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S'adapter au confinement

À Strasbourg, le centre Flora Tristan, qui accueille en journée les femmes victimes de violences, a réduit les rendez-vous physiques. En raison du coronavirus, ce lieu géré par SOS Femmes Solidarité a suspendu ses permanences collectives. Thomas Foehrlé, directeur de SOS Femmes Solidarité Strasbourg, tente de rassurer : “Si une femme appelle, elle peut se rendre sur place. Il y a d’abord un pré-acte téléphonique et notre personnel s'adapte aux besoins de chacune d’entre elles. S’il faut la rencontrer, cela peut se faire.”

Parmi les solutions, il y a le 39 19, un numéro dédié aux  victimes de leur conjoint. Il est géré par la FNSF. Mais avec le confinement, le service a dû basculer en télétravail. La ligne a été suspendue, vendredi 20 mars, puis réactivée le 23 mars avec des horaires réduits du lundi au samedi de 9 heures à 19 heures. Une décision qui s’explique aussi par la baisse du nombre d’appels. “Le 39 19 reçoit 100 appels par jour contre 400 habituellement, affirme le secrétariat d’État chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, dans un communiqué du 19 mars. On observe la même chose dans les autres pays européens confinés.” Cela ne signifie pas que les violences conjugales s'amoindrissent. Au contraire, il est peut-être le signal d’une impossibilité des femmes de joindre le service.

219 000. C’est le nombre de femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint, en 2018 en France. Selon la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), 68% d’entre elles vivent avec leur partenaire violent. L’épidémie de coronavirus et les mesures de confinement annoncées par le président de la République, le 17 mars, n’arrangent rien. Une situation qui inquiète Yvette Palatino, fondatrice d’Allez les filles Alsace, une association de boxe féminine et de prévention contre les violences faites aux femmes. “J’ai tout de suite pensé à elles, explique la boxeuse. Plus ça dure, et plus c’est compliqué. Des fois, les femmes crient, essaient de se défendre, de prendre la fuite, mais là elles ne peuvent pas fuir”. Un constat partagé par Bonnie, membre du collectif NousToutes 67 : “Il y a un risque majeur que les violences psychologiques deviennent des violences physiques, puis que ces violences physiques deviennent des violences sexuelles à cause du confinement.” Le collectif a lancé une vaste campagne de prévention sur les réseaux sociaux, pour aider les victimes à s’en sortir.

Les étudiants de Presse écrite multimédia du Cuej, confinés et confiants, ont décidé de lancer en toute autonomie une newsletter. Mercure arrive dans les boîtes mails chaque jour à 18 heures.

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Jean-Marie Brom, Antoine Waechter et Alain Jund on vu naître le premier parti écologiste : les Verts. À l’heure où la question environnementale est récupérée par beaucoup de candidats aux municipales, les trois précurseurs racontent leur vision du mouvement. 

« Lili », elle, est coiffeuse. Elle a vu grandir ces jeunes. Certains sont pris dans un trafic de drogue mais elle entend les valoriser. « Rien que le fait de venir les voir et s’intéresser à eux, leur montrer qu’ils ont un pouvoir, c’est important », explique-t-elle. Dans la pénombre de la cage d’escalier, elle prend le temps d’indiquer le bureau de vote à Rémy*, tout juste majeur. « Moi je vais voter pour la première fois, pour eux, parce qu’ils vont faire quelque chose pour nous », livre-t-il. 

Peu importe le résultat, les colistiers considèrent qu’ils ont « déjà gagné ». Le mouvement citoyen créé par Patrick Arbogast compte bien poursuivre ses actions et se présenter aux élections départementales l’année prochaine. 

* Le prénom a été modifié
 

Maxime Arnoult

Ce qui n’empêche pas Maurer, son ancien rival, de garder un je-ne-sais-quoi de chafouin quand on l’interroge sur sa tête de liste. Tout juste concède-t-il à son camarade « une campagne très dynamique », avant d'ajouter : « Ce n’est pas un mystère, j’ai une certaine notoriété à la Meinau ; lorsque j’y vais avec Jean-Philippe Vetter, c’est un peu la même chose que lorsque que Mathieu Cahn allait à Hautepierre avec son colistier, Serge Oehler, bien plus connu dans ce quartier. » Un parallèle entre sa tête de liste et l’ex candidat du PS, l’ectoplasmique Mathieu Cahn, débranché de son investiture début février à la suite des révélations de Mediapart sur son passé de photographe érotique, et qui a dû laisser la place à sa seconde, Catherine Trautmann. 

Voitures brûlées et parkings

Pourtant, des gages à sa famille conservatrice, le candidat LR a eu à cœur d’en donner. À coups de tracts tapageurs sur les voitures brûlées du Nouvel-An, ou de grands projets de parkings souterrains sous la Grande-Île, Jean-Philippe Vetter n’a eu de cesse de déplacer le curseur vers la droite. Pour se rapprocher de l’électorat d’extrême droite ? Si la catastrophique candidate du RN, Hombeline du Parc, reste sous la barre des 10% au premier tour, la tête de liste LR disposerait certes d’une réserve de voix non négligeable pour le second tour. 

Veut-il plutôt monnayer à prix d’or une alliance avec Alain Fontanel pour le 22 mars ? Il y retrouverait certes ses anciens amis kellériens, mais également nombre de  transfuges du PS avec lesquels ses colistiers de droite n’ont pas pour habitude de casser la croûte. 

Lui ne souhaite pas s’exprimer sur d’éventuelles tractations. À quelques jours du premier tour, Jean-Philippe avait l'intention de renouveler sa « journée marathon » de juillet 2019 : pendant 24 heures, partager la vie de travailleurs strasbourgeois, du boulanger aux veilleurs de nuit en passant par les enseignants. Las, le stage de découverte, bienvenu pour ce professionnel de la politique, a dû être annulé pour cause d'allocution présidentielle. 

 

Nicolas Massol

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