout, bras levés et mains liées, les jeunes militants pour le climat scandent leur slogan du haut des tribunes de l’hémicycle du Parlement européen, mercredi 14 mars. Ils sont une soixantaine, âgées de 11 à 26 ans. Originaires de plus d’une vingtaine de pays d’Europe, ils viennent assister à un débat sur le changement climatique. A peine ont-ils fini leur démonstration qu’une eurodéputée ENL (extrême droite) leur rétorque de retourner à l'école.

 

 

 

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