Les femmes représentent 23 % des maires élus lors des élections municipales de 2026 : c’est plus qu’en 2020, mais c’est toujours peu. Certaines régions s’en sortent moins bien que d’autres. Dans le Grand Est, l’accès à la politique locale semble compliqué pour les femmes.
© Esther Dabert
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Un à un, ils descendent du car, sac sur le dos. Il est 16h45 à Crastatt (Bas-Rhin) ce jeudi 26 mars, l’heure pour les enfants de rentrer chez eux après leur journée d’école dans la commune voisine de Hohengœft. Sur la place du village, une poignée de parents est rassemblée pour attendre l’arrivée des maternelles et élémentaires. La petite commune de 300 habitants a attiré l’attention en raison de son important niveau de participation aux élections municipales les 15 et 22 mars 2026 : 82,1 % au premier tour et 87,5 % au second, contre une moyenne nationale de 57 %. « C’est remonté même jusqu’à Strasbourg, se réjouit Laëtitia, habitante du village depuis huit ans, qui patiente adossée à un muret, une large paire de lunettes de soleil marron sur les yeux. On a fait parler de nous, c’est bien. On a fait connaître Crastatt ! »
La localité alsacienne n’est pourtant pas un cas isolé. Lors de ce scrutin, les villages de moins de 1 000 habitants, qui représentent 71 % des communes françaises, ont brillé par leur niveau de mobilisation. Ceux-ci enregistrent un taux de participation moyen de 63,4 % au premier tour – la plupart d’entre eux1 n’ont pas eu de second tour – soit 10 points de plus que les villes de plus de 10 000 habitants. Ces chiffres montrent notamment que l’obligation de la parité femmes-hommes sur les listes des villages de moins de 1 000 habitants n’a pas eu d’impact sur la participation. Ces territoires restent donc les champions de la mobilisation puisqu’ils observent presque systématiquement des scores plus élevés que les moyennes nationales, quel que soit le type d’élection.
Lors des élections municipales de 2026, les communes de moins de 1 000 habitants se sont démarquées par une participation supérieure de six points à la moyenne nationale. Une forte mobilisation qui s’ancre dans les spécificités de ces territoires, où chacun connaît son voisin ou sa voisine.