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Elles sont onze. Onze listes qui s’affronteront, dimanche 15 mars, au premier tour des élections municipales à Strasbourg. Mais seules six étaient présentes mercredi sur le plateau d’Ici Alsace pour un ultime débat.
Leur point commun ? Toutes sont susceptibles de dépasser au premier tour les 10 % nécessaires pour se qualifier au second, d’après un sondage Ipsos, réalisé à un mois du scrutin (avec une marge d’erreur de 2 à 4 %).
Catherine Trautmann serait en tête pour le Parti socialiste (PS), avec 31% des intentions de vote, suivie par Jeanne Barseghian, la maire sortante encartée chez Les Écologistes, à 22%. Le Républicain Jean-Philippe Vetter la talonnerait à 19%, devant la candidate du Rassemblement national (RN) Virginie Joron, créditée de 11%. Florian Kobryn, lui, offrirait à la France insoumise (LFI) un score de 9% au premier tour, tandis que Pierre Jakubowicz, étiqueté Horizons, grappillerait 6% des suffrages.
Cuej.info vous propose de revenir sur les temps forts du débat.
La Présidente de la Commission sous les feux des critiques
Pendant que la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran s’étend à tout le Moyen-Orient, le droit international déchire le Parlement européen. La gauche condamne l’illégalité de l’intervention alors que la droite ignore délibérément la question, encouragée par le silence de la Commission européenne.
À droite : Vetter et Jakubowicz prêts au dialogue, le RN isolé
Dès les premières minutes, le spectre du second tour plane sur les candidat·es. La question des futures alliances se pose. À droite, Jean-Philippe Vetter exclut tout futur copinage avec « les extrêmes ». Il laisse ainsi la porte ouverte aux partis qu’il juge fréquentables pour rejoindre sa liste, probablement donc les socialistes, le centre droit et les écologistes.
Virginie Joron évite la question. « Ma liste est déjà une union des droites. Nous avons déjà essayé de l’élargir au maximum. » La nationaliste souhaite attendre les résultats du premier tour pour voir si, par miracle, un·e candidat·e désirerait finalement lui accorder son soutien.
Le militant d’Horizon, Pierre Jakubowicz, assure quant à lui vouloir « respecter cette élection en deux tours », et ne fermer « aucune porte de l’arc républicain » dimanche prochain.
À gauche : fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis
France insoumise, Parti socialiste, Écologistes… Ce premier tour offre l'embarras du choix aux électeurs et électrices de gauche. Entre le premier et le second tour, ces listes devront tenter de trouver des terrains d’entente si elles veulent maximiser leur nombre d’élu·es au Conseil.
Sur le papier, insoumis et écologistes n’excluent pas de s’allier au second tour. Florian Kobryn parle d’« un front antifasciste » pour « ne pas laisser les clefs de la ville à la droite ». Jeanne Barseghian, elle, reste plus prudente. La maire sortante se contente d’évoquer l’union des gauches déjà présente au sein de sa liste, « allant des partis de François Ruffin à Raphaël Glucksmann ». La candidate paraît vouloir esquiver à tout prix l’épineuse question d’un futur rapprochement avec le parti de Jean-Luc Mélenchon.
Quoi qu’il en soit, une coalition n’est pas à l’agenda du Parti socialiste. D’ailleurs, pourquoi le serait-elle quand les sondages placent Catherine Trautmann en tête au premier tour ?
Une chose reste sûre, LFI ne veut pas du PS. Florian Kobryn accuse la candidate septuagénaire et son parti de s’être « droitisés ». Il en veut pour preuve les saillies islamophobes subies par une Strasbourgeoise de la part d'une candidate de la liste Trautmann. L’avis semble partagé par la maire sortante qui n’a de cesse de désigner la droite strasbourgeoise comme les « comparses » de Catherine Trautmann.
Si l’on se fie aux intentions de vote, plus de 60 % des électeurs et électrices s’exprimeront dimanche en faveur d’une liste de gauche. En fonction des résultats, ces derniers et ces dernières influenceront le rapport de force lors des négociations prochaines.
Mercredi 11 mars, les six têtes de liste les plus susceptibles d’accéder au second tour des élections municipales dans la capitale alsacienne ont débattu sur Ici Alsace. Alliances partisanes, mobilité, insécurité… Voici ce que l’on retient de l’échange.
Alors que le premier tour des élections municipales doit se tenir dimanche 15 mars, les principales forces de gauche strasbourgeoises partent divisées. Si les écologistes bénéficient du soutien d’une partie de la gauche, les insoumis et les socialistes mènent toujours leur propre liste. Une situation qui pourrait évoluer au second tour.
Anouk Seveno
Édité par Arthur Besnard
Chez LFI, la crainte de « trahisons » en cas d’alliance
Les relations sont par ailleurs tendues entre les deux partis depuis la mort de Quentin Deranque et les derniers propos de Jean-Luc Mélenchon sur Jeffrey Epstein. Sur ce dernier point, le PS avait condamné « les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » du leader insoumis. Une division nationale qui se ressent aussi à l’échelle strasbourgeoise. Le 9 mars, Florian Kobryn a appelé à constituer une « union antifasciste » réunissant toute la gauche, à l’exception du PS. Il a explicitement tendu une main vers les Écologistes. Chez les militants et les colistiers LFI, cette perspective divise. Antoine s’est rendu au meeting organisé mardi 10 mars dans un bar strasbourgeois : « C’est une très bonne idée de faire des compromis. » Mais le trentenaire s’inquiète, « quand on voit ce qui s’est passé avec le NFP [le Nouveau front populaire désigne l’alliance entre les principales forces de gauche pour les élections législatives de 2024], avec les coups bas et les trahisons. » À côté de lui, Lou, 29 ans, argumente : « La démocratie, c’est justement faire des compromis et parler avec tout le monde. Il faut savoir travailler ensemble. »
Pour l’instant, la maire sortante a refusé d’évoquer publiquement sa stratégie pour le second tour. La proposition d’union formulée en dernière minute par les insoumis reste donc en suspens, et lors d’une réunion publique organisée le 10 mars, Jeanne Barseghian a déclaré à ce sujet : « Je trouve que ça démontre une certaine fébrilité de leur part. Personnellement, je suis mal à l’aise avec les propos de Mélenchon de ces derniers jours donc c’est difficile de se positionner. Pour l’instant, je mène une campagne de premier tour. » En attendant, la liste écologiste est déjà soutenue par le PCF, Génération.s, L’Après, Debout ! et Génération écologie.
Des socialistes pour Barseghian
Il y a quelques semaines, la maire a même été rejointe par les Socialistes avec Jeanne Barseghian (Saje). Un apport de quatre encartés PS déçus de Catherine Trautmann qui ne devrait pas changer l’issue du vote, mais qui représente un contrecoup symbolique pour la socialiste. Ils ont d’ailleurs payé sévèrement leur crime de lèse-majesté puisque les quatre militants ont été exclus du parti « à effet immédiat ». Coline Trautmann (sans lien de parenté avec la tête de liste septuagénaire), l’une des militantes concernées par la sanction, a du mal à comprendre cette décision : « Moi je me sens socialiste, j’ai l’impression de respecter la ligne d’Olivier Faure d’union de la gauche. » Elle pointe aussi du doigt l’incohérence de la situation, donnant l’exemple de Schiltigheim où « d’autres socialistes sont sur une autre liste que celle du PS, mais ils n’ont pas reçu de mail. » Et explique avoir rejoint Jeanne Barseghian pour « trouver des gens motivés pour tracter et coller des affiches », un dynamisme moins présent chez les socialistes où on ne lui a « pas proposé d’action depuis le Covid ».
Si les tensions sont aussi fortes autour de l’union de la gauche à Strasbourg, c’est que pour l’instant, les deux listes en tête dans les sondages sont celles de Trautmann et de Barseghian, devant le candidat LR Jean-Philippe Vetter et loin devant les listes de Pierre Jakubowicz (Horizons) et de Virginie Joron (Rassemblement national). Le duel du second tour se jouera donc certainement entre les socialistes et les écologistes, et une alliance de la majorité avec LFI pourrait permettre à la maire sortante de récupérer les dix points de pourcentage qui la séparent de sa rivale dans les sondages. Affaire à suivre dès le dimanche 15 mars, date du premier tour des élections municipales.
Gaïa Herbelin
Édité par Quentin Baraja