Face aux catastrophes naturelles, le Parlement européen réaffirme son soutien
Après les cyclones Garance à La Réunion et Chido à Mayotte, les députés ont réaffirmé leur soutien à ces régions. La Réunion va notamment avoir accès à 100 millions d’euros pour la reconstruction, mobilisés par le dispositif « Restore » qui permet d’assouplir la répartition des fonds européens régionaux après une catastrophe.
Après la crise de 2008, les Etats membres de l’Union européenne ont été contraints de coordonner leurs politiques économiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit le semestre européen. L’objectif est simple : permettre aux 27 de s’accorder sur une politique budgétaire afin de respecter le Pacte de stabilité et de croissance. Celui-ci impose que la dette de chaque pays soit inférieure à 60% de son PIB et que le déficit public reste sous le seuil des 3%.
Débattu et voté lors de la session plénière, le semestre européen contient son lot de contradictions. Pour la première fois, le Parlement a exigé la mise en place de mesures sociales au sein du texte. Ces ambitions se heurtent à un objectif d’amélioration de la compétitivité européenne.
Selon le député du groupe de gauche S&D Sven Mikser, qui a soutenu ce plan devant le Parlement, l’Union se doit de réagir face à « notre partenaire transatlantique qui se désengage à tous les niveaux ». Par ailleurs, l’Europe entend aussi par cette aide permettre à la Moldavie d’être plus « résiliente » face aux « tentatives de déstabilisation » russes. « Nous ne pouvons pas être en sécurité dans nos frontières si nos voisins ne le sont pas », soutient Sven Mikser.
1,9 milliard d'euros. C'est l'aide la plus importante jamais attribuée par l’Union européenne à la Moldavie depuis son indépendance en 1991. Le 11 mars, les eurodéputés ont voté à 66 % un financement à destination de Chisinau, échelonné sur la période 2025-2027. Sur les presque 2 milliards d’euros qui constituent cette aide, 620 millions sont des subventions. Le reste est constitué d’emprunts à « faibles taux d’intérêts ».
Le 11 mars, le Parlement européen a voté un plan de soutien de 1,9 milliard d’euros pour la croissance de la Moldavie. Un soulagement pour le pays, dont l’économie est fragilisée par la guerre russo-ukrainienne et le retrait de l’aide américaine.
Trump divise l'UE : quels leviers au secours de la CPI ?
“Trump vient d’attaquer, peut-être même d’en finir avec la Cour pénale internationale. Et que fait l’Europe ? Elle déplore, elle regrette, elle condamne mais ce ne sont que des paroles”, déclare Mounir Satouri, eurodéputé (Les Verts, gauche). Donald Trump a signé un décret le 6 février sanctionnant la CPI et les employés responsables des “transgressions” qu’elle commet. La Haye avait lancé un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ce qui a déplu à Trump.
La CPI a été créée par le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002. C’est un tribunal international permanent qui a été fondé pour juger les personnes accusées d’avoir commis des crimes qui touchent l’ensemble de la communauté internationale. Face aux attaques étasuniennes contre la CPI, le Parlement européen est divisé. Pendant que la gauche exige l’activation de leviers diplomatiques et économiques contre la Maison blanche, les partis les plus à droite remettent la Cour en question, surtout pour les mandats d’arrêt contre les responsables israéliens.
“Il est incroyable de voir que certains États membres se félicitent des mesures de Trump”, s’exclame Raquel García Hermida-van der Walle, eurodéputée Renew (centriste), qui partage avec la Commission européenne la peur d’un effet domino d’impunité internationale. Pour Rima Hassan (La Gauche, extrême gauche), “soit on défend coûte que coûte le droit international, soit on participe directement à sa destruction. Soit on reste aligné avec ce qu’on prétend défendre, soit on apparaît aux yeux du monde comme hypocrites”.
Stéphanie Ghacibeh