S’il est déjà proposé dans certains pays, ce service est souvent payant. Par exemple, un transfert d’argent instantané peut coûter jusqu’à 70 euros en Italie. Désormais, les consommateurs ne seront plus surtaxés par les banques. L’UE cherche à promouvoir une pratique déjà commune dans des pays émergents comme l’Inde. Elle souhaite également affirmer sa souveraineté financière en s'autonomisant des applications tierces souvent américaines, comme Paypal ou Apple Pay.
Un moyen de paiement de la vie quotidienne
À terme, les usagers pourront même payer directement les commerçants avec leur application bancaire sur leur téléphone. Les associations de consommateurs, ainsi que les petites et moyennes entreprises, accueillent avec enthousiasme cette nouvelle mesure.
« Tous les Européens pourront virer de l’argent à n’importe quel moment de la journée, même en dehors des heures ouvrées, en quelques secondes », s'enthousiasme l’eurodéputé Michiel Hoogeveen (ECR, conservateur), rapporteur du règlement sur les paiements instantanés en euros. Ce mercredi 7 février, les eurodéputés se sont entendus à une écrasante majorité (599 voix pour, 7 contre et 35 abstentions) pour la généralisation du virement immédiat, d’abord dans la zone euro puis, à terme, dans les 27 pays de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, ils ne représentent que 11% des transferts d’argent en Europe. L’UE entend favoriser leur développement en garantissant des services sécurisés. Les consommateurs auront la possibilité de virer de l’argent à un bénéficiaire certifié en moins de dix secondes.
À la fin de l’année, les Européens pourront virer de l'argent en quelques secondes et sans frais supplémentaires dans la zone euro.
Les parlementaires réitèrent leur soutien à la communauté LGBTIQ
« Nous constatons que la discrimination envers les personnes LGBTIQ existe toujours », a déploré José Gusmão (The Left, extrême gauche) lors de la présentation du rapport du Parlement européen sur la Stratégie européenne pour l’égalité des personnes LGBTIQ, le mercredi 7 février. Si les eurodéputés saluent les progrès réalisés depuis 2020, ils s’inquiètent des disparités croissantes entre les 27 Etats membres. 15 d’entre eux n'ont toujours pas mis en place de plan d’action pour promouvoir et protéger les droits des personnes LGBTIQ. C’est le cas de la Hongrie, épinglée par la Cour de justice de l’Union européenne en 2022 pour violation de leurs droits. Face à la recrudescence des discours de haine et des agressions depuis deux ans, le Parlement plaide pour aller plus loin. Entre autres, les eurodéputés proposent d'accroître le soutien européen aux organisations de la société civile œuvrant en faveur des droits des personnes LGBTIQ.
Lilou Bourgeois
Les nouveaux fonds européens arrivent à un moment clé, alors que l’Ukraine est engluée dans le conflit et que Volodymyr Zelensky multiplie les demandes de soutien. Le président ukrainien craint une lassitude des alliés et un détournement de l’attention des puissances occidentales vers de nouveaux conflits. Il a déjà perdu temporairement l’appui des Etats-Unis dont l’aide prévue est bloquée depuis plusieurs semaines par les Républicains au Congrès.
Ainsi, l’Europe devient le principal soutien financier de Kiev et sa coopération est absolument indispensable : “On a la perspective de se retrouver seuls à gérer cette guerre avec la possible élection de Donald Trump le 5 novembre prochain” explique l’eurodéputé français Raphaël Glucksmann (S&D, sociaux-démocrates).
Des désaccords politiques
Malgré le consensus général sur l’importance de cette aide, son montant fait débat parmi les eurodéputés. Certains critiquent sa faiblesse, tel le groupe libéral Renew Europe qui dénonce une enveloppe dérisoire par rapport au budget total de l’Union européenne : “On parle quand même de vies humaines [et] nous nous engageons à hauteur de 0,08% de notre PIB” a souligné la députée hongroise Katalin Cseh (Renew, libéraux).
À l’inverse, pour l’extrême droite, c’est déjà bien trop, surtout dans le contexte actuel de tensions liées à la situation des agriculteurs. D’après eux, la priorité ne devrait pas être donnée à un pays qui, en plus, devient un concurrent majeur dans ce domaine pour les exploitants français. “Pendant que les agriculteurs européens criaient leur colère, Emmanuel Macron et ses homologues les poignardaient dans le dos”, s’insurge l’eurodéputé français Jean-Lin Lacapelle (ID, extrême droite).
D’autre part, la lenteur des délibérations suscite la colère des eurodéputés. La plupart d’entre eux critiquent le processus de négociation pour débloquer les fonds. Parmi les 27 représentants des Etats membres, il a suffi de l’opposition d’un seul homme, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, pour que la mise à disposition des aides prenne 3 mois de retard. Le Parlement appelle à revoir les procédures pour plus d’efficacité.
L’utilisation concrète des 50 milliards finalement accordés divise également. Si l’Union européenne s’est entendue sur un soutien essentiellement militaire, certains groupes politiques préféreraient investir dans la reconstruction. Martin Schirdewan, co-président du groupe d'extrême gauche (The Left), met en garde : “On dit toujours qu’il faut dépenser plus pour les armes, est-ce que vous êtes si naïfs ? Il faut investir dans la paix, pas dans la guerre”.
Le soutien financier européen doit encore être validé définitivement lors de la prochaine session plénière du Parlement européen fin février. On célèbrera alors le deuxième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine.
Angèle Bataller, Bastiane du Masle
Les eurodéputés ont donné leur accord pour une aide supplémentaire de 50 milliards d’euros pour l’Ukraine.
Une nouvelle génération de végétaux va faire son entrée sur le marché européen des semences. Le Parlement européen vient d’autoriser l'importation et la commercialisation des nouvelles techniques génomiques (NTG), jusqu'ici interdites dans l’Union européenne. À certaines conditions.