Ils étaient six hier soir, mais plus que cinq ce matin. À trois semaines du scrutin, Webex passe en revue les candidats à la primaire de l’espace “social-démocrate”.
Le weekend du 9 et 10 octobre, les sympathisants de la gauche “sociale-démocrate” devront débourser 15€ pour départager les cinq candidats en lice à l’élection présidentielle. Le casting a définitivement été validé ce mercredi par le comité d’organisation de la primaire. Philippe Brun, annoncé candidat hier soir, a finalement été suspendu, d’après des informations du Monde, “en raison d’accusations de violence”.
Alors que l’organisation de cette primaire a longtemps était incertaine, les représentants du Parti socialiste (PS), de Place publique et de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), ont finalement trouvé un terrain d’entente. Leur objectif ? S’unir pour éviter une dispersion des votes qui serait favorable à l’extrême-droite, mais aussi, donner voix à une gauche plus modérée que celle de la France insoumise (LFI), qui dépasse largement les autres dans les sondages.
Éducation, écologie, économie… Pour mieux discerner les nuances entre les idées de chacun, voici un tour d’horizon des cinq prétendants qui ont obtenu leurs parrainages.
Raphaël Glucksmann, déjà en campagne
“On va pas refaire la Nupes”... Et pourtant : l’eurodéputé de Place publique, qui refusait au départ toute idée de primaire, s’est finalement plié à l’idée d’affronter d’autres candidats. Deuxième personnalité de gauche dans les sondages derrière Jean-Luc Mélenchon, il vise très clairement l’Elysée. Il promet “un plan de sauvetage de l’école publique”. Soutenu par Yannick Jadot, il est également censé présenter un autre plan d’action concret pour “la révolution écologique”.
Olivier Faure a enfin obtenu sa primaire
Le premier secrétaire du Parti socialiste avait annoncé sa candidature au journal de 20 heures de TF1, le 30 août. Il a longtemps milité pour l’organisation de cette primaire, et souhaite même un rassemblement plus large avec par exemple Marine Tondelier et François Ruffin. Dans son programme, il met un point d’honneur à investir dans la transition écologique, et notamment de “suspendre le versement de dividendes pour toute entreprise qui ne s’engage pas dans sa transformation écologique”. Lui aussi se soucie de l’éducation. Une de ses promesses : un accompagnement pour chaque enfant en situation de handicap.
La revanche de Ségolène Royal
La candidate à l’élection présidentielle de 2007 tente de nouveau sa chance, 20 ans après. Seule femme de la compétition, l’ex-ministre de l’environnement répète qu’elle n’a “rien à prouver” à travers cette candidature. Elle avait protesté contre le tarif de 15€ réclamé aux électeurs, mais en vain. Son slogan ? “L’ordre juste.” En somme, une France “enfin apaisée”, sans mouvements sociaux. Des formulations pour l’instant vides de sens, étant donné qu’elle n’a pas encore présenté de mesures concrètes.
Jérôme Guedj, l’anti-Mélenchon
Figure du Parti socialiste, ce député de l'Essonne avait annoncé sa candidature à l’élection présidentielle en février dernier. Ancien proche de Jean-Luc Mélenchon, il se revendique désormais éloigné de ses idées, assimilant son soutien à la Palestine à une complaisance envers l’antisémitisme. Il défend plutôt “une gauche républicaine”. Déjà engagé à l’Assemblée nationale sur les questions de santé, il propose une “sécurité sociale intégrale”, qui aurait comme conséquence la fin des mutuelles.
Emmanuel Maurel, discret dissident du PS
Chef de file de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), cet ancien membre du Parti socialiste, aujourd’hui député, a plaidé pour cette primaire qui selon lui peut “permettre un débat devant les Français”. Il compte surtout s’engager pour un redressement économique de la France, et souhaite “un grand emprunt national” afin de relancer l’investissement productif. Son programme : les “3D”, pour “démondialisation, démarchandisation et démocratisation”. Sa formation politique revendique 2000 adhérents, ce qui fait de lui le moins favori dans la course.
Chacun défendra ses idées et son programme dans un premier débat télévisé “face aux Français”, qui aura lieu sur LCI le 23 septembre. À l’issue du scrutin, tous se sont engagés à soutenir le gagnant dans la course pour l’Elysée.
La question se posera ensuite d’une future alliance avec LFI, alors que des législatives devraient logiquement suivre le scrutin présidentiel. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj y sont radicalement opposés. Mais Olivier Faure, interrogé à ce propos sur BFMTV, a refusé d’exclure d’emblée des discussions, revendiquant même l’héritage de la Nupes en 2022 et du NFP en 2024.
Anaïs Coste et Enora Moreau