Vous êtes ici
19/02/14
17:06

Encadrer les stages : une loi de trop ?

La proposition de loi pour l'encadrement des stages, examinée mercredi 19 février à l'Assemblée nationale, vise à sanctionner des abus, difficiles à quantifier. Elle instaure des mesures protectrices des stagiaires qui pourraient décourager les employeurs.

"On est envahi de demandes de stage, j'en refuse 80 %." Frédéric Pintiau, gérant de l'agence de communication Anna à Mulhouse n'est pas le seul à tenir ce discours. Et les étudiants l'expérimentent régulièrement chaque année quand ils partent à la recherche d'un stage. Une étape utile dans leur cursus, car selon l'enquête annuelle de l'Association pour l'emploi des cadres (APEC) 20 % des diplômés obtiennent un emploi après une première expérience en entreprise.

La proposition de loi pour l'encadrement des stages examinée mercredi 19 février à l'Assemblée nationale est la 5e sur le sujet depuis 2006. Malgré une réglementation assez dense, les dérives sont, semble-il encore fréquentes, mais difficile à quantifier. "Les abus existent probablement, admet Virginie Muhr, présidente de l'Association national des directeurs des ressources humaines (ANDRH) en Alsace, mais j'interviens auprès de nombreuses PME et je ne constate pas ce phénomène."  Pour contrer les abus existants, la proposition de la député socialiste de Meurthe-et-Moselle, Chaynesse Khirouni, vise à instaurer des quotas de stagiaires pour des entreprises d'au moins 50 salariés.

Diverses mesures protectrices des jeunes sont également prévues comme donner 2,5 jours de congés par mois ou encadrer des horaires pour qu'ils ne dépassent pas quarante-huit heures hebdomadaires. "Je ne comprends pas l'intérêt de la loi", avoue M. Pintiau. "Ça va décourager des employeurs, et finalement les stagiaires sont lésés." "Il faut que les deux – le stagiaire et l'employeur - trouvent un avantage dans le stage, ce qui ne sera pas le cas s'il est trop cadré" ajoute Virginie Muhr. Les mesures proposées dans la loi sont pour la DRH le signe d'une évolution des mentalités. "Les jeunes stagiaires n'ont plus forcément envie de travailler 50 heures par semaine, ce qui est compréhensible."

Côté étudiant - les principaux concernés puisqu'ils sont 840 000 sur 1,2 million de stagiaires en France - l'UNEF, syndicat de gauche, est plutôt satisfait de la proposition de loi, et fait partie de ceux qui revendiquent des congés pour les stagiaires. A droite de l'échiquier politique, Sébastien Prod'homme, le président de l'UNI Strasbourg est plus sceptique sur l'intérêt de la législation. "Les abus de stage, c'est marginal, assure-t-il. Dans ma filière, en LEA (langues étrangères appliquées), les entreprises dans lesquelles les stages se sont mal passés sont black listées et le corps enseignant nous met en garde sur les stages qui ne correspondent pas à notre cursus." Pour lui, les congés n'ont pas lieu d'être pendant un temps "où on a besoin d'acquérir de l'expérience."

Claire Le Moine

Imprimer la page

Fil info

16:39
Alsace

Après plusieurs vols, la commune de Lampertheim (Bas-Rhin) restreint les horaires de son cimetière (DNA)

09:50
Alsace

Un préfet délégué du Bas-Rhin rejugé dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du MoDem

07:20
Alsace

Cernay : un ancien gendarme condamné pour des agressions sexuelles sur la fille de son ex (DNA)

17:35
Alsace

Un engin de chantier se renverse sur la D83 à Ichtratzheim, entre Sélestat et Strasbourg (Bas-Rhin)

12:35
Alsace

Envahi par les cyanobactéries, l'étang de Wiwersheim (Bas-Rhin) ferme pour une durée indéterminée

17:43
Alsace

La justice désavoue un habitant de Bergholtzzell qui réclamait l'arrêt de la fontaine municipale pendant la canicule

12:57
Alsace

Le groupe énergétique Arverne revendique un potentiel de 43 millions de tonnes de lithium dans la région

11:00
Alsace

Europapark élu meilleur parc de loisir au monde pour la 11e fois aux Golden Ticket Awards, aux Etats-Unis

15:08
Alsace

Des retards et suppressions de trains à prévoir entre Paris et Strasbourg suite à un accident dans l'Aisne

16:37
Alsace

L'homme suspecté d'avoir menacé de mort une candidate Insoumise à Strasbourg sera jugé le 31 mars