« Nous ne voulons pas que l’argent de l’Europe soit lancé par la fenêtre. Nous voulons que l’Europe fasse comme en 2012 : adopter de mesures qui rendent viable la dette grecque » a revendiqué mardi soir Dimítris Papadimoulis, député européen de Syriza, lors d'une déclaration conjointe avec Pablo Iglesias (secrétaire général de Podemos) et Gaby Zimmer (Die Linke). Convoquée à la dernière minute, cette conférence de presse organisée par la GUE visait à soutenir la position "constructive" du parti d'Aleixs Tsipras. « Nous respectons les règles, mais elles ne comprennent ni l'austérité ni la Troïka » a ajouté Papadimoulis.
« Voici mon offre : rien. Renoncez à votre programme et faites ce qui a conduit les autres pays européens à la catastrophe », a parodié Pablo Iglesias, faisant référence à la décision prise le 6 février par la BCE, qui a sévèrement limité le refinancement des banques grecques. L’eurodéputé de Podemos attribue ce choix au refus des élites européennes d' accepter la volonté de changement exprimée par les électeurs grecs le 26 janvier. Il en a profité pour dénoncer la position du gouvernement espagnol de Mariano Rajoy vis-à-vis de la Grèce : « Malheureusement l’attitude de notre gouvernement a été arrogante et maladroite. Il devrait suivre le sens commun du président Obama».
« Le fait est que Merkel a peur de perdre le contrôle » a assuré ensuite Gaby Zimmer, qui avertit que l'enjeu n'est pas seulement le futur de la Grèce mais « le fil directeur du modèle européen ».
Enric Bonet
Les présidents des six groupes politiques du parlement ont tenu mardi à s'exprimer sur la question grecque.
Pour le président du Parti Populaire Européen, Manfred Weber, le fait de « changer le gouvernement ne veut pas dire changer le pays »: la Grèce doit donc « respecter ses partenaires » et « s’en tenir aux accords » conclus par le gouvernement précédent.
Syed Kamali, le leader des Conservateurs-Réformistes rappelle de son côté que dans la zone euro la Grèce ne peut pas prendre des décisions seule.
L’Alliance des Libéraux et des Démocrates voit dans le nouveau gouvernement une « énorme opportunité pour la Grèce », mais suggère avant tout des réformes structurelles. Celles-là ne sont plus des mesures d’austérité, mais la lutte contre la corruption, réduction du secteur public, libéralisation du secteur bancaire etc. Cependant le premier-ministre grec ayant réclamé à l’Allemagne le remboursement d’un prêt imposé à la Banque de Grèce par les nazis lors de la Seconde guerre mondiale, ainsi que les indemnités de guerre, Guy Verhofstadt juge que « ce n’est pas une bonne stratégie de regarder en arrière »
Les Sociaux-Démocrates jugent que l’Europe doit être plus solidaire vis-à-vis de la Grèce, mais que celle–là doit en même temps faire preuve du réalisme.
Les Verts eux prônent « plus de discretion et moins de gesticulation politique ».
Le parti de la Gauche unitaire européenne est le seul à soutenir fermement la position de Tsipras qui veut rompre avec la Troïka. La présidente Gabriele Zimmer, l’approuve en proposant de mettre le FMI « à la poubelle de l’histoire ».
Danara Ismetova