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10/09/15
09:47

Le FN mis en examen pour complicité d'escroquerie

Des responsables du parti sont accusés d'avoir occasionné des surfacturations dans le cadre du financement de la campagne des législatives de 2012. 

La pilule est sûrement dure à avaler pour Marine Le Pen, qui se targuait d'être loin des "affaires" qui ont plombé ses adversaires politiques. Mercredi 9 septembre, Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, annonce que le parti est mis en examen comme personne morale pour recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroquerie. 

Sont ciblés par cette enquête des responsables hauts-placés du Front National, le micro-parti Jeanne géré par des proches de la présidente et l'entreprise Riwal. Ces différents acteurs auraient escroqué l'Etat, qui rembourse les frais de campagne, en instaurant un système de surfacturations. Et au centre de l'affaire se détache Frédéric Chatillon, patron de l'agence de communication amie Riwal, déjà mis en examen fin janvier pour de possibles malversations. Cet homme de 47 ans, proche de Marine le Pen, est soupçonné d'être la tête pensante d'un système d'enrichissement frauduleux lors de la campagne législative : des kits de campagne vendus par Riwal, puis fournis par Jeanne à plus de 90% des candidats frontistes, qui contractaient pour cela un micro-prêt. Les juges estiment que le coût de ces kits, remboursables par l'Etat pour les candidats dépassant les 5%, était "très largement surévalué"

L'enquête porte également sur des suspicions de prêts fictifs du micro-parti aux candidats, pour seul but d'obtenir un remboursement plus conséquents, ainsi qu'un financement illégal de la part de Riwal, par le biais de dons ou d'aides (mise à disposition de locaux, facilités de paiement).

A trois mois des élections régionales, cette mise en examen alourdit l'agenda de la présidente du FN, qui doit déjà régler le conflit envahissant qui l'oppose au patriarche. En duplex sur i-Télé le soir même, Florian Philippot a dénoncé une décision politique visant à "salir" le parti frontiste. Sur Twitter, il a réitéré ses griefs, en insistant une fois encore sur la responsabilité de Manuel Valls et Christiane Taubira dans cette décision de la justice. 

 

Mercredi après-midi, alors que l'audition de Wallerand de Saint-Just suivait son cours, Marine Le Pen se déclarait préparée à l'éventualité d'une mise en examen, et dénoncait elle aussi "une volonté politique de nuire au FN, FN qui n'a rien à se reprocher".

Nina Moreno

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