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En 2019, 7,3 millions de personnes ont regardé de l’esport sur différentes plateformes ou lors d’un événement selon Médiamétrie et France Esport. Les événements esportifs se multiplient sur le territoire français, dont une vingtaine durant le premier semestre 2020. Strasbourg n’échappe pas à cet engouement et s’impose avec le festival Start to Play installé depuis 2016. À l’initiative de l’association Ludus Event, il est le premier festival dédié aux jeux vidéos et à l’esport dans la capitale alsacienne. Ce rendez-vous annuel a rassemblé environ 4 000 visiteurs en 2019. "Il manquait quand même quelque chose pour créer une dynamique à l’année autour de l’esport, déclare Mathieu Bernhardt, responsable de Ludus Event. C’est pourquoi on a collaboré avec l’Esport Club Strasbourg pour créer un circuit esport sur plusieurs dates, le Strasbourg Esport Tour."
La montée en gamme de ce secteur de Strasbourg renforce son attractivité et, dans le même temps, fait grimper les cours de l’immobilier. Philippe Dierstein, agent chez Beausite Immobilier, tient un exemple éloquent : "J’ai vendu un bien en 2017 à 3100 euros/m². Après travaux, celui-ci a été revendu trois ans plus tard 3800euros/m². Montant des travaux exclu, cela fait une plus value de 10% en trois ans!" Sur les cinq dernières années, les prix du m² ont gonflé de 17%¹. Une hausse expliquée, en partie, par l’afflux de ménages aisés.
L’extension de la ligne F du tram accélère la transformation du quartier gare, dernier bastion populaire de la petite couronne.
Silence, ça pousse ! Rue du Faubourg-National, la voie engazonnée sera prête pour une mise en service de la nouvelle ligne du tramway programmée cet été. L’extension de la ligne F ralliera Koenigshoffen par le boulevard de Metz et la route des Romains. Une transformation d’ampleur pour le quartier gare : une station de tram supplémentaire, moins de places de parkings, plus d’arbres et d’espaces verts, des pistes cyclables. 42 millions d’euros d’investissements publics - sans compter les aménagements des places Sainte-Aurélie et de la Porte-Blanche en bordure du tracé - qui marquent une nouvelle étape de l’embourgeoisement du quartier gare.
De nouveaux lieux de jeu
À 31 ans, Quentin Naegelen n’est pas le premier à vouloir investir dans l’esport au sein de l’Eurométrople. Jordan Christmann, alias "FalkoPlay" et président de l’Esport Club Strasbourg, s’est lancé en 2018. Le club n’a pas de local mais les joueurs se rassemblent lors de tournois sous le même maillot. Samir Sebai, champion d’Alsace du jeu FIFA 20, est membre de l’Esport Club qui compte une cinquantaine de licenciés. Grâce à cette structure associative, il bénéficie de l’aide d’un coach et d’un planning d’entrainement. "On se sent mieux aidé et encouragé avec une équipe derrière soi", explique-t-il. Il va, lui aussi, se lancer dans le privé avec la création de l’Esport Gaming Arena qui doit s’installer au centre-ville de Strasbourg avant la fin de l’année. Cette dernière sera destinée aux joueurs pour le loisir. Il ne se voit pas comme un concurrent de Quentin Naegelen. "On travaillera ensemble en organisant des événements, son arène contre la mienne", assure Samir Sebai.
Il remporte le championnat du monde par équipe en tant qu’entraîneur de l’équipe internationale Begrip en 2008.
Avec l’Alsace Esport Arena, Quentin Naegelen propose aux équipes semi-pro de louer une salle d’entrainements : le Boot Camp, unique en son genre à Strasbourg. Six PC, une télévision écran plat et un tableau blanc leur permettront d’analyser leurs jeux pour s’améliorer. "J’avais envie de créer un club pour leur proposer les mêmes infrastructures qu’une équipe pro mais temporairement et selon leur besoin", explique-t-il. Cette salle pourra être louée et le reste de l’Arena sera accessible aux particuliers avec un tarif à l’heure ou un abonnement au mois.
Dégommer des adversaires virtuels, jouer en ligne : l’esport a la cote. Des passionnés créent des lieux spécialisés pour les amateurs de ce genre sportif numérique.
"Et voilà je suis mort !" Casques sur les oreilles et yeux rivés sur les écrans d’ordinateur, huit joueurs tentent d’être l’unique survivant de cette partie de jeu vidéo : Fortnite. Ils enchaînent les clics, les uns à côté des autres sur l’estrade de la nouvelle Alsace Esport Arena, 8 rue Lafayette, plaine des Bouchers à Strasbourg. Derrière eux, Quentin Naegelen, propriétaire de ce club privé, s’assure que les connexions fonctionnent avant l’ouverture. Prévue le 20 mars, elle a été reportée à la fin du confinement provoqué par l’épidémie de coronavirus.
Ancien champion du monde esportif, Quentin Naegelen baigne dans le jeu vidéo compétitif depuis son enfance. Il a 10 ans lorsqu’il découvre le jeu de tir Counter-Strike. C’est la révélation. "C’était la rencontre entre la compétition et le jeu vidéo. Il fallait travailler son jeu, ses réflexes et sa stratégie pour remporter une game", se souvient-il. Trois ans plus tard, il participe à sa première LAN (Local Area Network). Ces événements rassemblent des joueurs pour s’affronter en ligne. Pendant cinq ans il rejoint plusieurs équipes sans avoir l’opportunité de briller. Track Mania lui apporte la notoriété.