1 Les conseils municipaux de toutes les villes peuvent décider d’octroyer une indemnité du maire inférieure à la grille de référence fixée par la loi. Les conseils municipaux des villes de 100 000 habitants peuvent la majorer de 40 %.
2 Les élections municipales de 2032 seront sûrement décalée à 2033, en raison des élections présidentielles et législatives prévues également cette année.
Selon la taille des communes, le renouvellement des élus ne s’observe pas de la même manière, notamment en fonction du genre. Dans les villes considérées par l’Insee comme « rurales non périurbaines », c'est-à-dire la catégorie la moins densément peuplée, 70 % des femmes élues - maires ou conseillères municipales - l'étaient pour la première fois, contre 51,5 % des hommes. Dans les communes les plus denses, l’écart s’affaiblit : 64 % des femmes et 58,5 % des hommes sont des nouveaux élus.
À lire aussi : « Il faut être bien accrochée » : la lente féminisation de la politique locale
En 2026, avec l’extension de la loi sur la parité en politique, toutes les communes, y compris celles de moins de 1 000 habitants, ont dû proposer des listes paritaires. Ainsi, on a vu arriver un grand nombre de conseillères municipales dans les plus petites communes.
Patrick Durand touche 2 000 euros nets d'indemnité par trimestre pour son poste de maire. Près de 650 euros par mois quand on touche un peu plus que le Smic (autour de 1 450 euros net), ce n’est pas négligeable. Mais il l’assure : « Je ne fais pas ça pour l’argent ». Il perd 8 à 10 jours de congés payés, pour assurer ses obligations d’édile, comme « les AG ou la sortie du club des anciens en décembre ». À l’usine, il est forcé de se mettre en indisponibilité « certains jours fériés, alors qu’ils sont hyper bien payés. Parce que le 8 mai, si je veux faire la cérémonie tranquillement, je ne peux pas travailler. Le 11 novembre, non plus. Je perds peut-être 200 euros de pouvoir d'achat juste pour ça. » Autre galère : la gestion des week-ends. « Quand je célèbre un mariage un samedi où je suis censé être à Laïta, je suis obligé de retravailler un autre samedi. » Bref, « on n'a pas d'avantages à être maire au niveau de l'usine ».
« La chance »
Pour autant, Patrick Durand ne cesse de répéter avoir « de la chance ». De la chance d’avoir un emploi du temps fixe qui lui permet de s’adapter : « À partir du moment où j'ai une date, je préviens mes chefs, et ils peuvent changer mon planning. Ça se fait assez facilement. Il y a d’autres usines où ça doit être très compliqué déjà de s'absenter une journée par-ci, par-là. » Pour le maire ouvrier, le rythme n’a jamais été trop dur à suivre au point qu’il ait l’envie d’arrêter. Ce qu’il redoute davantage, c’est d’avoir à constater un suicide ou à annoncer un décès à une famille du vilage : « Moi, j'ai eu des mariages, j'ai eu des baptêmes, j'ai eu des Pacs. Juste une fois, j’ai dû mettre des scellés sur un cercueil et constater que c’était le bon corps dedans. En six ans, j’ai de la chance. »
Jusqu’ici tout va bien, mais Patrick Durand n’a plus 20 ans : « Parfois, je fais des journées de 3h30 - 23h30, et le lendemain, il faut quand même se relever à 3h30. Quand on est jeune, on récupère vite, mais passé 50 ans, c'est de plus en plus dur. » Il vient de rempiler pour six ou sept ans2 de cette course au rythme effréné.
© Titouan Catel--Daronnat
Édité par Eva Lelièvre
1Marie Acabo, Sébastien Michon, Devenir des professionnel⸱les de la politique, une liste écologiste et citoyenne à la tête d’une ville, Du Croquant coll. Sociopo, 2025.
Malgré le fort renouvellement des conseillers et conseillères municipaux, leur profil-type évolue très peu. On compte toujours 31 % de cadres (ou de cadres retraités). Même chose pour les ouvriers, qui représentent encore un peu moins de 6 % des élus.
À lire aussi : À la tête de Landébia, un ouvrier plié en quatre
Bien que l’évolution soit minime, le pourcentage d’agriculteurs présents dans les mairies a baissé (5 % contre 8 % en 2020). Les néo-élus sont aussi légèrement plus jeunes. Ils ont en moyenne 50 ans, contre 57 ans pour les conseillers qui siégeaient déjà dans une mairie en 2020.
Pauline Moyer
Edité par Zoé Fraslin
© Titouan Catel--Daronnat