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97% des jeunes dans l'Union européenne utilisent internet tous les jours, selon le plan d'action présenté par la Commission. © Jeanne Derieux - Le Magueresse et Emeric Eymet

Ce jeudi 12 février, le Parlement européen s'est prononcé en faveur d'un rapport de lutte contre la pauvreté qui replace les enfants au centre de l'enjeu, grâce à un budget propre. Un texte clé dans le cadre de la nouvelle stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, prévue au deuxième trimestre 2026.

L’éradication de la pauvreté est un choix politique”, affirme João Oliveira (The Left, extrême gauche), à l’origine d’un rapport d’initiative de lutte contre la pauvreté. Adopté à 385 voix contre 141 ce jeudi 12 février, ce texte vise à éradiquer la pauvreté d’ici à 2035, en faisant de la précarité infantile une priorité. Il est d’autant plus crucial qu’il permet au Parlement d'influencer la Commission avant la publication d’une nouvelle stratégie de lutte contre la pauvreté, au deuxième trimestre 2026. L’ambition est claire : réduire d’au moins 5 millions le nombre d’enfants en risque de pauvreté, qui s'élève aujourd’hui à 19,5 millions, soit un enfant sur quatre. Pour y parvenir, les députés se sont prononcés pour l’accès gratuit à l’éducation, à la santé, à un repas sain par jour ou encore au droit à un logement adéquat. Des mesures étroitement liées à l’adoption d’un budget de 20 milliards d’euros, pierre angulaire du rapport.

Mardi 10 février à Strasbourg, sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite, les eurodéputés ont adopté définitivement deux réformes permettant aux Etats membres d’externaliser leur politique d’asile et de développer l’examen accéléré des demandes.

Mardi 10 février à Strasbourg, sous l’impulsion de la droite et de l’extrême droite, les eurodéputés ont adopté définitivement deux réformes permettant aux Etats membres d’externaliser leur politique d’asile et de développer l’examen accéléré des demandes.

La régularisation des migrants en Espagne divise le Parlement européen

Sous l’impulsion de la droite, mardi, le Parlement européen s’est emparé du sujet de la politique migratoire espagnole. Le 27 janvier, le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez a présenté un projet de décret visant à régulariser 500 000 migrants, ce qui a fait réagir dans l’hémicycle strasbourgeois. La gauche (S&D et Verts) a défendu une immigration nécessaire pour payer les retraites et répondre aux besoins croissants dans le secteur des soins. Une immigration "de l’intégration et de l’avenir", a insisté la député espagnole Iratxe Garcia Pérez. A droite (PPE), les députés ont fait part de leur inquiétude quant à "l’appel d’air" de cette régularisation qui ouvrirait les portes de l’Europe et irait à l’encontre du pacte migratoire de l’espace Schengen. "Si vous voulez accepter des migrants, sortez de l’espace Schengen", a lancé le député ultraconservateur Jacek Ozdoba (ECR).

Jeanne-Esther Eichenlaub

97% des jeunes dans l'Union européenne utilisent internet tout les jours, selon le plan d'action présenté par la Commission.

Jeanne Derieux - Le Magueresse et Emeric Eymet

Un combat qui doit être mené main dans la main” 

Des craintes partagées par certaines ONG, tel que l’European Digital Rights (EDRi). “La plupart des méthodes de vérification de l'âge sont de fait trop intrusives, et mettent à mal le droit à l'anonymat et à la protection des données de l'ensemble des utilisateurs. Le problème persiste même si ce n'est pas les GAFAM qui s’en occupent”, déplore Simeon De Brouwer, conseiller politique pour l’EDRi. 

L’ONG craint que le plan d’action débouche sur des législations punitives, qui ne traiteraient pas le problème à la racine. À la place, cette dernière espère que les critères de réussite du plan se baseront sur : “Le degré de sécurité que nous avons instauré dans cet environnement, le niveau d'autonomie, de résilience et de confiance en soi atteint par les jeunes.” 

Pour atteindre cet objectif, la réponse européenne semble indispensable. Pour Philippe Coen, président de l’ONG Respect Zone qui milite contre les cyberviolences, “c’est un combat qui doit être mené main dans la main. Le Parlement et les institutions européennes sont le seul rempart efficace contre la démodération et les cyberviolences.

Un plan salué avec prudence 

Le plan d'action de la Commission constitue un pas dans la bonne direction pour lutter contre le problème du cyberharcèlement, mais elle doit aller plus loin et renforcer efficacement la législation”, affirme Dóra Dávid, membre du PPE et rapporteuse fictive du rapport sur la protection des mineurs en ligne de décembre 2024. 

Si l'initiative est saluée par la plupart des groupes politiques, des critiques se sont toutefois élevées dans l'hémicycle ce mardi 10 février. Entre autres, la question de la collecte des données et ses répercussions sur les libertés individuelles fait débat.  

Pour l'extrême droite, la régulation est une atteinte aux libertés individuelles. Christine Anderson, membre du groupe ENS dénonce un complot : “Les États font semblant de se soucier des enfants pour proposer les mesures les plus intrusives, c’est une ruse.” Dénonçant même une “pratique très fréquente dans les régimes totalitaires”. 

Du côté de la gauche, des inquiétudes sont exprimées quant aux grandes entreprises du numérique sur lesquelles reposent la plupart des contrôles. Ces dernières, en majorité américaines, doivent surveiller les comportements des internautes de leurs plateformes et collecter les données personnelles. Isabel Serra Sanchez, membre du groupe d’extrême gauche - The Left, s’en est inquiétée : “On va  donner davantage de données encore à ces entreprises. La seule véritable solution est que les réseaux sociaux sortent du marché privé, avoir des réseaux sociaux publics, démocratiques qui soient entre les mains des citoyens et des citoyennes.

 

Il y a trop d’enfants, de jeunes dans l’Union européenne qui se sentent blessés, tristes, exclus en raison du cyberharcèlement qu’ils subissent”, s’est inquiétée Henna Virkkunen, Vice-présidente de la Commission européenne, lors de sa présentation du plan d’action contre le harcèlement en ligne devant le Parlement.

La Commission a présenté une définition commune du cyberharcèlement aux parlementaires, qualifié de “comportement exercé au moyen de technologies numériques, ayant pour intention ou pour effet principal d’humilier, d’exclure socialement, de maltraiter, de harceler ou de nuire, de manière répétée ou continue, en particulier des enfants ou des jeunes.” 

Pour endiguer cette violence numérique, Bruxelles propose, comme solution concrète, de généraliser dans tous les États membres une application de sécurité (“safety app”). Inspirée du modèle français avec sa plateforme “3018”, cette application devrait permettre aux victimes ou témoins de dénoncer les faits et de bénéficier d'un accompagnement. 

Les deux autres volets du plan visent à structurer la riposte. D'un côté, la Commission appelle à une approche coordonnée, incitant les États membres à créer des plans nationaux complets et à collecter des données communes à l’échelle européenne. De l'autre, l'accent est mis sur la prévention et la sensibilisation. Outre le rôle central de l'école, le plan cible le milieu sportif, insistant sur la nécessité d'élaborer des recommandations spécifiques pour contrer le cyberharcèlement et les discours de haine qui en émanent.

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