Vous êtes ici
17/09/25
17:52

Dans la rue ou à la fac, Lucas continue la lutte

 

Une mobilisation sociale d’ampleur s’annonce le 18 septembre. A Strasbourg, ce militant à la FSE sera dans le cortège étudiant. Parallèlement il fait l’objet d’une procédure disciplinaire et pourrait être exclu de l’université pour une action militante contre un syndicat d’extrême droite. 

Lucas* a commencé à se syndiquer en 2023, après la mobilisation contre la réforme des retraites. ⓒ Titouan Catel--Darronat 

 

Lucas*, militant à la Fédération syndicale étudiante (FSE), vit une rentrée chargée. Demain, 18 septembre, il sera dans la rue, à l’occasion de la journée de grève lancée par l’intersyndicale. Assis dans un café situé à côté du campus central de l’université de Strasbourg (Unistra), il prend son temps pour trouver les bons mots, très souvent issus du jargon militant. “Faire tomber le projet impérialiste et capitaliste du gouvernement, ça se fait par les masses”, assure-t-il, déterminé à maintenir la pression sur le gouvernement. La semaine dernière, il était aussi dans le cortège “Bloquons tout”. 

“J’ai dû arrêter mes études pour les financer”

Pour lui, la présence des étudiants dans  la mobilisation est nécessaire “pour assurer des conditions d’études viables”, soutient-il. Les coupes successives dans le budget de l’enseignement supérieur rendent la vie étudiante de moins en moins supportable. Son coût a augmenté de 4,12% selon l’enquête annuelle de l’Unef diffusé en août dernier, dépassant les 1000 euros par mois : “A la rentrée, on a des étudiants qui n’ont toujours pas de logement ou pas de bourse. Les institutions ne remplissent plus leur mission de solidarité.” Alors, certains se tournent vers des boulots alimentaires : “Ça fatigue, ça fait louper des TD, et parfois ça fait arrêter les études. Il faut reprendre la main sur notre travail.” Lui-même en a fait les frais. Après une année de droit et trois de sociologie, cette année, il ne s’est pas réinscrit à l’université et travaille en restauration. “J’ai dû arrêter mes études pour les financer”, déplore-t-il.

Lucas s’est politisé tardivement. Avec ses parents, un journaliste “de gauche républicaine” et une monitrice d’auto-école “apolitique mais assez progressiste”, il ne parlait presque jamais politique. Son lycée de la campagne alsacienne, “plutôt petit et conservateur”, ne l'a pas non plus poussé dans cette voie. Ce sont plutôt les manifestations contre la réforme des retraites, au printemps 2023, qui sont ses premiers contacts avec le militantisme. L’engagement qu’il pratiquait était alors bien différent de celui qu’il pratique aujourd’hui : “J’étais seul, pas organisé. C’était compliqué de rejoindre une organisation dans un tel climat de tension.” L’été suivant, il travaille à l’usine pour financer ses études. Une expérience qui lui montre “la dureté et la pénibilité du travail” et le convainc définitivement de se syndiquer. 

Sous le coup d’une exclusion

De la détermination, il n’en manque pas. Et il en a besoin en ce moment : celui qui milite depuis deux ans à la FSE est visé par une procédure disciplinaire qui pourrait conduire à son exclusion de l’université. L’Unistra lui reproche, ainsi qu’à cinq autres étudiants, des “faits graves ayant troublé le fonctionnement normal de l’université” et “des menaces explicites de nature à créer un climat d’insécurité” durant des manifestation contre la présence de l’UNI, un syndicat étudiant d’extrême droite, sur le campus. Les six étudiants ont été convoqués le lundi 22 septembre devant une commission qui décidera leur sort. C’est pour cette raison qu’il souhaite rester anonyme. Il affirme toutefois que cette menace ne l’ébranle pas et ne veut pas entendre parler d’une potentielle sanction : “On ne veut pas partir sur le principe qu’on sera exclu, Avec notre avocate, on fait tout pour que les convocations n’aboutissent à rien.”  

Que ce soit pour sa situation personnelle ou sur l’avenir du mouvement social à l’échelle du pays, il se montre imperturbable et ne se détache pas de son jargon : “Cette répression montre qu’on est sur le bon chemin. Il faut avoir confiance en nos revendications et en nos camarades pour construire l’entraide et la solidarité. Peu importe l’issue, on continuera.”

Titouan Catel--Daronnat

Edité par Zoé Fraslin

*Nom d’emprunt

Imprimer la page

Fil info

11:57
Strasbourg

Deux motards de la gendarmerie ont été blessés dans un accident sur la M35, après avoir chuté sur une plaque d'hydrocarbures

08:30
Strasbourg

Le partenariat entre Sciences Po Strasbourg et l’université israélienne Reichman n'a pas été renouvelé

14:53
Strasbourg

Ursula von der Leyen a annoncé vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans son discours annuel au Parlement européen

17:48
Strasbourg

Après des violences sexuelles à l'école Schoepflin, le rectorat annonce le départ de l'enfant en cause et l'ouverture d'une enquête interne

16:54
Strasbourg

Eurométropole : face aux insécurités qui explosent dans les transports, la CTS relativise

16:40
Strasbourg

Avec 152 899 visiteurs, la fréquentation de la Foire européenne en hausse de près de 10%

10:10
Strasbourg

Le président d’une association de joueurs du jeu de piste de la Chouette d’Or, poursuivi pour diffamation, relaxé à Strasbourg

08:00
Strasbourg

Bouchons sur le pont de l'Europe : les contrôles à la frontière entre la France et l'Allemagne sont reconduits

21:00
Strasbourg

Le Racing Club repart de Croatie avec une victoire face à Riejka (2-1) en 8e de finale aller de Ligue Conférence

17:53
Strasbourg

Un dernier débat entre les candidats aux élections municipales strasbourgeoises se tiendra ce 11 mars à partir de 18h15 sur ICI Alsace TV