Vous êtes ici
13/03/26
14:23

Relance du nucléaire en France : comment votre épargne va financer la construction de nouveaux réacteurs

Deux jours après le sommet sur l’énergie nucléaire, l’Élysée a annoncé, à l’issue du Conseil de politique nucléaire du 12 mars, que 60 % du coût global du programme EPR2 sera financé en partie par le Livret A.

 

La Centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime, visitée jeudi 12 mars par Emmanuel Macron. Le site doit accueillir deux des futurs réacteurs du programme EPR2. ©Wikicommons

Renforcer la souveraineté énergétique de la France est plus que jamais un enjeu dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques causées par la guerre au Moyen-Orient. Lors du sommet sur l’énergie nucléaire à Paris le 10 mars, Emmanuel Macron appelait « chaque acteur public et privé à prendre sa part pour continuer de mobiliser les investissements » en faveur de cette énergie. 

À lire aussi : « Le plein complet, ce ne serait pas raisonnable » : à la pompe, le prix du carburant continue son envolée 

Deux jours plus tard, à l'issue du Conseil de politique nucléaire, l’Elysée montre l’exemple. Dans un communiqué, la présidence indique que « le prêt bonifié de l'Etat accordé au programme EPR2 pour 60% du montant total du programme sera financé par le fonds d'épargne de la Caisse des dépôts ». Cela signifie que le Livret A financera en partie ce « chantier du siècle » dixit Emmanuel Macron, qui vise à construire six nouveaux réacteurs, à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Hauts-De-France) et Bugey (Ain).

Le Livret A, un financement indirect mais concret

Contrairement à un compte courant, l’argent placé sur les livrets réglementés ne reste pas inactif. Une grande partie est centralisée dans le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, qui regroupe 59,5 % de l’épargne déposée sur les Livrets A, les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) et les Livrets d’épargne populaire (LEP). Au total, l’enveloppe représente environ 400 milliards d’euros. 

Cette épargne est ensuite utilisée, sous forme de prêt à long terme, pour financer des projets d’intérêt général, tout en offrant aux épargnants un placement sécurisé dont les taux sont révisés en janvier et en juillet, disponible à tout moment et exonéré d’impôts. Une moitié est dédiée à des prêts pour le logement social et la politique de la ville. L'autre moitié est investie dans des titres de dette et dans des actions de sociétés cotées. Par ailleurs, ce mécanisme permet à l’Etat de mobiliser des montants importants sans avoir à l'inscrire dans le budget de l’État.

« Grâce au mécanisme du Fonds d’épargne, la Caisse des Dépôts met une fois de plus l’épargne des Français à leur service et à celui des générations futures » se réjouit Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts, dans un communiqué de la Banque des Territoires. 

380 à 650 milliards d’investissements pour le nucléaire

Le Conseil de politique nucléaire a par ailleurs précisé qu’EDF « s’est engagé à tenir la cible de coûts de construction à hauteur de 72,8 milliards d’euros [selon la valeur de la devise en 2020] ». Toutefois, selon une analyse de Greenpeace France, le coût total de la relance nucléaire, incluant la prolongation du parc existant et le retraitement des combustibles, pourrait se situer « entre 380 et 650 milliards d’euros d’ici 2050 ». Des « coûts vertigineux », affirme Florence de Bonnafos, chargée de mission Économies et Finances pour Greenpeace France. « Les expériences récentes de construction d’EPR nous montrent que le secteur est incapable de maîtriser ses coûts. Pourtant, le gouvernement peut décider de la construction de six voire 14 EPR2 sans chiffrage fiable ni du coût ni du financement de ce projet, alors qu’il est prévu d’avoir massivement recours à l’argent public, c’est-à-dire celui des contribuables… ».

La décision finale d’investissement, étape clé pour lancer officiellement les travaux, devrait être prise par EDF avant la fin de l’année 2026, pour une première mise en service prévue d’ici 2038, selon la présidence. Greenpeace France appelle cependant « à repousser cette décision à après l’élection présidentielle de 2027 pour qu’un réel débat puisse avoir lieu sur sa faisabilité industrielle, sa pertinence et ses impacts sur l’économie et sur la transition énergétique, environnementale et sociale ».

 

Camille Carvalho

Edité par Anouk Seveno 

 

Imprimer la page

Fil info

16:06
France

Carburants : l'aide gouvermentale "aux gros rouleurs" ne s'arrêtera pas au 30 septembre, rassure le ministre du commerce Serge Papin

15:54
France

Les opposants politiques exhortent Emmanuel Macron à mettre en place des "aides massives" pour lutter contre la hausse des prix du carburant

15:33
France

Rima Hassan porte plainte devant le Cour de justice de la République contre Laurent Nuñez, pour "violation du secret de l'enquête"

15:31
France

La peine de l'animateur Stéphane Plaza, condamné pour des violences conjugales, alourdie en appel

15:17
France

Placement en détention d'un policier soupçonné de fomenter un attentat

14:49
France

Le maire de Concarneau, Quentin Le Gaillard, mis en examen pour "viol et agression sexuelle"

13:48
France

Violences conjugales : Stéphane Plaza condamné en appel à 18 mois d'emprisonnement avec sursis

13:19
France

Charente : un homme condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour 32 incendies volontaires

10:46
France

Présidentielle 2027 : Eric Zemmour, du parti Reconquête, annonce être candidat

10:16
France

Dans un contexte de crise économique et internationale, Emmanuel Macron reçoit aujourd'hui les principaux candidats à la présidentielle