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Sahide Kadri, habitant du quartier du Neuhof, ne veut pas faire de promesses à ce futur électeur. « Si on est élu, on ne changera pas le monde mais on pourra t’aiguiller, t’aider » , glisse-t-il. Younès n’a « jamais pensé » à participer à un scrutin mais, ce dimanche 15 mars, il se rendra dans son bureau de vote, affirme le jeune homme. « Ils nous ressemblent, ils savent ce qu’on vit, alors je vais voter pour eux ».
« Je vais voter pour la première fois »
Sahide, « Lili » et Ali se sont engagés pour la première fois en politique pour ces élections municipales. « J’ai rejoint Egalité active parce qu’il n’y avait aucun homme politique sur cette liste », témoigne Sahide Kadri. Ali Martin Lamri, lui, a voulu créer sa propre liste contre « l’exclusion démocratique », mais, faute de soutien, il a rejoint Patrick Arbogast. Déçus par les précédents élus, ces novices sont déterminés et tractent jusque tard dans la soirée.
Mais leurs discours ne font pas l’unanimité. « Il a vécu comme vous Patrick, il est de Hautepierre et il n’y a que des gens du quartier sur notre liste », lance Sahide Kadri à quatre amis adossés au mur d’un hall.
Pas convaincu, l’un d’entre eux lui répond : « Non, il n’a pas vécu comme nous, il n’est jamais venu nous voir. Je n’irai pas voter pour Patrick Arbogast. »
Sahide Kadri, habitant du quartier du Neuhof, ne veut pas faire de promesses à ce futur électeur. « Si on est élu, on ne changera pas le monde mais on pourra t’aiguiller, t’aider » , glisse-t-il. Younès n’a « jamais pensé » à participer à un scrutin mais, ce dimanche 15 mars, il se rendra dans son bureau de vote, affirme le jeune homme. « Ils nous ressemblent, ils savent ce qu’on vit, alors je vais voter pour eux ».
Un premier engagement politique
Sahide, « Lili » et Ali se sont engagés pour la première fois en politique pour ces élections municipales. « J’ai rejoint Egalité active parce qu’il n’y avait aucun homme politique sur cette liste », témoigne Sahide Kadri. Ali Martin Lamri, lui, a voulu créer sa propre liste contre « l’exclusion démocratique », mais, faute de soutien, il a rejoint Patrick Arbogast. Déçus par les précédents élus, ces novices sont déterminés et tractent jusque tard dans la soirée.
Mais leurs discours ne font pas l’unanimité. « Il a vécu comme vous Patrick, il est de Hautepierre et il n’y a que des gens du quartier sur notre liste », lance Sahide Kadri à quatre amis adossés au mur d’un hall. Pas convaincu, l’un d’entre eux lui répond : « Non, il n’a pas vécu comme nous, il n’est jamais venu nous voir. Je n’irai pas aller voter pour Patrick Arbogast. »
« Lili », elle, est coiffeuse. Elle a vu grandir ces jeunes. Certains sont pris dans un trafic de drogue mais elle entend les valoriser. « Rien que le fait de venir les voir et s’intéresser à eux, leur montrer qu’ils ont un pouvoir, c’est important », explique-t-elle. Dans la pénombre de la cage d’escalier, elle prend le temps d’indiquer le bureau de vote à Rémy*, tout juste majeur. « Moi je vais voter pour la première fois pour eux, parce qu’ils vont faire quelque chose pour nous », livre-t-il.
Peu importe le résultat, les colistiers considèrent qu’ils ont « déjà gagné ». Le mouvement citoyen créé par Patrick Arbogast compte bien poursuivre ses actions et se présenter aux élections départementales l’année prochaine.
* Le prénom a été modifié
Maxime Arnoult
Sur le site de la friche industrielle Fischer, un grand bâtiment de brique rouge subit les assauts des tractopelles. Les machines assourdissantes balancent des monceaux de gravats du haut des étages, à moitié démolis. Mais les murs porteurs, eux, resteront bien en place. Car l’immeuble doit être rénové pour accueillir un groupe scolaire en 2021. L’ancienne brasserie accueillera pas moins de 610 logements, des commerces et un espace vert. La malterie deviendra même un cinéma.
Fischer, Baltzinger, France Télécom, Caddie… la ville truffée de friches a aujourd’hui la réputation d’être envahie par les projets immobiliers. « Il y a du béton partout, chaque bâtiment qui se vend donne un immeuble ! », ironise Branko Kostovski, un Schilikois. Alors, en pleine campagne municipale, les candidats développent tous une rhétorique anti-béton. Christian Ball, des Républicains, a inscrit dans son programme la fin de « toute promotion immobilière », tandis que Hélène Hollederer, investie par LREM, refuse de « laisser construire des immeubles dans tous les espaces disponibles ».
La maire et les associations s'écharpent sur la bataille Fischer
À la tête de la mairie depuis deux ans, l’écologiste Danielle Dambach est sans doute celle qui porte le plus haut l’étendard anti-béton. L’actuelle maire affirme avoir freiné le projet immobilier de l’ancien site industriel Caddie, préservé le parc de l’Aar des constructions et baissé le nombre de logements sur le terrain Fischer.
Danielle Dambach a été élue dans un contexte de grande tension schilikoise autour de la bétonisation. En 2018, 15 membres du conseil municipal ont démissionné pour s’opposer à la politique intense du maire Jean-Marie Kutner, pour reconvertir les friches industrielles schilikoises en logements. Il prévoyait notamment d’installer trois tours de logements à la place de l’imprimerie Istra désaffectée, et 900 logements à Fischer.
Sous le mandat de Danielle Dambach, le volume de ce dernier site a été réduit à 610 logements. Ce n’est pourtant pas le résultat de l’action de la mairie, mais de l’association Col’ Schick, créée en 2015 pour lutter contre les constructions en pagaille dans la ville. « Danielle Dambach n’a rien fait, c’est nous qui avons tout négocié avec Cogedim (le promoteur immobilier) et c’est nous qui avons signé le protocole, clarifie la présidente de l’association, Louisa Kraus. Danielle Dambach a essayé de négocier à notre place mais elle n’avait pas les recours en justice que nous avions. »
Le premier adjoint à la mairie, Pierre Maciejewski, affirme cependant que Danielle Dambach et une partie de la majorité municipale y sont un peu pour quelque chose. Selon lui, leur ancienne association, Schilick Ecologie, a créé le collectif Entrée Sud, à l’origine de Col’Shick. « Schilick écologie a beaucoup financé la com’ de ce collectif, et ses recours juridiques, affirme-t-il. Donc, oui, c’est aussi notre réussite. »
Résultat : les « marcheurs » ne sont majoritaires dans aucune des listes soutenues ou investies par le parti d’Emmanuel Macron en Alsace. « Tous n’ont pas adhéré au mouvement », explique Stéphanie Villemin, investie à Colmar. De même pour la liste d’Alain Fontanel, où les macronistes sont moins nombreux que les personnalités politiques issues de la droite ou de la gauche. « On est ouvert à beaucoup de partis », soutient sa numéro 2 Laetitia Hornecker, qui se définit comme « apolitique ». A Schiltigheim, la candidate Hélène Hollederer précise que « les militants LREM sont minoritaires ». Et à Cernay, Christophe Meyer insiste : « Nous ne sommes pas en Marche. Il y a même pas mal 'd’anti en Marche’ dans la liste. »
En marche, mais pas trop
Lui a bâti sa carrière politique dans cette petite commune du Haut-Rhin, qui ne dépasse pas les 12 000 habitants : « Toujours sans étiquette. A chaque fois, on me le reprochait et m’associait à des partis ». Las, il s’inscrit en 2016 sur la plateforme web d’en Marche, intrigué par le mouvement qui entend « rapprocher tout le monde, de droite comme de gauche ».
Sans pour autant s’y engager, il obtient l’été dernier le soutien du parti pour sa candidature aux municipales. L’objectif, assure-t-il : qu’on l’identifie clairement comme centriste. « Mais ici, une affiliation politique est nulle et non avenue, c’est un vote de proximité. » Pourtant, il a formellement demandé ce soutien de LREM à la commission d’investiture. « C’est vrai que je suis fier d’être reconnu par Paris et par le gouvernement », admet le quinquagénaire. Partout, les candidats qui ont demandé le soutien y trouvent leur compte.
Pour porter son projet à Colmar, Stéphanie Villemin s’est battue pour l’investiture de LREM, qu’elle a obtenue aux dépens de son ancien collègue Tristan Dénéchaud - aujourd’hui- tête de liste MoDem. A Mulhouse, Lara Million assure que la maire sortante a elle aussi demandé le soutien du parti au gouvernement, sans succès. « Le fait de l’avoir obtenu pourra ouvrir des portes pour Mulhouse si je suis élue maire », s’enthousiasme-t-elle. De son côté, Hélène Hollederer (Schiltigheim) ne cache pas que l’étiquette LREM lui a apporté une certaine notoriété. « Cela m’a permis de participer à un débat sur France 3 ! », sourit-elle.
Ni réseau, ni GPS
Symbole d’un autre temps, une cabine téléphonique trône sous le portique de la mairie. « En 2010, Orange a voulu nous la retirer. Mais pour nous, c’était hors de question », se remémore le maire, Alain Furstenberger. Néanmoins, la commune est dotée du réseau de téléphonie fixe. « Mais s’il arrive quoique ce soit, on ne peut pas appeler les secours », explique l’élu. En effet, l’absence de réseau mobile peut devenir dangereuse pour ceux qui s’aventurent dans les 600 hectares de forêt qui attirent randonneurs et sportifs. « En 2014, deux touristes en VTT ont eu un accident dans la forêt. Impossible d’avoir du réseau, l’un des deux est descendu dans la vallée pour appeler les secours. Dix-huit camions de pompiers ont dû être mobilisés pour retrouver la victime faute d’émetteur. »
Si certains habitants le prennent avec philosophie, ce n’est pas le cas de leur maire. Alain Furstenberger fait de l’installation d’une antenne relais le fer de lance de sa campagne. Candidat à sa propre succession sans adversaire, il souhaite « poursuivre les efforts du premier mandat ». Car Rimbach a déjà eu des projets d’installation d’antenne. Le premier date de 2003 et n’a jamais abouti. « Alors que tout était financé par les opérateurs téléphoniques », regrette Alain Furstenberger.
Tous les jours, après leur travail, Sahide Kadri, Ilizett Desousa - dite « Lili » - et Ali Martin Lamri, partent à la rencontre des jeunes abstentionnistes dans les cages d’escalier. « Il faut aller les chercher là où ils sont », développe Ali Martin Lamri. Après trois semaines de campagne dans les Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV), cet éducateur pour les enfants en situation de handicap a gagné le surnom de « Ali voter ».
Lui est colistier d'Égalité active, une liste citoyenne menée par le candidat Patrick Arbogast (SE). Ce dernier, chef d’entreprise, a lancé sa campagne il y a six mois, pour porter la voix des « quartiers ». « Au départ c’était pour interpeller les autres candidats sur l’abstention et puis je me suis dit, pourquoi pas nous ? », explique-t-il.
Depuis, Patrick Arbogast a déposé sa liste et élaboré un programme plus global, en mettant l’accent sur la lutte contre la précarité et la participation des citoyens. « On a plus de crédibilité que les autres candidats, les colistiers sont implantés dans les quartiers et ne se sont jamais engagés en politique », avance-t-il. Des propositions proches de celles de Chantal Cutajar et sa liste citoyenne.
Tracter dans les cages d’escalier
Ce mardi soir, vêtus de leur veste violette - un rappel aux couleurs de la liste - les trois colistiers tentent de convaincre les habitants des cités HLM de Cronenbourg de voter - de préférence pour leur liste. Dans la cage d’escalier délabrée, Younès adhère. Agé de 28 ans, il est sans emploi : « Il nous faut de la formation, des jobs d’été. Une fois qu’on a un pied dans le travail, on peut y rester ». Lui voit les politiques comme « des voleurs ».
Pour monter à Rimbach-près-Guebwiller, suivre les panneaux. Pas de GPS, ici le réseau téléphonique se fait rare. Il est même quasi inexistant. Une habitante glisse : « Il y a un endroit à la sortie du village. Sur le côté de la route mais que pour les SMS, les appels ne passent pas. »
Niché dans une petite vallée à 600 mètres d'altitude, à une dizaine de kilomètres de Guebwiller, le village abrite 200 âmes. « En m’installant ici, je ne savais pas que ça existait encore en France des endroits sans couverture », raconte Florian, 30 ans, originaire de Mulhouse. Nouvel arrivant dans le village depuis un mois, il assure pourtant que le manque de réseau « ne l’a pas empêché de venir dans cette belle vallée ». Car Rimbach fait partie des trois communes du Haut-Rhin en zone blanche. Non en référence aux mottes de nuages blanches qui s'accrochent aux montagnes vosgiennes en hiver. Ici, les téléphones mobiles ne reçoivent rien.
Alors que l’avenue des Vosges et l’avenue du Rhin apparaissent en rouge ou orange, la route des Romains et la route de Schirmeck apparaissent plutôt en jaune. Cyril Pallares, ingénieur chez Atmo, conclut : « Madame Trautmann dit la vérité, même si c’est un peu moins le cas pour la route des Romains ou la route de Schirmeck. »
Hombeline du Parc (RN) : « Les chiffres de la préfecture nous indiquent qu’il y a plus de 110 fichés S pour radicalisation islamiste à Strasbourg. »
C’est une information pour partie erronée. Les seuls chiffres disponibles ont été publiés par le Parisien en décembre 2018, après les attentats du marché de Noël. Le quotidien a obtenu ces données auprès de la préfecture du Bas-Rhin.
Le journal évoque bien 110 personnes fichées S, mais précise que ces signalements concernent tout le spectre du terrorisme, et pas uniquement « la radicalisation islamiste », dont parle Hombeline du Parc.
À noter qu’à l’échelle du département, le nombre de personnes fichées S pour radicalisation est inférieur à la moyenne nationale : 13,2 pour 100 000 personnes, contre 15,6 en France.
Kevin Loquais (LFI) : Au stade de la Meinau, « l’augmentation des places, ce sont des places VIP ».
C’est exagéré. Le nouveau stade de la Meinau, dont la livraison est prévue pour 2025, pourra accueillir 32 500 spectateurs, contre 26 000 actuellement.
Parmi ces nouvelles places, une partie sera effectivement destinée aux VIP, réunies dans la tribune sud. La jauge passera de 1 400 places à 3 500 dans les « espaces à prestations », soit les loges et les salons. C’est environ un tiers du nombre de places supplémentaires.
Judith Barbe et Sarah Chopin
Les candidats aux municipales de Schiltigheim promettent tous de faire la chasse aux promoteurs immobiliers, dans la seconde ville la plus densément peuplée de l’Eurométropole. La maire sortante a pourtant autorisé la conversion de certains sites en zones habitables.