Rodrigo Duterte, connu pour sa politique meurtrière visant à éliminer le trafic de drogue du pays, se présente pour la première fois en personne devant la Cour pénale internationale.
Pour la première fois, l'ex-président philipin Rodrigo Duterte comparaît en personne devant la Cour pénale internationale (CPI). L'homme d'État surnommé "le Punisher" par le journal le Times est poursuivi pour trois chefs d'accusation de crimes contre l'humanité. Plusieurs organisations de défense des droits humains l'accusent d'avoir commandité et participé aux meurtres de plusieurs dizaines de milliers d'hommes, pour la plupart pauvres, sans décision de justice et sans lien avéré avec le trafic de drogue que l'ex-président prétendait combattre.
Un mépris affiché pour les droits humains
L'ancien maire de Davao et président des Philippines entre 2016 et 2022 a affiché dès son élection sa volonté d'éliminer le trafic de drogue du pays coûte que coûte. Le lendemain de son investiture, il appelle la Nouvelle armée populaire, branche armée du Parti communiste phillipin, à désarmer et arrêter les barons de la drogue et les toxicomanes. Dans les jours qui suivent, il exhorte les citoyens philippins à assassiner toute personne en lien avec le trafic de drogue, sans aucune forme de procès. En août 2016, face aux accusations d'atteintes aux droits humains portées par ses opposants, il déclare : « Un crime contre l'humanité ? J'aimerais tout d'abord être franc avec vous. S'agit-il d'humains ? Comment définissez-vous un être humain ? »
L'audience du 16 septembre 2026 vise à organiser et clarifier les points de logistique. Rodrigo Duterte est emprisonné à la Haye depuis le 12 mars 2026 et son procès devrait débuter le 30 novembre 2026. Malgré les accusations à son encontre, l'ex-président philippin reste particulièrement populaire auprès de la population.
Salomé Cadon