Avant de s’installer, Camille Cherchi, s’imaginait un quartier vieillissant et peu dynamique. "Ça m’était pas venu à l’idée de chercher à Cronenbourg. Je ne voulais pas m’enterrer ici", sourit-elle. Depuis un an, la jeune femme de 28 ans est locataire d’un appartement rue de Dettwiller avec son compagnon, Jean-Baptiste Burchet. "Ma mère m’a dit : si vous cherchez à payer moins, allez voir du côté de Cronenbourg," se souvient-elle. Aujourd’hui, le couple s’acquitte d’un loyer de 560 euros pour un logement de 58m². Camille et son compagnon ont pris goût au quartier et cherchent à y devenir propriétaires.
Anne-Sophie et son compagnon Cyril Fatmi, ingénieur commercial en informatique, ont fait l’acquisition d’une maison mitoyenne rue des Champs. Un bien acheté 200 000 euros, à rénover de fond en comble, qu’ils espèrent pouvoir habiter au printemps prochain. La famille s’est agrandie récemment et les 60m² que la jeune maman avait achetés il y a cinq ans ne seront bientôt plus suffisants pour voir grandir Quentin, 4 ans, et Morgane, 2 mois. Le couple a cherché pendant un an avant de jeter son dévolu sur leur futur bien de 100m². La recherche a été longue, car le budget du couple était limité : "On n’était pas sûrs de trouver dans le quartier. Les belles grandes maisons sont largement au-dessus de notre budget." Les taux d’intérêt bas les ont décidés : "Avec des taux d’intérêt plus hauts on n’aurait peut être pas pu se permettre cet achat là. Ça nous a permis de viser le Vieux-Cronenbourg."
Frédéric Cisnal, 50 ans, est accompagnateur socio-professionnel pour l’entreprise Novea 67. Son rôle : suivre les personnes éloignées de l’emploi afin de les réinsérer durablement dans le travail.
Les 19 membres du “Cromité”, le comité directeur, ne s’attendaient pas à rencontrer un tel succès. D'une vingtaine de membres au départ, ils sont aujourd’hui plus d'une centaine dans l'aventure. “On sent un énorme engouement. Cela peut être un levier, mais c’est aussi ce qui est compliqué à gérer. On prend du temps à se connaître. Donc c’est beaucoup de discussions et peu d’action par rapport à ce que l’on espérait”, précise le vice-président.
"Je le trouve assez parfait mon quartier." Anne-Sophie Mayer, 35 ans, travaille au Wacken en tant que cheffe de projet européen pour le programme Interreg Rhin Supérieur. Installée dans le Vieux-Cronenbourg depuis qu'elle a commencé ses études à Strasbourg, elle y réside toujours. Elle connaît le quartier comme sa poche. "J’y ai habité un studio, un deux-pièces et ensuite j’ai acheté un trois-pièces parce que j’aimais le quartier", énumère-t-elle. À son arrivée en 2002, l’image générale du quartier était entachée par les problèmes sécuritaires de la Cité nucléaire. "J’ai une collègue de travail, je l’ai entendue un soir avoir une conversation perso au téléphone et conseiller un ami qui installait sa fille à Strasbourg pour ses études. Elle lui faisait la liste des quartiers où il ne fallait surtout pas investir. Dans la liste il y avait Cronenbourg. Cronenbourg-Hautepierre-Neuhof", se souvient-elle.