Tout le monde ne monte pas dans le train de l’Omnibus
Un sommet réunissant plusieurs chefs d’État et de gouvernement se tient en Belgique ce jeudi autour des enjeux de compétitivité européenne en présence notamment de Mario Draghi. En septembre 2024, cet ancien président de la Banque centrale européenne dressait un constat clair : pour ne pas se laisser distancer dans la compétition mondiale, l’Union européenne doit accroître massivement ses capacités d’investissement. À travers 170 propositions, il soulignait que ces ambitions ne pourraient être atteintes, notamment sans un vaste processus de simplification des règles européennes pour les entreprises. Un an et demi après, seules 15 % des recommandations ont été réalisées, selon l’European Policy Innovation Council. Les parlementaires ont débattu sur l’urgence d’agir davantage pour une Europe compétitive.
Dix-sept mois se sont écoulés depuis que Mario Draghi a remis à Ursula von der Leyen un rapport consacré à l’avenir de la compétitivité européenne. Dans l’hémicycle strasbourgeois, si les groupes parlementaires appellent à une "simplification" des normes afin d’alléger les charges pesant sur les entreprises, les divergences apparaissent dès qu’il est question de la traduction concrète de cette ambition.
Le Parlement européen condamne la guerre au Soudan
Au Soudan, la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) plonge le pays dans une catastrophe humanitaire majeure depuis près de 1 000 jours. Suite au coup d’État qui a déchiré le pays, plus de 150 000 personnes ont été tuées et 13 millions de Soudanais ont été déplacés de force. Les violences continuent et l’accès humanitaire reste entravé, alors que seulement 15 à 30% des besoins seraient couverts dans certaines zones notamment au Darfour.
Le Parlement européen appelle à nouveau à un cessez-le-feu immédiat, à la responsabilisation des acteurs bloquant l’aide et à une intensification des efforts de médiation internationale pour ouvrir la voie à une paix durable. Il réaffirme son soutien au Soudan, un pays dont l’Union européenne est le premier donateur d'aide humanitaire (700 millions d’euros depuis 2023).
Lilou Marjolet
Le 10 février, à Strasbourg, les eurodéputés ont approuvé des mesures pour renforcer la protection des agriculteurs dans le cadre de l’accord commercial UE-Mercosur.
Anaïs Coste et Lilou Marjolet
"Investir tôt pour économiser demain"
Mais l’impératif d’un budget de 20 milliards ne fait pas consensus au Parlement européen. Pour le groupe d’extrême droite PfE, il faut parier sur “le travail, la création de richesse et le respect des compétences de chacun”. Quant au reste de l’hémicycle, tous considèrent que ce budget n’est pas une dépense sociale mais un investissement. “La politique de l’enfant nous coûte des dizaines de milliards d’euros, sous forme de politiques de santé, de prestations sociales qu’il faudra payer plus tard. Investir tôt dans les enfants, c’est économiser beaucoup demain”, assure Niels Geuking, député PPE (droite).
Un amendement déposé par l’extrême droite a bien failli supprimer l’objectif chiffré du rapport. Une stratégie d’opposition le vidant de sa substance. Tout compte fait, les 20 milliards font bel et bien partie du texte, voté par une petite majorité des députés (291 contre 238). Reste à savoir s'il sera retenu par la Commission, qui fait de sa prochaine stratégie de lutte contre la pauvreté “une priorité politique quinquennale”, indique un fin connaisseur du dossier.
Face aux événements climatiques extrêmes, la Commission veut renforcer la solidarité entre les 27
La commissaire chargée de l’État de préparation et de la gestion de crise souhaite renforcer la solidarité des 27 face aux catastrophes climatiques majeurs. Lors d’un débat motivé par les récents événements au sud de l’Italie, au Portugal et à Malte, Hadja Lahbib a fait part de sa volonté de multiplier par cinq le plafond annuel du fonds de solidarité pour le porter à 10,5 milliards d’euros.
Les pays sinistrés qu’ils soient États membres ou candidats, peuvent faire appel à ce fonds créé en 2002 après les inondations en Europe centrale. Depuis, il a été activé plus de 140 fois. Pour Hadja Lahbib, il faut davantage soutenir les États impactés car "ils sont en première ligne et de plus en plus dépassés par les conséquences de ces événements majeurs".
Melvin Hermann