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Un secret bien enfoui

13 novembre 2018

Un secret bien enfoui

L'association Koenigshoffen Demain pourrait remporter son combat contre la construction du complexe résidentiel Secret Garden. Mobilisée depuis dix ans, elle s’oppose à la réhabilitation du ...

Besoin de culottes ? Cinq femmes de 25 à 36 ans se donnent rendez-vous à la Fabrique, une association d'ateliers partagés, pour régler cette affaire. Pour elles, c'est un moment créatif de partage et de convivialité, mais aussi une forme d'engagement.

 

Elles étaient cinq ce samedi 10 novembre, dans la grande salle de l'atelier de la Fabrique à Koenigshofen, à fabriquer leur propre culotte hyper durable. Tissus rose, rayés, à motifs Panda ou Bicyclette, il y en a pour tous les goûts. En ramenant leur propre tissu, chacune des cinq participantes ont tenu à respecter le thème de cette première édition de l'atelier "Culottes rigolotes".

Clémence, Delphine, Zoé, Laure et Clem ont chacune bravé le froid pour passer l'après-midi à apprendre les techniques de confection d'un sous-vêtement qui leur sera bien personnel, " des pièces uniques" comme elles le disent en rigolant. Pour deux "tickets Fabrique" soit 15 euros, elles bénéficient de l'aide de deux professionnelles, Annett Andersch et Laurence Amici, pendant trois heures, autour de machines, épingles et autres rubans. Sur la grande table, Clémence essaie de ne pas trop galérer avec son tissu nounours. "Bien sûr qu'elle est pour moi !" s'amuse t-elle, avant de tenter la couture en points zigzag sur sa propre machine Zinger. À sa droite, Laure n'en mène pas plus large, mais elle est ravie de tenter la fabrication de sa première culotte, "c'est quand même plus sympa que les tutos Youtube", place cette jeune trentenaire qui, pragmatique, avoue être venue avant tout "par besoin de culottes".

Une démarche militante

Laurence Amici veille à la bonne cadence de l'atelier. Elle connaît bien les lieux pour y animer depuis un an le club rasfistolage de vêtements, deux samedis par mois, toujours aux côtés de son acolyte Annett Andresch. En face d'elle, Clem, 25 ans, ingénieure tramway à la CTS, est novice en couture. La lecture du patron et le jersey qui s'étire dans tous les sens lui donne du fil à retordre. Et oui, s'habiller local, ça demande du travail. "Depuis un an, j'ai décidé de m'habiller uniquement avec des vêtements fabriqués en France, et ce n'est pas facile. C'est une démarche politique en réalité... " explique la jeune Strasbourgeoise.

"C'est une activité à la fois sociabilisante mais surtout une démarche politique" renchérit Annett Andresch, une touche-à-tout du quartier, qui officie bénévolement depuis deux ans dans ces ateliers de l'ancienne brasserie Gruber. Petites lunettes rondes sur le nez et vêtements colorés, cette artiste d'origine allemande de 48 ans perçoit dans la couture une manière d'inciter à la dé-consommation : "Il s'agit de redonner des capacités individuelles aux gens, en les responsabilisant face à la consommation de masse. Evidemment, une culotte que l'on conçoit soi-même ne coûte pas 1 euro comme chez Primark, mais on veut justement sensibiliser sur les ravages de la surconsommation en développant une attitude écologique et durable". Alors bye bye dentelle, stras et satin, une culotte durable se doit d'être confortable, solide et, quant à faire... rigolote !

Sophie Mercier et Jonathan Trullard

Après le squat, le vide

13 novembre 2018

Après le squat, le vide

Six ans après l’expulsion, l’ancien squat du 2 route des Romains est aujourd’hui un champ de ruines. Cette expérience d’habitation alternative continue de susciter des réactions, nostalgiques ou critiques.

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Avant d'être un chantier, le 2 route des Romains était un squat (à gauche). Il a été démantelé le 30 octobre 2012, deux jours avant la trève hivernale (à droite). © Maxime Glorieux et Anne Chabert

Si vous cherchez le 2 route des Romains, passez votre chemin. Le premier numéro pair du principal accès à Koenigshoffen est introuvable. A sa place, un chantier et un chemin goudronné emprunté par un ballet de tractopelles. Le mur mitoyen porte les stigmates d’une bâtisse détruite. On devine les délimitations des anciennes pièces et les marques de la tuyauterie. Au numéro 4, un garage, seul rescapé avec le corps de ferme voisin, au milieu d’un imposant amas de gravats qui s’étend jusqu’au numéro 22 inclus.

Les ouvriers s’affairent depuis juillet sur cette route très fréquentée qui recevra courant 2020 la prolongation de la ligne F du tramway. Pas l’ombre d’un rail pour l’instant, mais des barrières et des déviations en pagaille. Un concert de marteaux-piqueurs étouffe le ronronnement des moteurs de voiture. Au milieu de ce bazar urbain, les cyclistes se démènent pour distinguer leur chemin. L’odeur de la poussière, mêlée aux pots d’échappement, prend le nez.

Des ateliers culottés à la Fabrique

13 novembre 2018

Des ateliers culottés à la Fabrique

Immersion au coeur d'un atelier pas comme les autres, celui de couture de "culottes rigolotes" à la Fabrique, association d'ateliers partagés de Koenigshofen.

L’analyse des données relatives à la pratique sportive chez les filles de moins de 19 ans montre que les trois disciplines les plus populaires sont l’équitation, la gymnastique et le handball.

D’après Catherine Louveau,  « cette tendance trouve ses origines dans les expériences et les apprentissages de la petite enfance. Par exemple, on retrouve peu de motricité dans les jouets des filles. Ce sont des jouets d’activités d’intérieur pour être une bonne mère ou une bonne épouse. Au contraire, les jouets des garçons incitent à construire le monde, l’explorer, faire la guerre, ils promeuvent les activités techniques. Cela développe un certain rapport à l’espace dans lequel les filles sont retenues à la maison. »

On constate également une chute considérable du nombre de licenciées dans ces trois disciplines à partir de la tranche d’âge 15-19 ans.

Catherine Louveau avance deux raisons. Les filles abandonnent « car ces activités sont très exigeantes (régimes, rigueur, entrainements…) ». Par ailleurs, « l’adolescence marque l'achèvement de la féminité, avec toutes les transformations liées à la puberté : les enjeux sont importants à cet âge là car c’est le début de la séduction, des relations sexuelles et de la formation des couples. Beaucoup de filles pensent que ce n’est pas féminin ou ont peur de ne pas être perçues comme féminines si elles font du sport. »

C’est ce qu’a vécu Mélissa Plaza au cours de sa jeunesse : « Dans mon entourage, mes parents, mes amis, mes profs, on me disait très souvent que j'étais un vrai « garçon manqué ». Je le prenais bien, je trouvais ça « cool » d'être un garçon manqué. Pour moi c’était « je suis pas tout a fait un garçon, mais c’est quand même mieux que d'être une fille. » »

Jusqu’à ce qu’elle se rende compte du sens réel de cette expression, « c’est comme si je ne faisais pas ce qu’on attendait de moi en tant que fille. » Et d’ajouter : « En tant que femme, en pratiquant un sport on va contre la norme, alors soit on ne pratique pas d’activité physique, soit on pratique un sport mais en conformité avec les codes. »

Augustin Campos, Boris Granger, Pierre Griner, Louay Kerdouss, Melina Lang, Stefanie Ludwig, Clémentine Rigot

Crédit photo : Thomas Bresson

Méthodologie :

Les données utilisées dans cet article proviennent d'une étude de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) réalisée sur l'année 2014. Pour des raisons pratiques, nous avons décidé de ne conserver que les chiffres relatifs à la France métropolitaine. Après avoir considéré l'ensemble des licenciés tous sports confondus, nous avons discrétisé les hommes et les femmes, que nous avons ensuite classés par discipline, puis par catégories d'âge. Si le basket se place en quatrième position des sports les plus pratiqués par les femmes, tous âges confondus, le handball compte plus d’adhérentes parmi les filles de 1 à 19 ans. C’est pourquoi nous avons choisi de faire figurer le handball sur le troisième graphique plutôt que le basket. Pour les troisième et quatrième graphiques, il nous est apparu pertinent de faire une distinction entre les disciplines « clivantes », dont les licenciés sont majoritairement des femmes ou majoritairement des hommes, et les disciplines « non-clivantes », réunissant un grand nombre de sportifs des deux sexes. Par ailleurs, nous avons choisi de faire figurer le rugby sur notre graphique comparatif des disciplines car il met en évidence le contraste significatif des sports majoritairement pratiqués par les hommes par rapports aux sports davantage pratiqués par les femmes.

 

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