S’il est possible de se faire tatouer facilement en Thaïlande, la pratique du Sak Yant, elle, est plus encadrée. Seuls les maîtres tatoueurs laïcs, appelés Ajarn, et les moines formés peuvent réaliser l’acte.
C’est justement dans un temple que Naan (à droite) a réalisé le sien. « J’ai offert des fleurs en offrande au moine et en échange, il m’a tatoué. Ce tatouage doit m’apporter de la bonne fortune. Pour l’instant, ça a pas vraiment fonctionné, mais il n’est pas trop tard », plaisante le jeune homme, au volant de son tuk-tuk.
Des solutions qui coûtent des millions
Des ingénieurs mandatés par le gouvernement étudient des méga-projets pour sauver Bangkok de la montée des eaux causée par le réchauffement climatique. Un premier consiste à repousser le rivage, à la manière de ce qui a été fait aux Pays-Bas. Un autre prévoit de surélever les routes à Bangkok et de construire des vannes sur les fleuves et canaux pour empêcher les eaux de remonter depuis la mer. Une sorte de ligne de défense pour la capitale qui se ferait au prix des habitations situées dans les zones côtières. Le troisième projet, porté par le Parti pour les Thaïlandais (centre-droit), au pouvoir entre 2023 et 2025, consisterait à fermer le golfe de Thaïlande en construisant neuf îles artificielles à un kilomètre de la côte, reliées entre elles par des digues. « C’est ce qu’on appelle du techno-solutionnisme, juge le chercheur Thanawat Bremard. Plutôt que de faire de notre mieux pour prévenir les causes du réchauffement climatique ou de la subsidence, on cherche à corriger le problème par des infrastructures en dur et du béton. »
Camille Carvalho
Natnicha Kongmuang
Laura Perrusson
Lucie Porquet
Mais le Sak Yant n’est pas qu’un simple tatouage. C’est un rituel. Chaque séance commence par un entretien entre le maître tatoueur et le client. L'objectif : comprendre l’histoire personnelle du futur tatoué et établir des objectifs. À main levée, le dessin est ensuite tracé. Pas de calque, pas de modèle, juste de la magie et de l’adresse. Une fois les inscriptions tracées, le maître sort la longue tige de bambou ou d’acier avec laquelle il va piquer la peau. À la fin de ce processus, une prière bouddhiste est récitée afin d’activer les pouvoirs du tatouage, désormais ancré dans la peau.
« On ne peut pas leur faire confiance »
Wisanu Kengsamut estime surtout que c’est au gouvernement de trouver des solutions à l’affaissement et à la montée des eaux. Seulement, « la priorité est concentrée sur Bangkok elle-même et moins sur les provinces avoisinantes », analyse le chercheur Thanawat Bremard. La seule aide offerte aux locaux est une compensation financière en cas de destruction de leur maison par les inondations. Mais elle ne couvre que le coût des matériaux de construction. Elle peut aller jusqu’à 50 000 bahts (1 300 euros) selon le chef du village, mais cela dépend du coût total des dégâts matériels. Par exemple, pour sa dernière maison, Thong Yoo a reçu entre 1 000 à 2 000 bahts (25 à 50 euros).
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À 25 minutes au nord, au marché de l'embarcadère de Phra Samut Chedi en amont de l’estuaire du Chao Phraya, une méfiance s’est aussi installée envers les responsables politiques. « Des représentants du gouvernement sont venus nous voir après une inondation. Mais on ne peut pas leur faire confiance. En réalité, ils ne font rien pour les empêcher », accuse Ding. L’homme, âgé de 56 ans, vend des chaussures et des vêtements depuis dix ans sur le marché, avec son épouse Ann. Pour s’informer sur les crues, les quinquagénaires préfèrent consulter une page Facebook tenue par des membres de leur communauté.
Le couple s’est habitué à vivre avec l’eau une grande partie de l’année. D’octobre à décembre, elle monte en journée ; de juin à août, la nuit. Quand l’eau est si haute que les routes ne sont plus visibles, « on doit mettre nos marchandises en hauteur et rester chez nous », explique-t-il. Le manque à gagner pendant ces quelques heures de fermeture de la boutique est important. Durant ces périodes, le couple vit sur ses économies.
À l’est du Chao Phraya, dans la communauté de Mueang Ek Village, qui donne sur le golfe de Thaïlande, la lutte contre les éléments repose aussi sur l’entraide. Les habitants ont érigé une barrière anti-inondation en bordure des villages alentour. Paschamon Visiyakunanart, un responsable de cette communauté, souligne l’efficacité de cette solution faite maison. « L’année dernière, une crue a submergé trois villages voisins, mais grâce à notre barrage, nous avons été épargnés. »
Contacté, le Département des ressources en eaux souterraines n’a pas donné suite à nos sollicitations.
« On ne peut pas leur faire confiance »
Wisanu Kengsamut estime surtout que c’est au gouvernement de trouver des solutions à l’affaissement et à la montée des eaux. Seulement, « la priorité est concentrée sur Bangkok elle-même et moins sur les provinces avoisinantes », analyse le chercheur Thanawat Bremard. La seule aide offerte aux locaux est une compensation financière en cas de destruction de leur maison par les inondations. Mais elle ne couvre que le coût des matériaux de construction. Elle peut aller jusqu’à 50 000 bahts (1300 euros) selon le chef du village, mais cela dépend du coût total des dégâts matériels. Par exemple, pour sa dernière maison, Thong Yoo a reçu entre 1000 à 2000 bahts (25 à 50 euros).
À 25 minutes au nord de Ban Khun Samut Chin, en amont de l’estuaire du Chao Phraya, une méfiance s’est aussi installée envers les responsables politiques. «Des représentants du gouvernement sont venus nous voir après une inondation. Mais on ne peut pas leur faire confiance. En réalité, ils ne font rien pour les empêcher», accuse Ding. L’homme, âgé de 56 ans, vend des chaussures et des vêtements depuis dix ans sur le marché de l’embarcadère de Phra Samut Chedi, avec son épouse Ann. Pour s’informer sur les crues, les quinquagénaires préfèrent consulter une page Facebook tenue par des membres de leur communauté.
Le couple s’est habitué à vivre avec l’eau une grande partie de l’année. D’octobre à décembre, elle monte en journée ; de juin à août, la nuit. Quand l’eau est si haute que les routes ne sont plus visibles, « on doit mettre nos marchandises en hauteur et rester chez nous », explique-t-il. Le manque à gagner pendant ces quelques heures de fermeture de la boutique est important. Pendant ces périodes, le couple vit sur ses économies.
À l’est du Chao Phraya, dans la communauté de Mueang Ek Village, qui donne sur le golfe de Thaïlande, la lutte contre les éléments repose aussi sur l’entraide. Les habitants ont érigé une barrière anti-inondation en bordure des villages alentour. Paschamon Visiyakunanart, un responsable de cette communauté, souligne l’efficacité de cette solution faite maison. « L’année dernière, une crue a submergé trois villages voisins, mais grâce à notre barrage, nous avons été épargnés. »
Contacté, le Département des ressources en eaux souterraines n’a pas donné suite à nos sollicitations.