Vous êtes ici

Dans le rouge, l’ONU réclame ses contributions

"L’ONU fait face à une crise de liquidité existentielle ! Beaucoup d’États ne paient pas ou en retard leurs contributions", a asséné la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, devant le Parlement européen. Elle tire une deuxième fois la sonnette d’alarme à la suite du secrétaire général de l’ONU António Guterres, qui annonçait "un effondrement financier imminent" fin janvier.

En effet, 1,6 milliard de dollars de cotisations étaient impayés à la fin de l’année 2025, le double de 2024. L’institution internationale est notamment menacée par la réduction drastique des financements américains. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, réaffirme son soutien au multilatéralisme devant les députés : "Quand l’ONU regarde cet hémicycle, elle y trouvera un partenaire déterminé à avancer ensemble".

Olivia Bagarry

Baptiste Demagny, Gaby Fabresse et Carl Lefebvre

Journée mondiale contre le cancer : les eurodéputés unis sur le fond mais pas sur la forme

Lors des débats à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le Parlement européen a affiché son unité face à l'urgence sanitaire : 2,7 millions de nouveaux cas de cancer et 1,3 million de décès liés au cancer en 2024. Cependant, les priorités divergent selon les bancs. Si le besoin de financement a été soulevé par la majorité des groupes politiques, les parlementaires de gauche et d’extrême gauche (The Left, S&D, les Verts) ont insisté sur les causes environnementales du cancer et ont appelé à lutter contre les lobbies du tabac et de l’alcool. À droite et au centre droit, PPE et Renew Europe ont mis l’accent sur la nécessité d’innovation technologique et d’une collaboration transfrontalière pour lutter contre les pénuries de médicaments. Les groupes de droite souverainiste et d’extrême droite ECR et Patriotes pour l’Europe ont eux défendu "une Europe de la coopération scientifique", appelant à un meilleur partage de données.

Jeanne Derieux - Le Magueresse

“Un déni de démocratie”

Le 21 janvier, le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l’Union européenne pour qu’elle rende un avis juridique sur la validité du traité UE-Mercosur. L’examen parlementaire est donc suspendu le temps que la Cour rende ses conclusions, ce qui pourrait prendre un à deux ans. Or, la Commission européenne peut toujours appliquer provisoirement le traité à partir du moment où un des pays du Mercosur le ratifie, ce qui peut arriver dès le mois de mars 2026. Dans ce contexte, la clause de sauvegarde s’appliquera avec l’accord. Cette application provisoire est “un déni de démocratie”, fulmine François Walraet, qui donne pour exemple le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (CETA) appliqué de manière provisoire “depuis presque 10 ans”.

Alice Billia et Jeanne-Esther Eichenlaub

 

Quelles garanties pour les droits humains ? 

Pour Olivier Clochard, géographe spécialiste des politiques migratoires de l’UE, ces deux règlements s’inscrivent dans la continuité de la politique migratoire européenne : “C’est une pierre supplémentaire à l’arsenal déployé envers les personnes qui demandent l’asile, alors qu’elles représentent seulement entre 0,1% et 0,3% de la population européenne”.

Quant aux conditions d'existence des personnes renvoyées dans des centres hors du territoire européen, le doute subsiste pour de nombreux observateurs. Catherine Haguenau-Moizard, professeure de droit public et spécialiste de la politique d’asile et d’immigration européenne, s’en inquiète : “Il y a les textes, et ce qui va se passer en pratique. Des garanties minimales [en matière de droits humains, NDLR] doivent être respectées : mais est-ce qu’elles le seront ? Ce qu’on a vu à Lampedusa ou dans les îles grecques n’incite pas vraiment à l'optimisme.”  

Plus d’enquêtes, des seuils plus bas : les changements clés

Ce dispositif est le fruit de négociations entre le Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne. Concrètement, il limite le volume des importations des produits agricoles des pays du Mercosur à 5% sur trois ans et non plus à 10%. De la même manière, les prix de ces produits importés peuvent être au maximum inférieur de 5% aux tarifs pratiqués pour les mêmes produits dans l’UE. Si ces seuils ne sont pas respectés, la Commission enclenchera une enquête et pourra rétablir les barrières douanières. Elle pourra aussi déclencher des enquêtes en cas de preuve que les prix ont augmenté sur les produits dits “sensibles”, tels que les œufs, le riz, le bœuf ou encore les agrumes, sans attendre que les seuils soient atteints. 

La version originale du texte comprenait également une obligation de réciprocité. Mais, cet amendement a été retoqué pour non validité juridique par les trois institutions. “Pour voter cet amendement, il aurait fallu réécrire tout l’accord”, confie une source proche du dossier. Cette mesure stipulait que les produits provenant des pays du Mercosur devaient respecter les mêmes normes de production phytosanitaires et environnementales que celles de l’UE. Cependant, la Commission européenne s’est engagée à multiplier les contrôles afin de s’assurer du respect de ces normes. Ce qui ne convainc pas les agriculteurs.

“Ça reste inacceptable”, dénonce François Walraet, secrétaire général de la Coordination Rurale, deuxième syndicat agricole de France. Pour lui, la clause de sauvegarde “est quelque chose qui est très difficile à mettre en œuvre. Ça ne résout pas le problème de fond qui est que les produits qui arrivent [en Europe] ne répondent pas à nos normes sanitaires et environnementales. Si on importe du maïs d’Amérique du Sud, il faut que ça soit produit dans les mêmes conditions que chez nous.”

Procès des assistants du RN : Marine Le Pen fixée sur son sort le 7 juillet 2026

Ce mercredi était le dernier jour d'audience du procès des assistants des eurodéputés du Rassemblement national. Marine Le Pen et onze autres prévenus étaient jugés en appel pour un présumé détournement de fonds européens entre 2004 et 2016. L’accusation évoque un "système" centralisé ayant permis d’employer, sur les enveloppes du Parlement européen, des collaborateurs travaillant en réalité pour le parti, pour un préjudice estimé à 1,4 million d’euros.

Le parquet a requis contre la cheffe de file des députés RN quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, sans exécution immédiate. La défense conteste toute intention frauduleuse et plaide la relaxe. La Cour d’appel de Paris rendra son arrêt le 7 juillet 2026. L’enjeu est majeur pour la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.

Flavia Adamciuc

 

“Nous avons renforcé la protection. L’ouverture commerciale ne peut pas se faire au détriment des agriculteurs européens”, a affirmé ce mardi Gabriel Mato (PPE, droite), rapporteur espagnol du texte sur la clause de sauvegarde bilatérale de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur. Opposés au traité, les agriculteurs ont manifesté devant le Parlement européen lors de la précédente session parlementaire.

Ils craignent que cet accord de libre-échange entre l’UE et les pays signataires d’Amérique du Sud (Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine) ne se fasse à leur détriment, créant une concurrence déloyale et une dérégulation du marché agricole. Pour répondre à leurs préoccupations, les eurodéputés ont donc approuvé cette clause de sauvegarde. Il s’agit d’un dispositif de protection qui prévoit de rétablir les barrières douanières si les importations entre l’Union et le Mercosur viennent à porter préjudice aux agriculteurs et à perturber le marché européen.

Des actes plutôt que des paroles

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déjà inscrit la pauvreté infantile dans ses orientations du mandat précédent, notamment avec la Garantie européenne pour l’enfance. Adoptée en juin 2021 par le Conseil des ministres européens, elle n’est toutefois pas contraignante et faute de budget propre, les plans d’action nationaux ne peuvent être exécutés. “L’UE n’a pas tenu ses promesses, c’est un échec politique”, déplore Leila Chaibi, députée du groupe d'extrême gauche The Left.

Alors que le vote du budget 2028-2034 de l’UE se profile, le Parlement entend fixer des objectifs concrets, grâce à un budget spécifique d’au moins 20 milliards d’euros pour la Garantie européenne pour l’enfance. “Nous sommes des acteurs politiques réalistes, pragmatiques. Nous savons qu’il y a un prix attaché à ces politiques. Parfois les rapports sont bons, mais ne sont que des mots. On a besoin d’actions, et pour ça, on a besoin d’argent”, insiste Aodhàn O Riordain (S&D, gauche), rapporteur fictif. Il s’agit donc pour les députés européens d’envoyer un message politique fort et “d’exercer une pression politique pour que très rapidement, il y ait une proposition législative qui émane de la Commission”, brigue Martin Schirdewan, coprésident The Left.

Pages