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Tatjana Ždanoka au Parlement européen, 05/12/2019. ©️ European Union 2019 - Source : EP

“C’est une étape importante pour le peuple ukrainien mais aussi pour l’Union européenne”. Iratxe García Pérez, la présidente du groupe des sociaux-démocrates (S&D), se félicite devant ses collègues réunis en plénière à Strasbourg, le 6 février, de la nouvelle aide européenne de 50 milliards d’euros débloquée en faveur de l'Ukraine. Décidée par les chefs de gouvernement la semaine précédente, cette enveloppe commune est composée de 33 milliards de prêts et de 17 milliards de dons pour les quatre prochaines années. Elle vient s’ajouter aux 35 milliards d’euros accordés depuis le début de l’invasion russe. Un premier versement est prévu dès le mois de mars. 

Ingérence russe: un nouveau scandale et une réponse sans appel

09 février 2024

Ingérence russe: un nouveau scandale et une réponse sans appel

A quatre mois des élections européennes, l’ingérence russe dans les processus démocratiques européens est une menace ...

Le Slovène Klemen Groselj a rappelé l'importance des élections démocratiques. © European Union 2024

Les eurodéputés saluent la décision d'une nouvelle aide à l'Ukraine ©️ Angèle Bataller

La candidature de la Serbie à l'Union européenne remise en question 

À la suite des élections législatives en Serbie le 17 décembre, le Parlement européen alerte sur la situation démocratique de ce pays candidat à l’Union européenne. « Il y avait des électeurs fantômes, des achats de voix, des reportages biaisés… » a observé l’eurodéputé Andreas Schieder (S&D, socialiste), présent sur place. Dans une résolution adoptée le 8 février, les eurodéputés condamnent ces irrégularités et l’absence de pluralisme médiatique en Serbie. Ils pressent l’Etat de réformer son système électoral. Ils poussent aussi la Commission à faire en sorte que les négociations d’adhésion du pays à l’UE soient effectivement conditionnées au respect des principes démocratique. « Tout citoyen de l’Union doit être assuré de voter à des élections libres et justes » a rappelé le Slovène Klemen Groselj (Renew, libéral).

Yanis Drouin

Les européens auront accès aux virements instantanés sans frais supplémentaires avant fin 2024. © Yanis DROUIN

Reconquête! rejoint le groupe des Conservateurs et réformistes  

Mercredi 7 février, le ralliement du parti Reconquête! au groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) a été annoncé lors d’une conférence de presse au Parlement européen. Le président du groupe, l’Italien Nicolas Procaccini, a convenu d’une union avec Marion Maréchal, la tête de liste de Reconquête!, et Nicolas Bay. Ce dernier a rejoint le parti d’Eric Zemmour après son exclusion du Rassemblement National en 2022. Il est aujourd’hui son unique eurodéputé, et le premier Français à intégrer ECR. 

Ce groupe européen de droite antifédéraliste a été créé en 2009 à l’initiative des conservateurs britanniques et du parti polonais Droit et Justice. S’il n’est actuellement que le cinquième groupe le plus important du Parlement, avec 63 eurodéputés, ses dirigeants cherchent à passer à la troisième place à l’issue des prochaines élections européennes. « Nous voulons créer les conditions d'un déplacement du centre de gravité du Parlement européen », explique Nicolas Bay. Pour ce faire,  ECR cherche à nouer de nouvelles alliances avec des partis nationalistes. Dans les mois à venir, un accord pourrait être conclu avec le Fidesz, la formation  du Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

Anna Chabaud

Le commissaire au Commerce Dombrovskis dévoile ses priorités à l'OMC

« Je défendrais nos mesures européennes au sein de cette organisation mondiale ! » Jeudi 8 février, le commissaire européen au Commerce extérieur, Valdis Dombrovskis, est venu présenter au Parlement européen ses priorités pour la prochaine conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra à Abou Dhabi du 26 au 29 février. Le commissaire y représentera les intérêts des États membres de l’Union européenne. 

Parmi les principales priorités évoquées : le régulation par l’OMC du secteur de la pêche. Valdis Dombrovskis a promis qu’il allait défendre l’accord actuel qui interdit les subventions pour la pêche illégale et qui fixe des quotas. Une déclaration soutenue par les eurodéputées. À la demande des États membres, Valdis Dombrovskis a également promis de plaider pour un développement des échanges commerciaux à l’échelle mondiale, sensible aux enjeux climatiques. Une position jugée incohérente selon une partie des eurodéputés écologistes. « Le libre-échange n’a plus de sens à l’heure de l’urgence climatique », s’est emportée Saskia Bricmont (Les Verts, écologistes).

Sarah Khelifi

Pourtant, certains eurodéputés auraient voulu aller plus loin. Pour Mounir Satourni (Les Verts, écologistes), les femmes sont les grandes oubliées de cette loi. Plus vulnérables face au plomb (qui peut entraîner des fausses couches et menacer la santé des fœtus), elles devaient bénéficier d’un seuil spécifique. Mais les employeurs se sont inquiétés des surcoûts liés à cette prise en charge particulière et la mesure a été abandonnée. Seule lueur d’espoir pour le parti écologiste : leur demande d’inscrire dans la directive un délai de révision de cinq ans a été accepté. Ils espèrent que d’ici-là, de nouvelles études scientifiques justifieront la création d’un seuil limite spécifique pour les femmes. Les règles relatives aux diisocyanates devront, elles, être réexaminées avant 2029.

Autre manquement notable dans la directive : l’absence de prise en compte de l’effet « cocktail ». Comme l’explique Gérard Le Corre, inspecteur du travail et membre de la confédération santé-travail CGT Seine-Maritime, les travailleurs sont « exposés à plusieurs agents chimiques par jour​​​ » au lieu d’un seul. Or, les seuils ne « prennent pas en compte ces effets » explique t-il. Le syndicaliste s’inquiète aussi qu’« en pratique, les employeurs ne chercheront pas à mettre en place les mesures les plus basses possibles. Ils s’en tiendront au seuil limite, sans proposer de nouvelles mesures de sécurité ».

Les Etats membres doivent désormais mettre la directive en application. Ils disposent de deux ans pour définir de quelle manière ils adapteront leurs lois nationales pour mieux protéger leurs travailleurs.

Garance Cailliet et Sarah Khelifi

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