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Une réponse citoyenne et anti-coloniale
Face à la menace impérialiste, la solidarité internationale se réveille. À l’initiative du projet, on retrouve l’Internationale Progressiste, fondée entre autres par l’économiste grec Yanis Varoufakis ou le linguiste Noam Chomsky, ainsi que l’organisation Code Pink, mouvement féministe et pacifiste né de l’opposition à l’invasion militaire de l’Irak en 2008. Au-delà de la base des organisateurs, le mouvement compte s’élargir pour un grand rassemblement à la Havane le 21 mars.
Il n’y est pas surprenant d’y voir une certaine ressemblance avec la démarche de la Global Sumud Flotilla, partie pour Gaza en 2025 pour dénoncer le génocide en cours et apporter de l’aide humanitaire. David Adler, figure britannique de l’Internationale Progressiste fait d’ailleurs partie des anciens de la flottille pour Gaza qui se rendront à Cuba. Dans l’Humanité, le militant revendique l’héritage de la démarche. Face à l’offensive impérialiste, il évoque la responsabilité des « citoyens ordinaires » à briser l’isolement « tant sur le plan matériel que symbolique », ne comptant plus sur des États incapables ou empêchés d’agir.
En France, on ne compte pour l’instant aucun participant déclaré publiquement au convoi Nuestra America, bien que le Parti communiste français et la France insoumise aient apporté leur soutien à la démarche. Cette fois, les militants ne risquent pas l’accueil violent imposé par Israël à la Global Sumud Flotilla, mais le départ n’est pas simple. Le terme flottille a d’ailleurs été abandonné vu la complexité d’un départ par les mers depuis l’Europe, mais le gros des forces venues d’Amérique Latine prendra bien le bateau. Ils n’échappent pas aux galères pour autant : trouver une embarcation pour une telle action n’est pas simple, et les loueurs sont souvent effarouchés par les sanctions de Washington, comme le rapportent les journalistes italiens du Fatto quotidiano.
Arthur Besnard
Édité par Lucie Porquet
Catastrophe humanitaire made in USA
Si l’impact immédiat risque d’être minime, il s’agit aussi de dénoncer le blocus imposé par les États-Unis après la révolution castriste de 1959, privant Cuba de bon nombre d’importations. Pour la population, les conséquences sont désastreuses : service hospitalier réduit, mortalité infantile et absence d'électricité dans les deux tiers de l’île… Il est même impossible d’acheminer les marchandises du port tant le carburant manque. L’ONU dénonce ainsi une « violation du droit international » dans les actes de Washington, infligeant des « souffrances inacceptables aux populations civiles ».
La politique de Donald Trump vient aggraver la situation d’une île déjà meurtrie par le blocus, qui subit en plus la corruption du régime cubain. Au Venezuela, principal fournisseur d’hydrocarbures, les exportations vers l’île communiste ont été stoppées depuis l’intervention militaire qui avait mené à l’enlèvement de Nicolas Maduro. Même difficulté pour les États latino-américains voisins, menacés de sanctions par la Maison-Blanche en cas d’export vers Cuba. Le président Trump ne cache pas ses menaces : « Cuba va tomber aussi », déclarait-il après son offensive en Iran.
Alors que Cuba subit le désastre du blocus que lui imposent les Etats-Unis, la solidarité internationale s’active. Le convoi Nuestra America (Notre Amérique) partira dans les prochains jours depuis l’Italie, la Colombie, ou les États-Unis pour amener de la nourriture et des médicaments aux habitants de l’île le 21 mars, par la mer ou par les airs. L’initiative a déjà reçu le soutien d’activistes comme Greta Thunberg, de politiques comme Jeremy Corbyn ou de proches du maire socialiste de New York Zohran Mamdani. Le groupe de rap irlandais Kneecap, ou le vidéaste marxiste Hasan Piker font aussi partie des figures populaires qui ont annoncé leur participation au convoi ce lundi 10 mars.
Pour protester contre la catastrophe humanitaire à Cuba alimentée par le blocus économique de Washington, un mouvement de solidarité internationale s’élance. Depuis l’Amérique ou l’Europe, en avion ou en bateau, un grand convoi prévoit d’atteindre la Havane le 21 mars pour apporter de l’aide matérielle et alerter sur la cause du peuple cubain, plus que jamais persécuté.
Repenser le rythme scolaire
Des établissements ont déjà expérimenté le début des cours à 9 h. En 2025, des chercheurs en partenariat avec le Conseil scientifique et l’éducation nationale ont mené une étude auprès d’un groupe d’élèves du collège de Sourdun (Seine-et-Marne). 86 collégiens répartis dans quatre classes ont commencé l’année 2024-2025 avec des cours à 8 h. Après les vacances de la Toussaint, la moitié ont vu leur emploi du temps changer, leur permettant de commencer à 9 h. Résultat en mars : un gain de sommeil de 25 minutes pour les collégiens concernés par cette mesure. Le niveau d’anxiété a baissé pour 64 % de ces adolescents, contre une augmentation de 62 % des élèves du groupe de 8 h.
Le début des cours à 9 h a également été proposé lors de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant en novembre 2025, en plus d’une fin de journée scolaire vers 15h30. Pour Arnaud Sigrist, co-secrétaire du syndicat national des enseignants du secondaire (SNES-FSU) à l’académie de Strasbourg, ces expérimentations sont les bienvenues tant qu’elles n’impactent pas le volume horaire des enseignements : « Ça veut dire aller moins loin dans les programmes, c’est la qualité des enseignements qui en pâtissent. »
Une des solutions serait alors de raccourcir les vacances scolaires, en particulier celles de l’été. Inès ne ferme pas la porte à cette idée : « Quand les vacances arrivent, je suis au bord des burn-outs. Donc j’en ai besoin. Mais si les journées sont plus courtes, peut-être que je n'aurai plus ce sentiment. À tester ! »
Quentin Baraja
Édité par Gaïa Herbelin