Vous êtes ici
09/02/24
15:33

Revalorisation de la consultation en médecine généraliste : "Un simple rattrapage de l’inflation"

L’Assurance maladie s’est prononcée en faveur de la revalorisation des consultations de médecine générale à hauteur de 30 euros. Pour Fabienne Yvon, médecin généraliste du syndicat MG Loire-Atlantique, ce n’est pas suffisant.

Les négociations entre l'Assurance maladie et les syndicats de médecins doivent se poursuivre avant la signature d'une convention. © Unsplash+impulsq

La première tentative de convention entre l’Assurance maladie et les six syndicats de médecins généralistes avait échoué il y a un an. Jeudi 8 février, l'organisme s’est prononcé en faveur de la revalorisation de la consultation de médecine générale à 30 euros, contre 26,50 euros aujourd’hui. Elle évoque néanmoins des contreparties, notamment un renforcement des gardes de nuit, la possibilité pour certains médecins d’être rémunérés au forfait et non à l’acte, et la réduction du nombre de médicaments prescrits. Nous avons posé trois questions à Fabien Yvon, médecin généraliste, membre du syndicat MG en Loire-Atlantique.

Comment accueillez-vous cette annonce de l’Assurance maladie ?

C’est une bonne chose, mais pour l’instant nous n’avons pas plus d’informations. Le passage de la consultation à 30 €, c’est simplement un rattrapage de l’inflation depuis sept ans. Nos charges ont augmenté, comme celles de tout le monde. Mais la revalorisation ne suffit pas, ça ne change rien à nos conditions d’exercice et ne permet pas d’améliorer la prise en charge de nos patients complexes, notamment les plus âgés, car la revalorisation ne concerne que les consultations classiques.

Que pensez-vous des contreparties évoquées ?

Il y a certaines choses qui sont évidentes : améliorer notre qualité de soins et mieux adapter la prescription aux besoins. Pour ce qui est des gardes, 95 % du territoire français est déjà couvert par les médecins libéraux qui se portent volontaires pour les effectuer jusqu’à minuit. Les rendre obligatoires ne changerait pas grand-chose. De plus, nous ajouter des gardes en nuit profonde, c’est-à-dire de minuit à 8 h, me parait idiot. Soit c’est une urgence, et les patients peuvent aller au service d’urgence, soit cela peut attendre le matin. En tant que médecin libéral, si on travaille la nuit, il faut quand même être au cabinet à 8 h.

Comment réagissez-vous à la nomination du nouveau ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux ?

Le nouveau ministre a l’air d’être partisan de l’obligation des gardes et des gardes en nuit profonde. Sa nomination n’est pas un bon signal pour la médecine de ville. Il faut voir ce qu’il va proposer une fois que la négociation entre l’Assurance maladie et les syndicats va aboutir. Il faut donner envie aux jeunes de faire ce métier. S’il n’y a que des mesurettes dans la nouvelle convention, ça ne s’améliorera pas.

Propos recueillis par Clara Grouzis

Édité par Baptiste Huguet

Imprimer la page

Fil info

17:45
France

Lancement de la primaire du PS : Olivier Faure expose des propositions très à gauche (AFP)

17:40
France

Un jeune homme de 18 ans tué par balles à Toulouse, probable lien avec le trafic de drogue

16:35
France

Météo : les températures vont remonter la semaine prochaine, les 30 °C pourraient être atteints localement

16:00
France

Le député de l'Eure, Philippe Brun, a été exclu de la primaire du Parti socialiste, après des accusations de violence

14:10
France

Canicules : au moins 817 morts en excès du 27 juillet au 20 août, près de 8.000 depuis fin mai selon un bilan provisoire

14:03
France

Frontignan : le blocage de dépôt pétrolier par les pêcheurs en colère levé sans heurts

14:00
France

600 000 inscrits à la messe célébrée le 26 septembre par le pape à Paris : le diocèse élargit le périmètre d'accès

12:35
France

La patronne de la CGT Sophie Binet "en colère" sur la méthode de la Conférence Emploi Retraites et "inquiète" sur le fond

12:29
France

Macron demande la "totale mobilisation" du gouvernment sur les prix et l'approvisionnement en carburants

11:46
France

La justice allège le contrôle judiciaire de Patrick Bruel