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Dix-sept mois se sont écoulés depuis que Mario Draghi a remis à Ursula von der Leyen un rapport consacré à l’avenir de la compétitivité européenne. Dans l’hémicycle strasbourgeois, si les groupes parlementaires appellent à une "simplification" des normes afin d’alléger les charges pesant sur les entreprises, les divergences apparaissent dès qu’il est question de la traduction concrète de cette ambition.
Le Parlement européen condamne la guerre au Soudan
Au Soudan, la guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR) plonge le pays dans une catastrophe humanitaire majeure depuis près de 1 000 jours. Suite au coup d’État qui a déchiré le pays, plus de 150 000 personnes ont été tuées et 13 millions de Soudanais ont été déplacés de force. Les violences continuent et l’accès humanitaire reste entravé, alors que seulement 15 à 30% des besoins seraient couverts dans certaines zones notamment au Darfour.
Le Parlement européen appelle à nouveau à un cessez-le-feu immédiat, à la responsabilisation des acteurs bloquant l’aide et à une intensification des efforts de médiation internationale pour ouvrir la voie à une paix durable. Il réaffirme son soutien au Soudan, un pays dont l’Union européenne est le premier donateur d'aide humanitaire (700 millions d’euros depuis 2023).
Lilou Marjolet
Le 10 février, à Strasbourg, les eurodéputés ont approuvé des mesures pour renforcer la protection des agriculteurs dans le cadre de l’accord commercial UE-Mercosur.
Anaïs Coste et Lilou Marjolet
"Investir tôt pour économiser demain"
Mais l’impératif d’un budget de 20 milliards ne fait pas consensus au Parlement européen. Pour le groupe d’extrême droite PfE, il faut parier sur “le travail, la création de richesse et le respect des compétences de chacun”. Quant au reste de l’hémicycle, tous considèrent que ce budget n’est pas une dépense sociale mais un investissement. “La politique de l’enfant nous coûte des dizaines de milliards d’euros, sous forme de politiques de santé, de prestations sociales qu’il faudra payer plus tard. Investir tôt dans les enfants, c’est économiser beaucoup demain”, assure Niels Geuking, député PPE (droite).
Un amendement déposé par l’extrême droite a bien failli supprimer l’objectif chiffré du rapport. Une stratégie d’opposition le vidant de sa substance. Tout compte fait, les 20 milliards font bel et bien partie du texte, voté par une petite majorité des députés (291 contre 238). Reste à savoir s'il sera retenu par la Commission, qui fait de sa prochaine stratégie de lutte contre la pauvreté “une priorité politique quinquennale”, indique un fin connaisseur du dossier.
Face aux événements climatiques extrêmes, la Commission veut renforcer la solidarité entre les 27
La commissaire chargée de l’État de préparation et de la gestion de crise souhaite renforcer la solidarité des 27 face aux catastrophes climatiques majeurs. Lors d’un débat motivé par les récents événements au sud de l’Italie, au Portugal et à Malte, Hadja Lahbib a fait part de sa volonté de multiplier par cinq le plafond annuel du fonds de solidarité pour le porter à 10,5 milliards d’euros.
Les pays sinistrés qu’ils soient États membres ou candidats, peuvent faire appel à ce fonds créé en 2002 après les inondations en Europe centrale. Depuis, il a été activé plus de 140 fois. Pour Hadja Lahbib, il faut davantage soutenir les États impactés car "ils sont en première ligne et de plus en plus dépassés par les conséquences de ces événements majeurs".
Melvin Hermann
Dans le rouge, l’ONU réclame ses contributions
"L’ONU fait face à une crise de liquidité existentielle ! Beaucoup d’États ne paient pas ou en retard leurs contributions", a asséné la présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, devant le Parlement européen. Elle tire une deuxième fois la sonnette d’alarme à la suite du secrétaire général de l’ONU António Guterres, qui annonçait "un effondrement financier imminent" fin janvier.
En effet, 1,6 milliard de dollars de cotisations étaient impayés à la fin de l’année 2025, le double de 2024. L’institution internationale est notamment menacée par la réduction drastique des financements américains. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, réaffirme son soutien au multilatéralisme devant les députés : "Quand l’ONU regarde cet hémicycle, elle y trouvera un partenaire déterminé à avancer ensemble".
Olivia Bagarry
Baptiste Demagny, Gaby Fabresse et Carl Lefebvre
Journée mondiale contre le cancer : les eurodéputés unis sur le fond mais pas sur la forme
Lors des débats à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le Parlement européen a affiché son unité face à l'urgence sanitaire : 2,7 millions de nouveaux cas de cancer et 1,3 million de décès liés au cancer en 2024. Cependant, les priorités divergent selon les bancs. Si le besoin de financement a été soulevé par la majorité des groupes politiques, les parlementaires de gauche et d’extrême gauche (The Left, S&D, les Verts) ont insisté sur les causes environnementales du cancer et ont appelé à lutter contre les lobbies du tabac et de l’alcool. À droite et au centre droit, PPE et Renew Europe ont mis l’accent sur la nécessité d’innovation technologique et d’une collaboration transfrontalière pour lutter contre les pénuries de médicaments. Les groupes de droite souverainiste et d’extrême droite ECR et Patriotes pour l’Europe ont eux défendu "une Europe de la coopération scientifique", appelant à un meilleur partage de données.
Jeanne Derieux - Le Magueresse
“Un déni de démocratie”
Le 21 janvier, le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l’Union européenne pour qu’elle rende un avis juridique sur la validité du traité UE-Mercosur. L’examen parlementaire est donc suspendu le temps que la Cour rende ses conclusions, ce qui pourrait prendre un à deux ans. Or, la Commission européenne peut toujours appliquer provisoirement le traité à partir du moment où un des pays du Mercosur le ratifie, ce qui peut arriver dès le mois de mars 2026. Dans ce contexte, la clause de sauvegarde s’appliquera avec l’accord. Cette application provisoire est “un déni de démocratie”, fulmine François Walraet, qui donne pour exemple le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada (CETA) appliqué de manière provisoire “depuis presque 10 ans”.
Alice Billia et Jeanne-Esther Eichenlaub