Comment limiter la pression financière des supermarchés sur les agriculteurs ? Le Parlement européen a adopté, mardi 12 mars, une directive contre 16 pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d’approvisionnement agro-alimentaire.
Si un kilo de cerises est négocié par une coopérative à 4,10 € au lieu de 4 €, les 10 centimes gagnés arriveront-ils automatiquement dans la poche des agriculteurs ? A cette question, Christophe Haas, exploitant et trésorier des jeunes agriculteurs du Bas-Rhin, répond sans hésiter : « S’il y a des retards de paiement du distributeur, le négociant peut utiliser cette différence pour lisser les coûts. » C’est pour mettre fin à ce type de procédés que le Parlement européen a adopté, mardi 12 mars, à une très large majorité (589 voix pour, 72 contre, 9 abstentions), une directive de lutte contre les pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Une adoption qui intervient après dix ans de débat et deux résolutions du Parlement européen. En décembre 2018, la Commission européenne, le Parlement et les ministres européens de l’agriculture sont enfin parvenus à un accord pour harmoniser les législations en vigueur dans les différents pays. « Nous avions besoin d’un acte européen, d’un socle minimal d’interdictions des pratiques commerciales déloyales », considère l'eurodéputé Paolo de Castro (S&D, sociaux démocrates). C’est désormais chose faite.
Comment limiter la pression financière des supermarchés sur les agriculteurs ? Le Parlement européen a adopté, mardi 12 mars, une directive contre 16 pratiques commerciales déloyales dans la chaîne d’approvisionnement agro-alimentaire.
La nouvelle présidente du parti conservateur allemand CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a remis en cause le siège du Parlement européen à Strasbourg. Entretien avec Anne Sander, eurodéputée française, membre des chrétiens démocrates du PPE et fervente défenseuse du siège alsacien.
En réponse à la lettre d’Emmanuel Macron sur l’Europe, Annegret Kramp-Karrenbauer a fait publier une tribune dans le quotidien allemand Die Welt, dénonçant « l'anachronisme » du siège strasbourgeois du Parlement. Comment avez-vous réagi ?
C’est une déception, car Annegret Kramp-Karrenbauer est très engagée dans l’amitié franco-allemande. Pour moi qui suis Alsacienne, le siège a tout son sens à Strasbourg. C’est d’abord symbolique, puisqu’il représente la réconciliation franco-allemande. Je pense qu’il faut aussi se projeter dans l’avenir, car les citoyens sont de plus en plus critiques vis-à-vis de l’Union européenne. Strasbourg, c’est une Europe proche du peuple. Et c’est le rayonnement de la France à l’international.
Les pro-Bruxelles avancent un argument économique. Le siège à Strasbourg coûte cher ?
C’est un mauvais argument. Plutôt que de déménager à Bruxelles, misons sur Strasbourg, optimisons l’infrastructure. On ne demande qu’à accueillir plus d’activités ! Que les députés se déplacent à Bruxelles ou à Strasbourg, le coût financier n’est pas tellement différent. En revanche, en numérisant davantage les documents, on pourrait réduire le coût environnemental lié aux déplacements réguliers.
Avez-vous l’impression que de nombreux députés défendent le siège bruxellois ?
Cela fait des années que l’on fait ce constat. Mais le siège du Parlement est inscrit dans des traités. Seuls les 28 chefs d’État et de gouvernement peuvent les changer, en votant à l’unanimité. Emmanuel Macron doit rester ferme et défendre le siège strasbourgeois.
Propos recueillis par Laurie Correia
Mayday ! Traits tirés, toute de noir vêtue, Theresa May n’arrive pas à larguer les amarres. La Première ministre britannique a sorti les rames au Parlement européen lundi 11 mars pour obtenir une modification de l’accord du Brexit, vite négociée mais jetée par-dessus bord dès le lendemain par Westminster. Deux semaines avant de prendre le large, le Royaume-Uni ne sait pas où mettre le cap. « Il faut que tu m'expliques un peu mieux comment te dire adieu » chantait Françoise Hardy. Oui, comment ?
Mayday ! Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a un coup de barre. « J'ai peu dormi cette nuit à cause de Madame May, mais suffisamment longtemps pour pouvoir rêver de Bratislava », annonce-t-il en préambule du discours du Premier ministre slovaque dans l’hémicycle.
Mayday ! Le Parlement navigue en eaux troubles. Quelle Europe pour demain ? Avec ou sans la Turquie ? A Bruxelles ou à Strasbourg ? Avec une gouvernance paritaire ? Quels outils pour contrer les intrusions numériques de pays tiers ? Quelles relations avec la Russie ? Comment gagner le bras de fer commercial qui se joue avec Trump ?
Mayday ! L’avenir du Vieux Continent divise au sein même du principal groupe politique européen. Le PPE (chrétiens démocrates) tangue au sujet de l’exclusion du parti Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Le 26 mai prochain, il reviendra aux électeurs de décider du cap à donner au navire Europe. Mais l’iceberg eurosceptique inquiète. N'en voit-on encore que la partie émergée ?
Maxime Glorieux
Aux vues de l’adoption du texte par une large majorité, 411 voix : « La Commission européenne doit maintenant initier le virage uniquement pour le commerce de la viande et des carcasses », selon Reineke Hameleers, directrice de l'Eurogroupe pour les animaux, un organisme de défense des animaux présents dans 25 pays de l’Union.
Maxime Arnoult et Loana Berbedj