Selon Mediapart, un étudiant en journalisme de l’ESJ Paris, rachetée fin 2024 par plusieurs milliardaires, travaille en alternance pour la com’ du parti d’extrême droite.
Depuis un an, l’étudiant de cette école de journalisme privée filme les déplacements d’Éric Zemmour et Sarah Knafo pour alimenter les réseaux sociaux du parti d’extrême droite. Le jeune homme, dont le nom est anonymisé dans l’article de Mediapart, travaille avec l’équipe de communication de Reconquête. Il est pourtant censé suivre une formation de journalisme. Il fait partie de la première promotion de l’ESJ Paris (à ne pas confondre avec l’ESJ Lille, reconnue, elle, par la profession), une école achetée en 2024 par plusieurs milliardaires, dont Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, ou encore la famille Dassault.
À la frontière entre le journalisme et la politique
La pertinence de cette alternance interroge forcément sur les liens poreux entre les médias et les politiques, surtout à l’aube de l’élection présidentielle. “L’ESJ ne valide pas une alternance en fonction de l’orientation politique ou de la ligne éditoriale de la structure d’accueil. Elle la valide au regard de sa cohérence avec la formation et la montée en compétences professionnelles”, se justifie son directeur général, Emmanuel Ostian, auprès de Mediapart.
Reconquête n’a pas peur des paradoxes : pourtant défenseur d’une programme ultralibéral, le parti bénéficie d’aides de l’Etat pour rémunérer l’apprenti. La légalité du contrat questionne, car l’ESJ Paris est censée recevoir des financements pour former des journalistes, et non des communicants. Cet étudiant “ne pourra du reste pas être taxé d’être le plus radical de sa promotion”, ironise Mediapart, qui pointe d’autres étudiants en alternance au sein du groupe Bolloré.
Enora Moreau