Le sexagénaire embrasse la sphère conspirationniste, jusqu'à rêver d'un renversement du gouverment.
L'homme était inconnu du grand public, jusqu'à ce que son nom apparaisse en tant qu'instigateur présumé de l'enlèvement d'une petite fille dans les Vosges, Mia Montemaggi, en avril 2021. Rémy Daillet-Wiedmann comparait ce mardi, avec 14 autres prévenus, devant le tribunal correctionnel de Paris pour des projets de coup d'Etat et d'enlèvement d'enfant.
Rien ne prédestinait cet homme de soixante ans, originaire des Hauts-de-Seine, à embrasser une telle trajectoire. En 2007, il s'essaye en politique en rejoignant le Modem et devient responsable de la fédération de Haute-Garonne (Occitanie) un an plus tard. Exclu du parti en 2010, il commence sa dérive. D'abord en 2012, lorsqu'il crée un site destiné à la scolarisation des enfants à domicile, où l'on devine déjà sa tendance complotiste. Il explique par exemple que l'école serait un endroit dangereux, rempli de pédophile, et où se déroulerait "une guerre civile tuant plus que l'Occupation allemande". Puis en 2015, quand il s'embarque dans un nouveau projet : renverser le gouvernement.
Il devra attendre 2020 pour trouver son public. Notamment en octobre, grâce à un appel qu'il lance sur sa chaîne Youtube, qui compte plus de 30 000 abonnés. Ses vidéos, qui reprennent les théories conspirationnistes les plus virales, séduisent les Antivax, les complotistes et les militants antisystèmes d'extrême droite. Adepte des sorties racistes et antisémites, il soutient notamment le militant néonazi et négationniste Vincent Reynouard, et appelle au saccage des monuments mémoriels de la Seconde Guerre mondiale.
Pour le rétablissement du bagne, la suspension de l'impôt, de la 5G...
Sur son site internet baptisé "renversmeentdugouvernementfrançais.com", le mégalomane détaille les 81 mesures qu'il souhaiterait mettre en oeuvre après avoir pris le pouvoir par la force : entre autres, la "suspension de l'impôt ou tout autre prélèvement direct", le rétablissement du bagne, l'arrêt de toute installation du réseau 5G ou encore l'abolition des institutions de défense des droits humains comme la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme ou SOS racisme.
Depuis 2020, l'homme se montre proche de la mouvance conspirationniste d'extrême droite américaine QAnon et reprendra même dans certaines de ses communications sa devise : "Where we go one, we go all" ("Là où l'un de nous va, nous y allons tous").
Sa dernière vidéo, publiée en janvier 2025, invite d'autres figures du complotisme, Alain Soral, François Asselineau ou encore Florian Philippot, à une union pour renverser le système.
Anaïs Coste